Dévotion à Marie en exemples, t, U, p
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avant de se retirer — c'est VEcho de Notre-Dame-des- Victoires qui parle — j'ai fait vœu à Notre-Damedes-Victoires de lui donner dix mille francs, si elle m'accorde la guérison de mon mari. »
Le mal ne paraissant qu'empirer, la pauvre femme supplie Dieu de la frapper de préférence à son mari. Ce mouvement d'une jeune femme qui, riche, heureuse, demande, s'il faut à la mort une victime, que cette victime soit elle plutôt que celui qu'elle aime, est, à coup sûr, profondément touchant. Mais voyons la suite :
a Le soir du dernier jour de la neuvaine, l'hôtel de. . . était tout en joie : le mourant avait été subitement, et comme par miracle, rendu à la saaté. Mais le sacrifice de l'épouse avait été accepté : Dieu ne rendait une vie que pour en prendre une autre.
» Quelques jours s'étaient à peine écoulés que le petit enfant de madame de la..', était frappé d'une de ces redoutables maladies qui, chaque année, viennent mettre le deuil dans les familles. »
Si c'est là l'effet de la neuvaine, il est triste. Et n'abaisse-t-on pas Dieu au niveau d'un sauvage Tentâtes en le supposant aussi avide de sang humain ? Mais de ce que Dieu prend — pour parler comme les dévots — l'existence de l'enfant quand la mère offrait la sienne, ne croyez pas pour cela que la malheureuse soit épargnée. Elle suivra bientôt son enfant dans la tombe.
Les Vœux 309
« A quelques jours de là, le même équipage dont il a été question plus haut, s'arrêtait encore à la porte de Notre-Dame-des-Victoires. Celte fois, c'était le comte de... qui venait prier pour sa compagne bienaimée. Mais ses vertus l'avaient rendue digne du ciel; le ciel fut sourd à toutes les prières. La jeune mère alla rejoindre son petit ange. »
Quel est donc ce Dieu cruel que les dévots se plaisent à nous représenter?... Mais le plus curieux de l'histoire, c'est son dénoûment :
« Au milieu de ses larmes et de ses douleurs, le comte de... n'oublia pas la promesse que sa pieuse épouse avait faite à la Sainte Vierge. Un matin, M. Des Genettes reçut une lettre renfermant dix billets de mille francs *. »
Ne vous semble-t-il pas que, pour le résultat obtenu,
c'est un peu cher-.
1. UEcho de Notre-Dame-des-Victoires, numéro de janvier i863.
2. A propos de vies offertes à Dieu et acceptées par lui si volontiers, je ne résiste pas au désir de citer l'étonnante histoire racontée par le Pèlerin, dans son numéro du 6 février 1875, sous le titre Héroïsme chrétien :
« Deux époux chrétiens, n ayant pas d'enfant, firent vœu, si Dieu daignait leur en accorder un, de le consacrer au service de Pie IX. L'enfant naquit, et ils lui donnèrent le nom de Pie,
» Quelque temps après, la mère paraissant triste, son mari la pressa de s'expliquer. « Notre enfant, dit-elle, est destiné à j servir Pie IX; mais, quand il sera en état de porter les armes, » Pie IX sera mort. 11 m'est venu la pensée d'ollrir à Dieu la
•^n* L'Arsenal de la Dévotion
D'au:res, en échange d'une guérison ou d'une protection promettent une messe, un pèlerinage.
Sur le vœu d'une messe, voici un militaire qui re çoit les obus et les biscaïens sans douleur :
a Tous les camarades d'Ignace tombèrent à ses côtés ; lui-même fut couvert de leur sang sans être Jamais atteint. Dans la retraite, il reçut plusieurs coups de feu qui ne lui firent aucun mal : une balle qui le frappa au bras et qui traversa tous ses habits ne lui occasionna ni enflure ni meurtrissure; un biscaïen Tayaut atteint avec force au talon, Ignace continua sa marche sans la moindre peine. Une autre fois, tandis qu'il faisait face à l'ennemi, il fut frappé à la poitrine par un éclat d'obus sans ressentir la moindre douleur M »
Le même vœu d'une messe fait retrouver à une femme un bijou perdu :
« Saint Joseph a voulu récompenser ma confiance, car, en soulevant un tapis sous lequel je croyais qu'on
» vie de cet entant, pour qu'il prolonge celle du saint-père. Il » sera son zouave au ciel. »
» Le mari, bien digne d'une telle compagne, lui répondit : « Vous avez raison. »
» De ce pas, ils vont à l'église et offrent leur enfant à Marie immaculée, à l'intention que nous venons de dire. A leur retour., ils trouvèrent leur jeune enfant malade. Peu de temps après, le petit ange remonta au ciel. »
On apprend par là qu'entre l'héroïsme chrétien et l'amour maternel il y a un abîme.