Soirées des serviteurs de saint Joseph, p. I-îoq
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« Il y a loin, dit Tauteur, dans le cas dont il s'agit, entre l'origine et le théâtre du bienfait ; c'est en France qu'on a prié, et c'est. . . en Cochinchine que la faveur a été obtenue. Mais qu'est-ce que plusieurs milliers de lieues pour les saints? Notre grand saint Joseph a agi dans cette circonstance avec une promptitude. . . à rendre jaloux les télégraphes électriques : c'est qu'il n'y a pas de télégraphie pareille à la prière, qui, en un instant, monte de la terre au ciel, et fait descendre les grâces du ciel sur la terre. » (P. 364.)
Le pouvoir télégraphique que le père Huguet reconnaît ici à la prière semble devoir être également reconnu aux cierges, puisque, dans la longue histoire à laquelle ces lignes servent de préambule, c'est par la vertu d'un cierge allumé en France qu'un malheur est conjuré en Cochinchine.
Un jeune soldat, jeté avec des camarades à la poursuite d'une redoutable panthère, rencontre l'animal en pleine nuit dans un bois. Il fait feu et la tue.
« La panthère était blessée au défaut de l'épaule, c'est-à-dire au seul endroit où la blessure pût être mortelle. Qui avait fait ce coup merveilleux? Làdessus il n'y eut aucun doute; c'était évidemment le courageux chef de la troupe qui, placé en avant, avait seul visé d'une main sûre et dans une direction convenable. Mais comment, au milieu des ténèbres, avait-il pu frapper juste au point vulnérable ? C'était là le mystère et on ne pouvait se lasser d'admirer un
coup si étonnant; le jeune homme lui-même n'en revenait pas. »
Heureusement tout s'explique un jour.
« L'expédition terminée, le jeune soldat revint en France. Il avait dans son pays sa mère et sa sœur, et il s'empressa d'aller les visiter... Quand il parla de son merveilleux coup de fusil et de l'étonnement général, sa mère parut frappée par une idée soudaine, et lui demanda vivement à quelle époque l'événement était arrivé; le jeune homme indiqua exactement l'époque : a C'est cela, s'écria alors la mère, c'est » bien cela ! L'auteur de cette merveille, c'est le bon » saint Joseph, remercions-le ensemble.
» Et, comme le visage étonné du jeune homme semblait demander une explication, sa mère s'empressa de la lui donner : a II y avait longtemps, mon » cher fils, lui dit-elle, que je n'avais reçu de tes » nouvelles, et j'étais fort inquiète ; j'allai donc un jour » avec ta sœur à la chapelle d-u bon saint Joseph, et » nous fîmes brûler un cierge devant sa statue véné- » rée en le conjurant de veiller sur toi et de te rendre » à nous sain et sauf. Juge à présent si notre prière » était utile et si elle a été exaucée : c'est la nuit » même qui a suivi le jour où nous avons fait cette » prière (c'était peut-être au même instant, à cause » de la différence des heures entre la Gochinchine et » la France), que ton courage et ton dévouement t'ont » jeté dans un si grand péril, et que tu as si merveil- » leusement échappé!... »
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a Le fait était trop évident à des yeux éclairés par la lumière de la foi pour que le jeune homme songeât à le contester. »
Et nous non plus, nous ne songerons pas à contester le fait; il nous plaît mieux d'en tirer cet axiome :
« Le cierge opère à distance. »
Concurremment avec les cierges on allume, nous l'avons vu, des lampes devant les images des saints, et, par cet hommage flatteur pour leur amour-propre, on les attache à sa cause.
Mais la faveur ne s'arrête pas là. Tandis que l'extrémité fumeuse d'une mèche allumée conquiert à tel ou tel les bénédictions du ciel, si l'on fait en même temps dégorger l'extrémité opposée de la mèche, il y a encore dans l'huile qui en découle une source de guérisons pour d'autres.
a Étant prosternée devant son autel où brûlait une lampe, j'eus la salutaire inspiration d'oindre mes glandes avec de cette huile : les plaies se fermèrent pour ne plus se rouvrir. »
C'est en ces termes qu'une religieuse reconnaissante se confie au Père Huguet, lequel n'a rien de plus pressé que d'enregistrer le fait sous ce titre triomphant : « Ce qui est impossible aux médecins est facile à saint Joseph *. ^
I. Vertu miraculeuse des Lampes et des Cierges... démontrée par un grand nombre de traits merveilleux et authentiques par le R. P. Huguet. Saint-Dizier, Briquet, 1875. In-i8, p. i5.
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Nous n'insisterons pas sur les miracles produits au moyen de l'huile qui a brûlé devant les images de saints, ayant été amené déjà à en parler (p. 226). Nous nous bornerons à remarquer qu'au pied des autels, comme sur les comptoirs, il y a plusieurs qualités d'huiles, dont les plus recherchées sont celles qui alimentent une lampe devant quelque image célèbre.
Les papes semblent avoir été les premiers à encourager la dévotion aux huiles à brûler. Ils distribuaient jadis aux fidèles le produit des lampes allumées devant les tombeaux des apôtres et des martyrs a pour suppléer, dit le Père Huguet, les reliques des martyrs eux-mêmes que, dans ces siècles de foi, on ne livrait qu'avec une extrême parcimonie \ »
Ah ! ces temps-là sont bien changés ! Heureux effet des années qui permet de distribuer d'autant plus généreusement les ossements de saints que l'âge devrait les avoir rendus plus rares!
a Les papes, continue le Père Huguet, envoyaient de ces huiles saintes aux souverains et aux personnages distingués. Nous en pouvons citer un illustre exemple : saint Grégoire-le-Grand fit don à Théodelinde, reine des Lombards, de soixante-cinq fioles dont le contenu avait été pris au tombeau des martyrs les plus vénérés. Quelques-unes de ces ampoules
Vertu miraculeuse des Lampes et des Cierges, p. 10.
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portent encore leurs étiquettes en totalité ou en partie, » (P. II.)
Nous ignorons si la papauté fait encore aujourd'hui de ces envois d'huiles assorties (soixante-cinq à choisir); mais certaines huiles de qualité supérieure ont tout au moins pour elles la recommandation des évêques.
C'est dans un petit livre-prospectus, approuvé par Mgr de Tournai et presque entièrement rédigé par Mgr de Spolùte, en laveur du sanctuaire de Notre- Dame-Auxiliatrice, que je lis :
« Ayant obtenu, par l'entremise de son confesseur, de l'huile de la lampe qu'une personne de Prato avait fait venir du sanctuaire privilégié pour sa fille, religieuse bénédictine, elle en frotta le siège du mal en disant : « Vierge sainte, délivrez-moi, s'il vous plaît, » de cette infirmité, atin que je ne sois plus con- » damnée à tomber entre les mains des médecins ^. «
Un si beau cri méritait une guérison. Elle a été complète.
Dernier détail à noter. Quand les flacons renferment une huile privilégiée, ils font des petits :
a Ce que nous disons des images de notre sainte
I. Notre-Dame aitxiliatrice ou Relations des prodiges opérés par la très Sainte-Vierge vénérée sous ce titre, à Spolète. Tournai, Paris et Leipzig, Casterman, i863. In-32. p. 46.
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Thaumaturge, nous pouvons le dire aussi bien de l'huile des lampes que l'on faisait brûler et des livres que l'on distribuait en son honneur. Souvent il est arrivé que cette huile et ces livres se sont merveilleusement multipliés, et ont procuré des guérisons marquantes ^ »
I. Vie nouvelle du curé d'Ars et de sainte Philotnène, p. 348.