LES CIERGES ET LES LAMPEÔ
Les cierges de la Chandeleur. — Nécessité d'en avoir toujours un fragment dans sa poche. — Cierge apaisant une tempête. — Pourquoi l'on allume des cierges. — Cas de résurrection par un cierge, — Adjonction de messes et de médailles. — L'art de tirer un bon numéro. — Télégraphie de la prière. Comme quoi les cierges se jouent des distances. — Vertus des lampes d'Église. — La dévotion aux huiles à brûler encouragée par les papes. — Les huiles de première classe. — Leur multiplication merveilleuse.
ce II est nécessaire, dit le père Guéranger ', que les fidèles sachent que les cierges bénits au jour de la Chandeleur... sont bénits non-seulement pour servir à la procession, mais encore pour l'usage des chrétiens qui, en les gardant avec respect dans leurs maisons, en les portant avec eux, tant sur la terre que sur les eaux, comme dit TEglise, altircnt des bénédictions p.irticulièrcs du ciel. »
I Cité par le Propagateur, t. 1, p. 142.
Il s'agit, on le voit, de cierges protecteurs que les fidèles doivent garder précieusement à la maison, porter avec eux en promenade ou en voyage, comme d'autres esprits superstitieux pourraient faire de morceaux de corde de pendu. De l'aveu des écrivains religieux, les cierges bénits constituent donc de véritables fétiches.
Voici, du reste, un cas de protection des plus concluants emprunté à la Dévotion à Marie en exemples :
« Pendant que l'empereur Charles-Quint assiégeait la ville d'Alger, l'an 1541, il s'éleva une si horrible tempête sur la mer, que l'armée fut sur le point de périr. Dom Pierre Valez, comte d'Ognate, avait un cierge bénit de la confrérie du Rosaire, qu'il fit allumer en l'honneur de Marie, et aussitôt la tempête cessa. Ce prodige fut suivi d'un autre. Le feu brûla la cire sans toucher à l'image de la très sainte Vierge, qui s'y trouvait représentée, et le cierge dura fort longtemps. » (T. II, P. 430.)
Sans qu'il paraisse y avoir nécessité qu'ils aient été bénits, les simples cierges, allumés journellement au pied des statues ou sur le seuil des chapelles, paraissent opérer des prodiges non moins étonnants.
a II est d'usage parmi les fidèles, dit le père Huguet, de faire brûler une lampe ou un cierge devant un autel ou une image de l'auguste mère de Dieu pendant un jour, ou pendant trois jours, ou neuf jours consécutifs,
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afin d'obtenir quelque faveur spirituelle ou temporelk *. »
Le fait suivant peut témoigner de l'exactitude de cette assertion :
« Depuis un assez long temps maman souffrait très fort d'un mal dans une jambe ; nous recourons encore à notre bon père et nous faisons brûler un cierge devant sa statue ; depuis lors la jambe de maman va beaucoup mieux -. w
Comme faveur temporelle, on n en peut guère demander de plus complète qu'une résurrection :
« Cette jeune fille tombe malade au courant du mois de mars, raconte le Nouveau mois de mars en U-aits inédits^ et la maladie fait des progrès si rapides qu'elle entre en agonie. Le médecin l'abandonne, croyant qu'elle avait rendu son dernier soupir, et déjà on avait préparé le cercueil pour l'ensevelir. Mais des cierges furent allumés et des messes célébrées en l'honneur du saint patriarche, et aussitôt la malade respire, parle, et maintenant elle est tout à fait délivrée de sa maladie et complètement guérie. » (P. 12.)
Le brûlement de cierges est ici compliqué de messes. Toujours en vertu de l'axiome « deux précautions valent mieux qu'une », il n'est pas rare de voir accoupler ainsi ditîérentes pratiques pour atteindre un même but.