‹ L'arrachement complet du cuir chevelu (scalp) et de son traitement par les greffes de ThierschChapitre 37 sur 45 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Dans le scalp complet, toute la calotte cranienne se trouve arrachée. En effet les plans successifs, qui forment ce lambeau, sont les plans que l’on nomme en anatomie topographique : la régior: occipito-frontale, c’est-à-dire : la peau, remarquable par son épaisseur ; le tissu cellulaire sous-cutané, qui à cet endroit présente une disposition particulière très imporlante. Ilest, en effet, formé de travées conjonctives nombreuses et épaisses, très courtes, allant de la face profonde du derme à la couche musculo-aponévrotique sous-jacente. Grâce à elles, les deux couches sont intimement liées l’une à l’autre. Ces travées conjonctives sont si serrées qu'elles ne laissent entre elles que d'’étroites cavités ou logent les pelotons adipeux. ( Testut et Jacob.) Les vaisseaux et nerfs sont nombreux à ce niveau. Les artères viennent des frontales internes etexternes,branches de l’ophtalmique, de la temporale superficielle, avec ses deux grosses branches frontale et pariétale,de l’auriculaire postérieure, de l’occipitale. Et ces artères s’anastomosent entre elles, formant ainsi un des plus vastes

réseaux sanguins de l’économie. Incrustées au milieu

SAR ons DAS

des travées conjonctives denses et résistantes qui unissent la peau et la couche musculo-aponévrotique, elles ne peuvent se rétracter dans les plaies ordinaires du cuir chevelu.

Les veines sont no mbreuses et les ganglions lymphatiques forment un réseau très serré. On trouve aussi un grand nombre de filets nerveux. Au-dessous se trouve la couche musculo-aponévrotique comprenant : au centre, une lame fibreuse dense, très forte, que Cruveilhier compare au centre phrénique du diaphragme, car autour de cette aponévrose rayonnent des muscles : en avant, le frontal ; en arrière l’occipital : latéralement, les muscles temporaux.

Enfin, au-dessous de l’aponévrose, une couche celluleuse formée de tissu cellulaire lâche et lamelleux ne contenant jamais de graisse ; plus profondément, on trouve le périoste, et enfin la table externe du crâne.

Tous les plans précédents : peau, tissu cellulaire sous-cutané, plan cellulo-aponévrotique,forment une couche unique, organe ayant ses vaisseaux et ses nerfs propres, organe relativement indépendant du plan sous-jacent. Il forme une couche de 4 à 9 millimètres d'épaisseur. (Testut et Jacob.)

Au point de vue pathologique,les parties molles de la région occipito-frontale peuvent être considérées, comme ne formant que deux couches : une superticielle ; le cuir chevelu : une profonde, formée par le tissu lamelleux sous-épicranien et le périoste. C’est ainsi que si une plaie reste limitée au plan su-

V4 — perficiel, elle pourra se compliquer d'une légère inflammation avec retentissement ganglionnaire,mais rarement de suppuration, grâce à son énorme vascularisation.

Si, au contraire, la plaie a touché le tissu cellulo-lamelleux, il se produit de la suppuration et du décollement, phlegmon diffus péricranien de Chassaignac

(A. Richet), car le tissu lamelleux lâche, peu résistant, comble un espace situé entre le plan musculoaponévrotique.et le périoste, c’est l’espace supra-périostique de Merckel. C'est grâce à cette couche lâche que se produit, chez certains sujets, le mouvement de va et vient du cuir chevelu, provoqué par la contraction des muscles occipital et frontal ; grâce à elle, que les téguments peuvent être facilement séparés du squelette dans les autopsies ; grâce à elle que dans les traumatismes, on peut voir le cuir chevelu, détaché du cràpe suivant une plus ou moins grande étendue.

Donc nous trouvons deux couches distinctes :

0 Le cuir chevelu ;

2° Le tissu cellulo-lanelleux et le périoste.

La première formant le lambeau dans tous les décollements des parties molles du crâne, la seconde élant le plan de décollement, le plan de clivage. Tels sont donc les plans que comprend le lambeau en épaisseur ; en surface son étendue est toujours sensiblement la même. |

Il a la forme d’une vaste calotte : En avant, la ligne qui le circonscrit passe le plus souvent au ni veau des sourcils, parfois elle descend jusqu’à la ra-

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cine du nez, parfois elle remonte jusqu’en haut du front. Mais, dans ce cas, le décollement s'étend souvent au-dessous de la peau du front jusqu’à la région sourcilière. Latéralement, la ligne d’arrachement va horizontaiement de la ligne des sourcils au pavillon de l'oreille, qui est parfois décollée ainsi que la peau de la région malaire.

En arrière, l’arrachement se produit suivant une ligne presque contiguë à la ligne d'implantation des cheveux ; elle passe donc au-dessous de la protubérance occipitale externe, épargnant parfois à ce niveau des cheveux ; parfois,au contraire,empiétant sur la nuque, pour descendre jusqu'à lapophyse épineuse de la septième vertèbre cervicale. La ligne de rupture est le plus souvent une ligne de section nette,ne présentant ni bavures, ni dentelures, il faut y voir là probablement une remarque de lintensité de la force de traction, cause du traumatisme.

Le lambeau, formé du cuir chevelu, laisse donc, au-dessous de lui, le périoste et le plan squelettique. Le périoste est, par endroits, recouvert encore à la région moyenne de débris de tissu lamelleux ; latéralement, en avant et en arrière, restent le plus souvents des fibmes musculaires parfois assez nombreuses. Mais en d’autres cas, le périoste est arraché avec le cuir chevelu, laissant voir à nu la table externe du crâne, qui, dans quelques cas, a été usée par le frottement, qu’elle a subi sur l’axe de transmission, cause habituelle de l’accident.

Le diploé se trouve alors à nu.

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