‹ L'arsenal de la dévotion; notes pour servir a l'histoire des superstitionsChapitre 108 sur 145 · INFAILLIBLE · texte numérisé non relu

INFAILLIBLE

Mais le « dite » si fin qu'il soit imprimé sur les couvertures, laisse dans l'esprit un doute fâcheux. Aussi cette neuvaine ne paraît-elle pas faire grand tort aux autres. En somme, toutes sont bonne9»et la plupart infaillibles, si nous en jugeons d'après les effets rapportés.

Généralement, à la suite des prières ad hoc, le petit volume spécial renferme, pour chaque jour de la neuvaine, le récit de quelque miracle résultant d'une précédente neuvaine, et par là propre à entretenir la foi du lecteur.

J'ouvre, par exemple, la Neuvaine à saint Joseph de Bon-Secours et, comme début, je tombe sur ce boniment :

« Depuis très longtemps je souffrais on ne peut plus de l'estomac. En vain, je consultais le médecin et prenais les remèdes qu'il me prescrivait; les crampes ne cessaient pas; je ne savais plus que faire, et je me déso-

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lais, lorsqu'il me vint à la pensée de prier le bon saint Joseph de m'obtenir au moins un peu de soulagement. Je commençai une neuvaine le i5 janvier, et, une fois de plus, j'ai éprouvé par moi-même qu'on ne met jamais en vain sa confiance en saint Joseph. Mes douleurs sont tout à fait passées, je n'ai plus aucun mal. » CP..I3).

On voit que Yet cœtera que nous citions tout a l'heure est très large et qu'il comprend jusqu'aux crampes d'estomac. Mais saint Joseph de Bon-Secours en fait bien d'autres.

Une institutrice veut-elle des élèves, elle n'a qu'à lui en donner le chiffre pour être aussitôt servie. Ouvrez la même brochure à la page 40 et vous lirez :

« Cette année, nous touchions à la fin des vacances, et cependant nous n'avions encore inscrit le nom d'aucune pensionnaire. Jugez de notre ennui!

» Nous eûmes alors la bonne pensée de nous adresser au père nourricier de Jésus, et nous fîmes en son honneur une neuvaine, afin qu'il nous procurât des élèves si c'était la volonté de Dieu, Mes compagnes médirent: « Combien d'enfants faut-il demander? » Je leur répondis que je désirais que saint Joseph nous envoyât trente-cinq pensionnaires. O merveilleuse condescendance de Dieu et de ses saints! notre neuvaine était à peine terminée, que nous avions reçu juste le nombre des enfants fixé à notre bon père saint Joseph. Nous lûmes émues jusqu'aux larmes. »

Sans l'aveu des intéressés, on n'aurait jamais idée de

tout ce qui se demande à un saint par la voie des neuvaines.

Ainsi une mère implore saint Joseph pour que petite fille apprenne à lire. Est-il besoin d'ajouter qu'elle est exaucée ?

« J'éprouvais une grande inquiétude au sujet de ma petite fille qui, depuis quatre ans d'école, ne pouvait apprendre à connaître ses lettres. Je m'adressai donc à saint Joseph par une neuvaine de sept Pater que je fis récitera l'enfant, promettant à mon bien aimé protecteur de vous écrire si j'étais exaucée. Depuis ce moment, ma petite apris un goût particulier à étudier, et maintenant elle est une de celles qui lisent le mieux de sa division *; »

Nous pourrions multiplier ces citations à l'infini. Tantôt ce sont deux époux désunis qu'une neuvaine jette dans les bras l'un de l'autre; tantôt un individu renvoyé de sa place qu'une neuvaine y fait réintégrer « à des conditions plus avantaguses, » etc., etc.

L'Echo de Rome va jusqu'à nous apprendre comment, avec une neuvaine dite à propos, on peut reconquérir... un mollet perdu.

« Un garde champêtre des environs de Kruth avait une jambe paralysée d'où toute trace de mollet avait disparu. La contraction de ce membre était telle que le malheureux se trouvait archi boiteux et complètement estropié. Il fit une neuvaine et fut guéri... Tout le

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