‹ L'arriviste [microforme]Chapitre 38 sur 42 · FES E 283 RE · texte numérisé non relu

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ments se répercutent d’une falaise à l’autre par-dessus les eaux endormies du

Derrière lui, à quelques pas seulement, dominant l’épaisse et haute muraille du préau des séminaristes, les clochettes de la terrasse des lilas, ne pouvant prendre part à tous ces bruits, s'efforcent au moins de jeter à la brise du soir qui passe le carillon suave de leur parfum.

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A droite et à gauche, se prolonge la grande baticrie des vieux canons de bronze attendant, depuis un siècle, le museau caché dans les herbes sauvages du rempart, un ennemi qui n’est pas venu et qu’il faudra aller combattre sans eux ou aller chercher au-delà des mers. Ils dorment placidement leur dernier sommeil dans l’inutilité et l’inefficacité, n’intéressant plus guère que les hirondelles dont ils abritent les nids, les chiens errants qui leur demanden, un abri discret et quelques touristes d’Ontario dont ils réveillent la combativité. Leur roix grandiose s’est tue depuis le jour de l’inauguration de la confédération canadienne, et l’on dirait que leur mutisme et leur morgue belliqueuse, aujourd’hui si démodée, s’accompagnent encore du profond regret d’avoir, il y a cinquante ans, si hautement et si vainement proclamé la concorde et l’union des Canadas.

Le long de la muraille qui sépare de la ville la grande cour du séminaire,se profile la silhouette d’un religieux capucin émergeant du palais archiépiscopal. Il

LA MBILLBURE PART 237

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s’avance À pas précipités tout en cherchant à atténuer le choc et le glissement de sa sandale sur l’asphalte. Ne voyant que Guignard solitaire sur la petite terrasse qui domine la rade, avant de poursuivre sa marche vers son couvent de Limoilou, il s’approche pour reposer un instant son œil sur l’image de ces vaisseaux qu'on lui dit venus de France.

Tête et pieds nus, les reins ceints du cordon de Saint-François, les mains dissimulées dans les larges manches de son froc, il respire bruyamment, moins Oppressé peut-être du mouvement de sa marche que impressionné par anticipation de ces choses connues de France qu’il vient un instant contempler.

Il salue discrètement, presque timidement le monsieur qui est là seul et l’ob- serve.

—“Trop tard, évidemment, dit-il, pour saluer à cette heure le drapeau de la France. Ah! les voici, n'est-ce pas, uu peu en amont? Je vois les fanaux élec-

) Û PP 1 ARTEPTRORA ERNEST ERNEST AE TT SN EEE TER EME EPP TSI TRE CIE TL ARR rats

2388 L’ARRIVISTE N ne triques au mât de signaux du cuirassé d’escadre !

—En effet, mon père, ces vaisseaux français sont bien là, dans le groupe de lumières, u pied de la citadelle. Et vous en reconnaissez le type ?

—$i ! si! et d'autant plus facil ment que j’ai fait mon service militaire dans la marine de: l’état. Chez nous, voyez- Vous, nous sommes exposés à d’étranges métamorphoses et à nous trouver, comme l’a dit Boileau :

“Aujourd’hui dans un casque et demain dans un froc”.

Vous aussi, monsieur, n’auriez-vous pas été un peu marin ?

—Pardon ! jusqu’à présent, à peine ai-je pu me faire quelque peu avocat.

—Qu’à cela ne tienne, moi de même, je fus quelque temps stagiaire à Paris, avant de m’en aller courir l'Orient comme attaché d’ambassade. Et je vous avoue que d'ici, en face de cette rade, je retrouve Un souvenir très-vif et me croirais sur le

Bosphore.”

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