‹ L'arsenal de la dévotion; notes pour servir a l'histoire des superstitionsChapitre 13 sur 145 · Aubry, éditeur · texte numérisé non relu

Aubry, éditeur

repart-il, qu'il entrera dans ma gloire. » Impossible de douter^ après avoir vu cela, que Pie IX ne gémisse en ce moment sur la paille humide d'un cachot où l'aurait jeté le farouche Victor-Emmanuel. Le fait paraît d'autant plus constant que l'épais grillage derrière lequel le Saint-Père apparaît est fermé au premier plan par un énorme cadenas aux armes de Savoie.

Ajoutez, en manière de pièce justificative, les « litaniesde saint Pierre pour Pie IX captif » qui sont annoncées d'autre part à raison de 1 5 francs le mille. Si vous ouvrez lesdites litanies, vous les voyez suivies de cette oraison : « O Dieu! qui, ayant délivré le bienheureux apôtre Pierre, l'avez fait sortir sain et sauf de prison, brisez, nous vous en supplions, les liens dont notre bien-aimé père est chargé. »

Qui pourrait douter, après cela, que Pie IX ne soit présentement chargé de chaînes ?

A le voir sur d'autres images, entouré des emblèmes de la Passion et traité àliostie^ on pourrait même, avec un peu de bonne volonté, le croire déjà immolé.

« Comme son divin Maître, dit la légende, il est nécessairement roi. . . pontife. . . et hostie. »

Roi ? Sur quel trône Jésus s'est-il donc assis? Nous n'avions pas connaissance qu'il eût jamais été nommé roi, si ce n'est d'une façon dérisoire et par ses bourreaux ^ .

I. Une autre image encore (Ch. Letaille, éditeur) montre la tiare pontificale entourée d'épines. A la bonne heure, j'aime mieux cet emblème. A travers l'épaisse et riche matière d'une couronne, les épines ne doivent pas trop se faire sentir.

Les Images 63

L'imagerie pieuse paraît cependant tenir beaucoup à établir entre Jésus et son Vicaire ce prétendu point de similitude. On s'en explique la raison, lorsque sous cet axiome obscur :

Le mystère de la Papauté comme celui du Saint-Sacrement

procèdent du S. Cœur de Jésus,

Ces deux mystères s'entrelacent...

On lit des choses comme celle-ci :

« Nous ne devons nous permettre aucune pensée irrévérencieuse, aucun lâche soupçon, aucune incertitude pusillanime sur ce qui concerne sa souveraineté soit spirituelle, soit temporelle, car sa royauté temporelle elle-même est une partie de notre religion ^ »

Il ne s'agit pas de moins, on le voit, que de poser la royauté temporelle du pape comme une des bases de la religion catholique.

La place étant faite si large au temporel, on comprend les recommandations de fidélité à l'œuvre du denier de saint Pierre, qui devient à son tour un de nos plus solides articles de foi.

Si j'en crois certaines images, le denier de saint Pierre n'est même plus seulement un article de foi, c'est un puissant préservatif contre les malheurs dont le Dieu de bonté est toujours prêt, selon les dévots, à nous accabler.

Dans La cause de la France, plaidée par Marie, nous voyons Jésus assis, ayant sur les genoux un livre, une Histoire de France, paraît-il, divisée en feuillets

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