I. Origine et Effets admirables, p
Les M cd ailles iqS
est accompli par la seule invocation sans le secours d'aucun jeton de métal :
« Vers \85o, dans une ville de province, une ancienne église, depuis longtemps livrée à la profanation, était convertie par la Révolution en magasin de dépôt à l'usage de la Municipalité. Une dame très pieuse, habitant le voisinage, exprime un jour devant un serviteur de Dieu les regrets que lui cause cette usurpation de Satan, et le désir qu'elle aurait de voir ce temple rendu à sa première destination. Elle prie la personne qui la visitait de vouloir bien mettre une médaille de saint Benoît dans l'église en question, pour en chasser le démon. On était au mois-de janvier, il gelait très fort. En retournant chez lui, le visiteur, fidèle à sa promesse, s'arrête devant la porte de l'église abandonnée ; le module de la médaille dont il dispose ne permettant pas d'espérer qu'elle reste dans la serrure, s'il parvient à l'y introduire, l'idée lui vient de prononcer par le trou de la serrure la formule d'exorcisme dont la médaille porte les initiales. Sans penser au danger auquel il s'expose, il applique la bouche à la serrure, et n'a pas plus tôt dit le mot Vade que ses lèvres adhèrent au fer, par l'effet de la gelée, et le mettent dans l'impuissance d'articuler le reste. Le danger presse et ne laisse pas le temps de la réflexion. Notre exorciste fait donc instinctivement effort pour se délivrer, et l'épiderme de ses lèvres reste attaché à la serrure; le sang tache le mouchoir que la douleur lui fait porter à la plaie, mais l'aventure ne l'afflige point, et lui donne, au contraire, dans le succès une
confiance que les événements ne tardent pas à Justifier. Peu de temps après, en effet, le vœu des deux chrétiens était exaucé, et l'église rendue à la célébration des saints mystères '. »
Après avoir lu ce beau trait, on ne pourra nier, que la dévotion n'ait encore ses martyrs.