ÉVACUATION DES FORTS DE LA RIVE GAUCHE
Convention du 4 mars.
§ !"• Les forts de la rive gauche de la Seine seront évacués le 7 mars à onze heures du malin. Un officier de l'armée allemande restera dans chaque fort et le remettra à un officier français, qui se présentera pour en prendre possession avec sa troupe.
Toute la presqu'île de Gennevilliers sera évacuée en même temps que la forteresse du Mont-Valérien.
Jusqu'à l'évacuation complète des troupes allemandes qui sont à V^ersailles et aux environs, et pour permettre le transport du matériel d'artillerie, il sera tracé une
ligne de démarcation que les troupes des deux pays ne pourront pas franchir.
1° De la Seine à Bougival à Saint-CIoud, en passant par Buzanval ;
2° Du bas Meudon à la Seine, en laissant dans la zone française les villages de Meudon, Clamart, Chàtillon, Bagneux, Cachan, Villejuif et Vitry; les redoutes des Hautes-Bruyères et du moulin Saquet pourront être occupées par l'armée française.
§ ^' La ligne de démarcation sur la rive droite restera ■comme elle avait été fixée par la première convention.
Tout le matériel de guerre qui se trouvera encore <lans la nouvelle zone française qui vient d'être tracée, sera enlevé par les soins des autorités allemandes dans le plus bref délai et sans être inquiétées.
Les autorités allemandes sont autorisées à établir un service de surveillance pour ce matériel.
Les troupes qui occupent Versailles ainsi que les environs de Paris sur la rive gauche, auront complètement terminé leur mouvement d'évacuation sur la rive droite le 19 mars.
Les troupes allemandes qui occupent Bernay, Nogentle-Rotrou, Evreux, Dreux, Chartres et tous les environs, repasseront sur la rive droite de la Seine entre Rouen et Paris, et elles auront terminé leur mouvement le 12 mars.
Les troupes allemandes qui occupent en ce moment Alençon, le Mans, Tours et les environs, repasseront sur la rive droite de la Seine, de la source jusqu'au confluent de l'Aube, et elles auront terminé leur mouvement le 28 mars.
Le même jour, les troupes allemandes, dans la partie méridionale de la Côte-d'Or, se retireront derrière une ligne qui partira de la source de la Seine et qui se dirigera vers la limite de l'arrondissement de Beaune, lequel sera complètement évacué par lesdites troupes.
§ 9- Les autorités françaises auront toutes facilités pour faire venir à Paris, par les voies ferrées, les troupes qui sont destinées à composer la garnison de 40,000 hommes venant du Havre, de Cherbourg, de Laval, de Poitiers, de Châteauroux, de la Rochelle et de Saint-Amand (Cher).
Les mêmes facilités leur seront reconnues pour renvoyer dans leurs départements les militaires et marins désarmés qui se trouvent aujourd'hui à Paris.
On pourra se servir soit des voies de terre, soit des chemins de fer.
Fait à Versailles le 4 mars 1871,
Signé : Général de Valdan, Von Podbielski.
ÉVACUATION DE VERSAILLES PAR l'aRMÉE PRUSSIENNE.
Convention du 6 mars.
Dans le but de faciliter l'occupation de Versailles par l'armée française dans le plus bref délai possible, les
dispositions suivantes ont été arrêtées d'un commun accord entre l'état-major général français et l'état-major général allemand.
§ !"• L'armée allemande s'engage à évacuer complètement Versailles et le territoire compris dans la ligne de démarcation qui va être indiquée ci-dessous, le 1 1 mars à midi.
La nouvelle ligne de démarcation partira du pont de Bougival sur la Seine, passera par Louveciennes , Bailly, Noisy, Rennemoulin, Bois-d'Arcis, Bouviers, ensuivant le cours de la Bièvre jusqu'au Petit-Jouy, continuera par l'Hùtel-Dieu, Vélizy, Villebon et le haut Aleudon, où elle rencontre la ligne de démarcation fixée par la convention du 4 mars.
Les lignes qui avaient été tracées entre Bougival et Saint-Cloud, et de la Seine au haut Aïeudon, sont supprimées.
L'armée allemande se réserve la libre circulation et l'établissement d'un service de surveillance dans les villages de Clamart et de Vitry, où elle possédera du matériel jusqu'au 19 mars; elle est autorisée à circuler en toute liberté et à faire circuler du matériel de Vitry au port d'Ivry, et d'établir un service de surveillance au Port-à-l' Anglais, auprès de la gare de Vitry.
Deux divisions de l'armée allemande et le quartier général de la troisième armée partant de Versailles pour
se rendre sur la rive droite de la Seine aux environs de Saint-Denis suivront, le 10 et le 11 mars, les routes qui traversent la presqu'île de Gennevilliers de Bougival à Saint-Denis, et occuperont pendant ces deux jours les villages de Courbevoie , Asnières, Colombes, Gennevilliers et Villeneuve-la-Garenne. Les troupes devront avoir évacué la presqu'île de Gennevilliers le 1-2 au matin.
D'après la convention du 4 mars, la zone neutre doit continuer à exister sur la rive droite de la Seine, entre les forts et l'enceinte. Toutefois, cette zone n'ayant plus sa raison d'être au nnrd-ouest, par suite de la remise du Mont-Valérien aux troupes françaises, elle s'arrêtera à une ligne qui partira de la Seine à l'endroit où l'ancienne ligne rencontre le fleuve en arrière de Saint-Denis, et qui passera à l'est de Saint-Ouen, en se continuant jusqu'à l'enceinte de l'aris.
Il est bien entendu que, le 19 mars, tout le territoire de Versailles et les environs de Paris situés sur la rive gauche seront évacués par les troupes allemandes.
La partie de l'armée allemande qui occupe en ce moment la ligne d'Alençon au Mans, et qui appartient au 4' corps d'armée, devant se replier sur la rive droite entre Paris et Rouen avec ce même corps, est autorisée, en raison de la distance, à terminer son mouvement le 19 mars.
§ 9- Le 10'' corps, faisant partie de l'armée du prince Frédéric-Charles, cantonné en ce moment à l'ouest et au
APPEXDIGE. 405
sud de Tours, est autorisé à exécuter le passage de la Seine le 1" avril au lieu du 28 mars, ainsi qu'il avait été arrêté pour toute cette armée par l'article 8 de la convention du 4 mars.
Fait à Versailles le G mars J871.
Signé : Général de Valdan, Podbielski.
XLvr.