EN-TÊTE DE PAGE
L’Arft mtmsk&ll à fécok.
a musique occupe parmi les arts une place toute spéciale.
D'essence purement subjective, elle échappe à l’analyse critique de la vue et du toucher, pour s’adresser directement, par le sens de l’ouïe, à cette faculté, immanente à l'homme, qui, dans les profondeurs de son intelligence, constitue ce qu’on appelle le sens esthétique.
De Y Harmonie, source et principe générateur de toute musique, naît la Mélodie — épanouissement et fleur de la pensée musicale créatrice — puis le Rythme , qui, en complétant le dessin mélodique auquel il communique le mouvement, précise et détermine la signification du discours par le retour symétrique et périodique des accents forts et faibles de la phrase musicale.
Le langage musical, pour exprimer des idées, provoquer des sensations, faire naître des images, obéit à des lois qui régissent la marche régulière des périodes, des phrases, marquent les sens différents de chacune de leurs parties et, , par la ponctuation, au moyen des cadences, indiquent les incidences, les repos suspensifs ou conclusifs, en un mot, toutes les divisions et subdivisions du discours.
La musique présente, en outre, cette particularité d’être une langue universelle , accessible à tous, par tous comprise, ou, mieux, sentie, à différents degrés, il est vrai, en raison
même de la subtilité des sensations qu’elle éveille et qui ne sauraient être éveillées par aucune autre langue que celle des sons — c’est-à-dire par le mouvement des rythmes et des mélodies , qui représentent des mouvements de Vâme.
En effet, comme le dit Helmholtz (1), «le mouvement des sons surpasse tous les mouvements de substances matérielles, par la délicatesse et la facilité avec lesquelles il peut recevoir et reproduire les plus grandes variétés d’expression. Il peint directement les mouvements de l’âme, résultat auquel les autres arts ne peuvent atteindre qu’indirectement, en représentant soit les causes qui ont déterminé le mouvement, soit les paroles, les gestes, les attitudes extérieures qui l'ont suivi.
« Ce qu'il y a de plus complet, c’est l’union de la musique aux mots, ceux-ci révélant la cause du mouvement, l’objet auquel il se rapporte, et précisant le sentiment qui lui a donné naissance, tandis que la musique exprime la nature de l'ébranlement communiqué à l’âme par ce sentiment ».
Grâce à son pouvoir souverain, la musique, en provoquant des émotions sensorielles, intellectuelles et affectives, fait vibrer toute la gamme des joies et des douleurs humaines. Elle entraîne les esprits et les cœurs dans les sphères supérieures de la Pensée, de l’Imagination et du Rêve, dans des régions inaccessibles aux sentiments vulgaires : Pays merveilleux, dont les splendeurs consolatrices et réconfortantes exercent une influence salutaire sur l’être pensant et le placent dans les conditions favorables pour recevoir avec fruit les enseignements de la Vérité, du Beau et du Bien.
La valeur éducative et moralisatrice de la musique a été célébrée de tout temps. Et, sans pousser l’exagération jusqu’à partager l’avis de Damon, le maître de Périclès, qui
(1 Théorie physiologique de la musique, page 331.
disait que « pour relâcher ou pour réformer les mœurs d’un peuple il suffisait d’ajouter ou de retrancher une corde à
LUC A DELLA R O B B I A : RONDE D’ENFANTS. TRIBUNE AUX CHANTEURS DE LA CATHÉ- DRALE DE FLORENCE. — PHOT. BROG1.
la lyre », il est évident que « la puissance d’émotion » qui caractérise la musique permet à l’éducateur qui peut utiliser cette force, faite de charme, d’éveiller, de cultiver et d’affiner le sens esthétique chez ses disciples, et, en développant
VART A L'ECOLE
leur sensibilité, source de l’enthousiasme, d’assurer leur perfectionnement moral par l’harmonie des facultés de l’âme.
Comment peut-on pratiquer Y art musical à l’école ?
L'idéal serait d’avoir, dans chaque école, un maître excellent musicien ; des enfants bien préparés ; des instruments de musique en bon état à la disposition du professeur et des' élèves; une bibliothèque renfermant des œuvres de maîtres.
On pourrait ainsi, dans diverses circonstances, organiser, en présence des parents, des séances musicales auxquelles prendraient part tous les enfants de l’école, petits et grands ; les uns chantant, les autres accompagnant, suivant l'âge et les aptitudes de chacun et le degré d’avancement des études.
En réalité, la seule forme sous laquelle on pratique, en général, la musique à l’école est la musique vocale et le chant choral sans accompagnement.
Quelques enfants, faisant exception, cultivent au dehors la musique instrumentale, mais le commun des élèves ne connaît et ne connaîtra jamais d’autre instrument que la voix humaine.
C’est bien là, d’ailleurs, l’instrument par excellence de l'art musical populaire.
Il n’est pas de sentiment que la voix humaine ne puisse exprimer. Et lorsque plusieurs voix se réunissent dans un même élan artistique pour traduire une noble pensée que la musique illumine et exalte, il se dégage de cette voix collective une émotion, un trouble, un enthousiasme dont le pouvoir expressif est décuplé, centuplé, en raison directe du degré d’ébranlement émotionnel qui s’empare de chacun et se communique à tous.
11 semble alors que chaque exécutant, pénétré de la pensée musicale qu’il traduit, s’éprenne de l’idée qui l’a fait naître et s’en déclare le champion.
L’ART MUSICAL A L’ÉCOLE
Le chant en commun produit encore ces autres effets : il impose le sentiment de la solidarité dans l’effort; il fait apprécier la nécessité d’une discipline consentie par tous pour pouvoir assurer une parfaite exécution musicale.
Dans le chœur à l’unisson, chaque choriste est tenu de se faire violence pour rester « dans le rang », car l’ensemble doit laisser l’impression d’une voix unique formée de toutes les voix solidaires.
Dans le chant en parties, chacun prend une responsabilité individuelle pour concourir à l’effet d’ensemble.
C’est donc par la musique vocale et par le chant choral que l’art musical doit pénétrer dans les masses populaires, en passant par l’école, pour y accomplir son œuvre d’éducation artistique et de moralisation.
Cette éducation doit commencer à l’école maternelle et dans les salles d'asile pour se continuer..... toujours.
En cultivant successivement chez l’enfant, puis chez l’adulte, l°les facultés d’instinct, 2° les facultés de raisonnement, 3° les facultés esthétiques, elle atteindra sûrement le but qu’elle se propose : le développement du Goût, c’està-dire le sens du Beau.
Nous ne pouvons pas, ici, faire un cours complet de pédagogie, qui ne serait d’ailleurs pas à sa place, pour indiquer la marche à suivre depuis l’école maternelle jusqu’aux cours d’adultes en passant par les classes supérieures de l’école primaire. Mais, dans l’espoir d’être utile à quelques-uns, nous nous permettons — par parenthèse et à titre d’indication — de formuler les conseils suivants touchant l’enseignement musical à donner aux jeunes enfants. Les maîtres jugeront de l’emploi qu’ils peuvent faire de ces conseils, selon les éléments dont ils disposent, et sauront parfaitement les utiliser au profit du meilleur résultat à atteindre.
L’enfant doit chanter avant de connaître les signes de l’écriture musicale, comme il parle avant de savoir lire.
l’art a l’école
UART A L’ÉCOLE
Son initiation se fera donc à l’aide des chants scolaires qui lui seront appris par audition.
Par le choix judicieux de petits chants très simples dont les paroles rappelleront à l’enfant le souvenir des faits qu’il a journellement sous les yeux, on cultivera sa mémoire et son attention. Si les sujets effleurent le domaine de l’idéal ou de la fantaisie — contes de fées, idéalisation des sentiments affectifs — en éveillant l’imagination de l’enfant on ouvrira son cœur à l’émotion artistique et à la sensibilité. En faisant intervenir de temps à autre — comme élément de distraction — quelques danses et rondes enfantines, on posera les premiers principes du goût esthétique et de l’harmonieuse élégance dans le mouvement, par la grâce des attitudes, réglées sur le rythme musical.
Pour l’étude du chant par audition, au point de vue « pratique », le maître devra, d’abord, expliquer et commenter, en quelques mots, le sujet poétique choisi, pour le mettre à la portée de ses jeunes élèves. Puis, il chantera, seul, le morceau en entier, paroles et musique, en ayant soin de respecter scrupuleusement le texte musical (intonations, valeurs, rythme, expression).
Ensuite, le maître chantera la première phrase, qui sera répétée par les élèves. Cette première phrase étant sue, on passera à la deuxième dans les mêmes conditions, et ainsi de suite jusqu’à la fin. (Ne jamais commencer un chant sans que le ton ait été pris « au diapason » — modeste mais indispensable instrument — pour éviter de chanter trop haut ou trop bas, au détriment de la justesse et de la qualité du son.)
Avant de passer à l’étude des paroles d’un chant scolaire, il peut être profitable de faire apprendre — par audition — les notes du morceau (comme si ces notes étaient simplement des mots) lorsque les enfants paraissent aptes à recevoir cet enseignement.
Il est aussi facile à des enfants de retenir ces noms de
L’ART MUSICAL A L’ÉCOLE
notes avec leur rythme et leur intonation : dô, ré, mï, dô, j rê, rê, mï, | fâ, fâ, | mï, mï || que ces paroles : J'ai du bon tabac dans ma tabatière, avec l’air donné par les notes cidessus.
Ce serait là le point de départ de renseignement du solfège.
Pour que ce travail donne des résultats, il faut que le maître ait préparé, à l’avance, le chant scolaire qu’il se propose de faire travailler, afin d’en pénétrer complètement le sens poétique et musical et d’en tirer une leçon de « goût » pour ses jeunes auditeurs.
Pour stimuler le zèle des enfants bien doués — au profit des autres — choisir quelques-uns d’entre eux pour servir de moniteurs et chanter, seuls, à la place du maître.
Ne jamais tolérer une imperfection persistante dans l’étude d’une phrase avant de passer à une autre.
Maintenir la sonorité dans la douceur, sans mollesse, et exiger le parfait unisson des voix.
Dans aucun cas ne laisser chanter les enfants en voix de
poitrine au-dessus de
Faire prendre la voix de tête (la petite voix) à partir
Ne pas insister si, après expérience, le chanta l’étude présente des difficultés qui paraissent rebuter la bonne volonté et l’attention des enfants. Faire chanter un morceau déjà connu ou remettre la leçon à plus tard.
Entretenir la mémoire des enfants en répétant de temps à autre les chants scolaires appris antérieurement, de manière à leur constituer un petit répertoire permanent qu’ils pourront chanter dans leur famille en se faisant plaisir à euxmêmes.
Lorsque le maître « prendra le ton au diapason », avant de commencer la leçon, il pourra tirer un excellent parti du
simple accord parfait sur lequel repose la tonalité du morceau à l'étude, en faisant chanter cet accord par les élèves, d'abord en dessin mélodique. Exemple en ut majeur :
} mis, par fragments de 2, 3, 4 ou 5 notes, chacune des notes étant soutenue par de petits groupes d’enfants.
Cet exercice, répété, avant chaque leçon, en dégageant l'harmonie contenue dans l’accord parfait, forme l’oreille des élèves et les amène insensiblement au chant d’ensemble à plusieurs voix, qu’ils devront pratiquer dès qu’ils auront quelques notions de « solfège ».
Le solfège n’est qu’un moyen, mais un moyen indispensable pour asseoir une éducation musicale, même élémentaire, dans des conditions sérieuses et durables.
Celui qui chante an air sans pouvoir en déchiffrer les notes est exactement dans la situation d’un enfant qui récite une fable sans pouvoir la lire. C’est charmant chez un enfant qui, d’ailleurs, apprendra presque sûrement à lire ensuite; mais comment un homme pourrait-il s’intéresser vraiment à un art qui lui restera toujours fermé — faute d'une éducation première — s’il ne peut en jouir que par à peu près, par l’audition, — comme l’enfant de l’école maternelle — et s'il lui faut toujours considérer le plaisir qu’il (‘prouve non comme une conquête de son intelligence, mais comme la satisfaction passagère d’un instinct mal éclairé ?
L’A R T MUSICAL A L’ÉCOLE
Il ne s’agit pas du tout d’entreprendre à l’école primaire une éducation technique complète (le temps n'y suffirait pas et, de plus, les natures privilégiées savent parfaitement faire les efforts nécessaires pour donner l’essor à leurs aptitudes), mais seulement d’établir une base solide à l’enseignement musical élémentaire qui permettra plus tard aux enfants, devenus des hommes ou des femmes, de profiter de l’élan qui leur aura été donné à l’école pour développer et entretenir en eux le goût et le désir du Beau.
Grâce à leurs connaissances acquises, ils pourront satisfaire à leurs aspirations en pratiquant le chant choral mixte et en participant à des manifestations d’art populaire, sur le modèle de celles que l’Orphéon municipal de la ville de Paris organise chaque année et qui réunit jusqu’à 1 500 exécutants, hommes, femmes et enfants.
On oppose volontiers, et non sans raison, le développement du chant choral à l’étranger aux pénibles efforts de l’art choral en France. A quoi tient donc ceite infériorité? Uniquement à un défaut de culture musicale sérieuse basée sur le solfège à l’école.
En France, la musique n’est encore qu’un art « d’agrément ». Dans les pays voisins, c’est une « force nationale ». Pourtant on chante en France; mais d’une manière toute superficielle, peut-on dire, sans chercher autre chose qu’une satisfaction passagère et agréable. On « respire » la musique comme le parfum d’une fleur délicate, mais on ne va pas jusqu’à vouloir pénétrer son secret pour en subir le charme puissant et en découvrir la grandeur.
« Je ne suis pas musicien, mais j’adore la musique! » Voilà un aveu bien français qu’on entend fréquemment.
Eh bien, il faut que le peuple français devienne musicien — comme ses voisins — et qu’il « connaisse » la musique tout en continuant de Y « adorer ».
Comment obtenir pratiquement cette culture musicale?
En la rendant obligatoire à l’école normale et à l’école primaire.
Il est absolument nécessaire que l’enseignement officiel de la musique à l’école reçoive une sanction officielle pour en améliorer les résultats.
Comment ?
1° En introduisant une épreuve de musique dans le programme de l'examen de sortie de l’école normale ;
2° En comprenant la musique parmi les matières imposées pour l'obtention du certificat d’études primaires.
Ces deux mesures auraient comme effet de placer, enfin, la musique au nombre des matières « sérieuses » de l’enseignement, et d'autre part, il est certain que les efforts qui seraient réalisés par les maîtres et les élèves, ayant intérêt à passer convenablement les examens, contribueraient efficacement à leur éducation propre et au développement de l’art musical populaire.
Et puis, il faut aussi que l’on abandonne cette opinion trop répandue que la musique populaire ne vit que par la chanson, qu’elle seule est capable de s’adresser à l’âme du peuple, et qu’elle suffit à son besoin d’expansion lyrique.
Certes, la « chanson » est non seulement utile, mais indispensable.
Sous une forme d’art populaire des plus séduisantes, c'est elle qui nous initie au charme du langage musical. Elle nous prend au berceau et nous quitte à la mort, traversant les générations en semant sur son chemin l’écho des joies et des douleurs humaines. Par sa grâce, son esprit, sa tendresse, elle sourit au travail, elle accompagne gaiement les rythmes de la marche sur la route, elle mélancolise agréablement nos vagues aspirations sentimentales. Mais c’est l'instant qui passe, une impression d’art qui s’efface aussitôt ressentie et dont le pouvoir éducateur est certainement insuffisant.
L’ART MUSICAL A L’ÉCOLE
La chanson doit être le premier bégayement musical de l’enfant et rester la compagne aimable de son adolescence et de sa maturité. Mais elle ne saurait, à elle seule, satisfaire au besoin d’idéal que tout homme porte en soi et qui ne peut trouver son aliment que dans Cart véritable. Car celui-ci ne se propose pas seulement de distraire ou d’amuser les hommes, mais surtout de déposer dans leur esprit et dans leur cœur le germe des pensées nobles et hautes d’où naissent, avec les notions de grandeur morale et de perfection artistique, le goût et le besoin du Beau, but suprême et définitif de l’Art.
Il ne faudrait pas se méprendre sur le sentiment qui nous guide lorsque nous demandons que la musique soit partout et toujours enseignée « sérieusement » à l’école.
Nous n’avons en vue aucune étude aride, aucune contrainte morose, aucun fatras pédagogique et grognon dont le résultat immédiat serait de fatiguer et de rebuter les meilleures volontés.
L’art musical à l’école doit être simple, aimable, séduisant, émouvant.
En dehors du chant proprement dit, l’étude même du solfège doit n’être qu’un « prétexte » musical.
Une gamme, un arpège, un exercice d’intonation ou de rythme, un fragment de leçon quelconque doivent être chantés avec goût, avec un sentiment « expressif », d’une voix douce et « émue » qui indique que, même inconsciemment, il y a chez l’enfant qui chante un « regard intérieur » sur des sensations indéfinissables mais senties qui font vibrer sa voix en lui communiquant une émotion gaie ou attendrie, mais toujours artistique.
L’enseignement doit être « sérieux » en ce sens qu’il exige du maître qui en est chargé une « probité scrupuleuse » dans les moindres détails.
Les intonations douteuses, les voix à peu près justes, lesvaleurs de notes écourtées ou prolongées, les nuances à peine
ou pas indiquées, les rythmes déformés ou négligés, etc., voilà les tares d’un enseignement superficiel et « sans probité ». Résultats artistiques : néant. Résultats moralisateurs : néant.
A défaut d’éducation musicale, un tel enseignement développe chez les enfants qui en sont victimes un ennui profond, d’abord, et une indifférence absolue pour toute musique, quant à présent aussi bien que pour l’avenir.
Lorsque l’on sait que la plupart des enfants du peuple ne peuvent recevoir qu’à l’école les notions d’art qui devront remplir leur existence tout entière, il semble inutile d’insister sur le devoir qui incombe à leurs éducateurs.
De plus, l’éducation du peuple étant liée à l’éducation de l’enfance, il est indispensable que celle-ci soit dirigée en vue de former des goûts, des volontés, des raisonnements, un idéal qui trouveront plus tard leur épanouissement selon les aptitudes de chacun et pour le plus grand bien de tous.
Que faut-il chanter à l'école ?
Rien que des chants (à une ou plusieurs voix, suivant les élèves auxquels ils sont destinés), rien que des chants écrits spécialement par de vrais poètes et de vrais musiciens, des transcriptions intelligentes d’œuvres de maîtres universellement admirées, avec — comme récréation — les vieux airs populaires de nos provinces.
Le répertoire scolaire doit écarter, systématiquement, les productions sans valeur artistique qui ne peuvent que fausser le goût et le jugement des enfants, en répandant une éducation déplorable.
En célébrant toutes les beautés, toutes les vertus et toutes les gloires, les chants scolaires peuvent se relier étroitement à diverses branches de l’enseignement général — histoire, récitation, morale, etc. — faisant ainsi marcher de pair l’éducation du goût avec la culture artistique et littéraire.
LUCÀ DELLA ROBBIA : LES CHANTEURS, B A S - R EL l E F.
Le chant a sa place marquée dans toutes les manifestations de la vie scolaire, dont il est la grâce etl’ornement.
Son emploi est tout indiqué, par exemple au début et à la fin de chaque classe. Rien ne saurait remplacer, en effet, l’exécution en commun d’une mélodie pleine de charme ou de gaieté, soit pour mettre les enfants dans les heureuses dispositions de calme et de recueillement nécessaires aux études, soit pour leur donner sur le seuil de la maison d’école le souvenir joyeux qu’ils emporteront dans leur famille.
Pendant les récréations séparant les différentes classes, on pourrait également réserver quelques minutes, au cours de la journée, à l’exécution de rondes enfantines ou de chants dialogués, ce qui procurerait aux enfants le plaisir de chanter — sans crier — tout en pratiquant un exercice plein d'entrain, de gaieté et de grâce.
Enfin, pour que l’éducation musicale porte des fruits durables chez l’enfant devenu adulte, il est de toute nécessité que celui-ci puisse trouver dans l’école même les moyens d’entretenir, de cultiver et de développer son éducation première.
Ce but serait atteint si, dans chaque école, des cours du soir, des réunions amicales d’anciens élèves, des séances musicales et littéraires offertes aux parents procuraient aux jeunes gens l’occasion de se réunir, dans un même culte artistique, pour chanter ou réciter de belles œuvres, et, par cette communion de sentiments élevés, de contribuer à leur propre perfectionnement moral tout en répandant autour d’eux les idées de Beauté, de Bonté et de Concorde, sources véritables de toutes les aspirations nobles et généreuses.
Auguste Chapuis,
Professeur d’harmonie au Conservatoire, Inspecteur principal de l’enseignement du chant dans les écoles communales de Paris.
Société imtàoflmîe de
L’Art à l’École
Fondée en 1907 sous le haut patronage de
K. k PRÉSIDENT de U RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
Aiase Éda.c&kiiBrs, &nof§ Artistes»
Amis de î& Jewnesse fmnç^ise.
ous faisons appel à tous les esprits éclairés, à tous ceux qui s’intéressent à l’art, à l’enfance, à l’école.
Nous leur apporterons la puissance d’action de l’association, les avis d’une sollicitude avertie, le concours des pouvoirs publics. Nous réclamons l’adhésion morale et matérielle non seulement des jeunes gens et des jeunes filles, des ateliers, des sociétés d’art, des individualités et des collectivités, des conseils généraux et des conseils municipaux, mais encore des universités, des écoles, de tous ceux qui façonnent et dirigent la pensée de la nation en travail.
, Tous tiendront à honneur de se joindre à nous. De notre côté, nous nous ferons un devoir de reconnaître par un concours effectif la participation de nos collaborateurs à cette œuvre d’éducation esthétique et nationale.
Si l’intelligence de la nature et lé premier travail de l’esprit imposent à l’être humain, dès l’entrée dans la vie, un laborieux effort, la* société moderne, loin d’y demeurer insensible, doit s’attacher, par tous les moyens, à en atténuer la rigueur. Comment y parvenir plus sûrement qu’en conviant l’Art à accueillir l’enfance? il apporte partout avec lui la joie de la beauté; en même temps sa valeur éducative est telle qu’il concourt de la
façon la plus efficace à la formation morale du citoyen et au développement. intégral de ses facultés.
Parallèlement à l’œuvre jadis entreprise par la Ligue de l’enseignement, la « Société de l’Art à l’École » désire préparer à la nation un avenir plus heureux en plaçant les générations nouvelles dans un milieu propre à influer salutairement sur l’hygiène, l’esprit et le goût de l’enfance. Elle veut l’école saine, aérée, rationnellement construite et meublée, attrayante et ornée ; son champ d’action s’étendra assez loin pour que l’art vienne embellir de son charme tout ce qui, à l’école, est mis entre les mains de l’enfant ou offert à son regard; elle entend que les distractions mêmes de l’enfance se trouvent ennoblies parle caractère artistique qu’elles sauront revêtir. En s’imposant cette mission, la « Société de l’Art à l’École » espère favoriser chez l’individu une juste conscience de la nature et de lui-même, et contribuer ainsi à une éducation civique mieux entendue, plus conforme à l’esprit d’une démocratie en marche vers des destinées meilleures.
La Société nationale de l’Art a l’École.
La Société nationale de l’Art a l’École s’est constituée le 14 février 1907 à l’Hôtel de la Société des gens de lettre?, sous la présidence provisoire de M. Ch.-M. Couyba, député, agrégé de l’Université, rapporteur de- budgets de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, assisté de M. Léon Riotor. trésorier de la Société des gens de lettres, secrétaire provisoire.
Présents : MM. Léonce Bénédite, Paul Besques, Bigard-Fabre, Louis Caillet, Couyba, Victor Dupré, P.-L. Garnier, Louis Guébin, Henry Ilavard, Homolle, Frantz Jourdain, Roger Marx, André Mellerio, A. de Morizie, Georges Moreau, Édouard Petit, J.-F. Raffaëlli, Léon Riotor, .Jacques Teutsch, Valentino, Gaston Van Brock, Louis Vauxcelles.
Représentés : MM. Ferdinand Buisson, D1' Galtier-Boissière, Langlois, Quénioux, Paul Steck.
IAcusés ou autres adhérents : MM. André Balz, Mme Besnard,' M. J. Beurdeley, Mlle Brès, MM. Armand Dayot, Lucien Descaves, Louis Fei n c\ A. i lasquet, Paul Gers, Mme Jeanne Girard, MM. Georges Lecomte, ! Etienne Moreau-Nélaton, Pol Neveux, Charles Plumet, Léon Robelin,1 Mme Séverine, MM. Thiébault-Sisson, Henri Turot.
Total : 45 adhérents.
M. Couyba expose le but de la réunion et met aux voix la fondation de la Société de l’Art à l’École. (Adopté à l’unanimité.) L L ' ||J9
Le bureau est ainsi constitué : un président : M. Couyba ; cinq viceprrûdents • MM. Ferdinand Buisson, Gasquet, Frantz Jourdain, Roger
STATUTS
Marx, Henri Turot ; un secrétaire général : M. Léon Riotor (quai de Béthune, 26, à Paris); trois secrétaires-adjoints : MM. P.-L. Garnier, J. Teutsch, L. Vauxcelles ; un trésorier général : M. Victor Dupré, directeur de l’Imprimerie Nationale; deux archivistes : MM. Langlois et Galtier-Boissière.
Commissions : Propagande et finances. — MM. Balz, Caillet, Gers, Homolle, de Monzie, G. Moreau, Ét. Moreau-Nélaton, Ch. Plumel, J. Teutsch, G. Van Brock.
Artistique. — M. L. Bénédite, Mme Besnard, MM. Bigard-Fabre, Guébin, Havard, Fr. Jourdain, R. Marx, Mellerio, de Monzie, G. Moreau, Raffaëlli, Valentino.
Enquêtes. — Mrae Besnard, MM. Besques, Beurdeley, Mlle S. Brès, MM. Dayot, Descaves, Feine, M1116 Girard, MM. Guébin, G. Lecomte, Pol Neveux, Ed. Petit, Quenioux, Ch. Plumet, L. Robelin, Mme Séverine, MM. Steck, Thiébault-Sisson.
Les locaux suivants sont à la disposition du Comité : Hôtel des gens de lettres, Musée pédagogique, Imprimerie Nationale, Ligue de l’Enseignement, Société pour le développement de la culture artistique (pl. Saint- G ermain-des-Prés).
Durant les séances qui suivirent il fut procédé à l’élaboration des statuts sur le modèle déposé au Conseil d’Etat, section de l’Intérieur, et du règlement intérieur.
La Société a été déclarée, conformément à la loi, le 11 juillet, et publiée au Journal officiel le 11 août 1907.
Elle est honorée de subventions du Ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, de la Ville de Paris, des départements de la Seine, du Rhône, de la Gironde, de la Seine-Inférieure, de Seine-et-Marne, de la Haute-Saône, du Haut-Rhin, de la Ligue française de V Enseignement.
Dans la séance de janvier 1908* la création d’une commission d’architecture fut décidée.
Statuts
Bioî et composîMon de TAssocmMon.
Article premier. — L’Association dite Société nationale de V Art à l’École, fondée en 1907, a pour but de faire aimer à l’enfant 1a. nature et l’art, de rendre l’école plus attrayante et d’aider à la formation du goût et au développement de l’éducation morale et sociale de la jeunesse.
Son siège est à Paris.
Art. 2. — Les moyens d’action de la Société sont : l’embellissement (extérieur ou intérieur) des locaux scolaires, la décoration permanente ou mobile de l’école, la diffusion de l’imagerie scolaire (livres, bons points, etc.)
appropriée à Fige et aux facultés de l’enfant, et son initiation à la beauté des lignes, des couleurs, des formes, des mouvements et des sons.
Art. 3. — L'Association se compose de membres bienfaiteurs, fondateurs, titulaires et adhérents.
Pour être membre, il faut être présenté par deux membres de l’Association et agréé par le Conseil d’administration.
Sont dits membres bienfaiteurs ceux qui auront fait à l’Association un don minimum de 500 francs.
La cotisation annuelle minimum est de 20 francs pour les membres fondateurs, 5 francs pour les membres titulaires et de 2 francs pour les membres adhérents.
Elle peut être rachetée en versant une somme de 100 francs pour les membres titulaires et de 300 francs pour les membres fondateurs.
Art. 4. — La qualité de membre de l’Association se perd :
1° Par la démission ;
2° Par la radiation prononcée, pour non-payement de la cotisation ou pour motifs graves, par le Conseil d’administration, le membre intéressé ayant été préalablement appelé à fournir ses explications, sauf recours à l'Assemblée générale.
Art. 5. — L’Association est administrée par un Conseil composé de 45 membres élus pour trois ans par l’Assemblée générale et choisis dans les catégories de membres dont se compose cette assemblée.
En cas de vacance, le Conseil pourvoit au remplacement de ses membres, sauf ratification par la plus prochaine Assemblée générale.
Le renouvellement du Conseil a lieu par tiers.
Les membres sortants sont rééligibles.
Ce Conseil choisit parmi ses membres un bureau composé d’un président, de cinq vice-présidents, d’un secrétaire général, de trois secrétairesadjoints et d’un trésorier général.
Le bureau est élu pour trois ans.
11 peut être institué un Comité de patronage en nombre illimité, non soumis au renouvellement.
L’Association fondera des sections communales et régionales.
Art. 6. — Le Conseil se réunit tous les mois et chaque fois qu’il est convoqué par son président ou sur la demande du quart de ses membres.1
La présence du tiers des membres du Conseil d’administration est nécessaire pour la validité des délibérations.
11 est tenu procès-verbal des séances.
Les procès-verbaux sont signés parle président et le secrétaire de séance.
Art. 7. — Toutes les fonctions de membre du Conseil d’administration et du bureau sont gratuites.
Art. 8. — L'Assemblée générale des membres bienfaiteurs, fondateurs, titulaires et adhérents de l’Association se réunit à Paris, ou dans une ville
STATUTS
désignée, une fois par an et chaque fois qu’elle est convoquée par le Conseil d’administration ou sur la demande du quart au moins de ses membres.
Son ordre du jour est réglé par le Conseil d’administration.
Son bureau est celui du Conseil.
Elle entend les rapports sur la gestion du Conseil d’administration, sur la situation financière et morale de l’Association.
Elle approuve les comptes de l’exercice clos, vote le budget de l’exercice suivant, délibère sur les questions mises à l’ordre du jour et pourvoit au renouvellement des membres du Conseil d’administration.
Pour ce renouvellement le vote peut avoir lieu par correspondance ou procuration sur papier libre.
Le rapport annuel et les comptes sont adressés chaque année à tous les membres de l’Association.
Art. 9. — Les dépenses sont ordonnancées par le président. L’Association est représentée en justice et dans tous les actes de la vie civile par son président.
Le représentant de la Société doit jouir du plein exercice de ses droits civils.
Art. 10. — Les délibérations du Conseil d’administration relatives aux acquisitions, échanges et aliénations des immeubles nécessaires au but poursuivi par l’Association, constitutions d'hypothèques sur lesdits immeubles, baux excédant neuf années, aliénations de biens dépendant du fonds de réserve et emprunts doivent être soumises à l’approbation de l’Assemblée générale.
Art. IL — Les délibérations du Conseil d’administration relatives à l’acceptation des dons et legs ne sont valables qu’après l’approbation administrative donnée dans les conditions prévues par l’article 910 du Code civil et les articles 5 et 7 de la loi du 4 février 1901.
Les délibérations de l’Assemblée générale relatives aux aliénations de biens dépendant du fonds de réserve ne sont valables qu’après l’approbation du Gouvernement.
Fonds de réserve eî ressources Mümoeîtes.
Art. 12. — Le fonds de réserve comprend :
1° La dotation ;
2° Le dixième au moins du revenu net des biens de l’Association ;
3° Les sommes versées pour le rachat des cotisations ;
4° Le capital provenant des libéralités, à moins que l’emploi immédiat n’en ait été autorisé.
Art. 13. — Le fonds de réserve est placé en rentes nominatives^ sur l’État ou en obligations nominatives dont l’intérêt est garanti par l'État.
Il peut être également employé à l’acquisition des immeubles nécessaires au but poursuivi par l’Association.
Art. 14. — Les recettes annuelles de l’Association se composent :
1° Des cotisations et souscriptions de ses membres ;
2° Des subventions qui pourront lui être accordées ;
3° Du produit des libéralités dont l’emploi immédiat a été autorisé ; des ressources créées à titre exceptionnel et, s’il y a lieu, avec l’agrément de l’autorité compétente ;
4° Du revenu des biens.
t'fodifte&fttôTBS des sfl&lhufts el dissohaMoro.
Art. 15. — Les statuts ne peuvent être modifiés que sur la proposition du Conseil d’administration ou du dixième des membres dont se compose l’Assemblée générale, soumise au bureau au moins un mois avant la séance.
L’Assemblée doit se composer du quart, au moins, des membres en exercice. Si cette proportion n’est pas atteinte, l’Assemblée est convoquée de nouveau, mais à quinze jours au moins d’intervalle ; et cette fois elle peut valablement délibérer, quel que soit le nombre des membres présents.
Dans tous les cas les statuts ne peuvent être modifiés qu’à la majorité des deux tiers des membres présents.
Art. 16. — L’Assemblée générale, appelée à se prononcer sur la dissolution de l'Association et convoquée spécialement à cet effet, doit comprendre, au moins, la moitié plus un des membres en exercice.
Si celle proportion n’est pas atteinte, l’Assemblée est convoquée de nouveau, mais à quinze jours au moins d’intervalle, et cette fois elle peut valablement délibérer, quel que soit le nombre des membres présents.
Dans tous les cas, la dissolution ne peut être votée qu’à la majorité des deux tiers des membres présents.
Art. 17. — En cas de dissolution volontaire, statutaire, prononcée en justice ou par décret, l’Assemblée générale désigne un ou plusieurs commissaires chargés de la liquidation des biens de l’Association. Elle attribue l’actif net à un ou plusieurs établissements analogues, publics ou reconnus d’utilité publique.
Ces délibérations sont adressées sans délai au Ministre de l’Intérieur et au Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts.
Art. 18. — Les délibérations de l’Assemblée générale prévues aux articles 15, 16 et 17 ne sont valables qu’après l’approbation du Gouvernement.
SwWsilllI&nce el Règlement intérieur.
Art. 19. — Le président fait connaître dans les trois mois à la préfecture de la Seine tous les changements survenus dans l’administration ou la direction.
Les registres et pièces de comptabilité de l’Association sont présentés sans déplacement, sur toute réquisition du préfet, à lui-même ou à son délégué-
Le rapport annuel et les comptes sont adressés chaque année au préfet du département, au Ministre de l’Intérieur et au Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts.
Art. 20. Le Ministre de l’Instruction publique a le droit de faire
STATUTS
visiter par ses délégués les établissements fondés par F Association et de se faire rendre compte de leur fonctionnement.
Art. 21. — Les règlements intérieurs préparés parle Conseil d’administration et approuvés par l’Assemblée générale sont adressés au Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts.
Règlement intérieur
Article premier. — Le Conseil d’administration nomme son bureau.
Art. 2. — Les vice-présidents remplacent le président empêché.
Art. 3. — Le secrétaire général est chargé du rapport annuel sur les travaux de la Société.
Art. 4. — Les secrétaires établissent les procès-verbaux des séances.
Art. 5. — Le trésorier est chargé, avec le concours de la Commission de la propagande et des finances, de toute la partie financière de la Société ; il soumet un rapport à l’Assemblée générale annuelle.
Art. 6. — Les archivistes sont chargés de la garde et de la comptabilité des différentes collections appartenant à la Société.
Art. 7. — Les enquêteurs instruisent les demandes qui leur sont soumises par le bureau.
Art. 8. — Un registre de présence est signé à chaque séance.
Art. 9. — Tout membre du Conseil qui aura négligé d’assister à trois séances consécutives, sans excuses valables, sera considéré comme démissionnaire.
Art. 10. — Quatre grandes commissions fonctionnent dans la Société :
a) Commission artistique ;
b) Commission d’architecture ;
c) Commission de la propagande et des finances ;
d) Commission des enquêtes.
Art. 11. — Chaque commission élit un président et un secrétaire. 1
Art. 12. — Les présidents et les secrétaires de commissions assistent de droit aux réunions du bureau, avec voix consultative.
Art. 13. — Les membres du bureau font partie- de droit de chaque commission.
Art. 14. — Tout rapport ou proposition émanant d'une commission devra être approuvé par le tiers au moins des membres de la commission.
Art. 15. — Les membres de la Société se groupent et s’administrent par sections : communales, dans chaque commune et autour de chaque école ; régionales, par siège d’académie, province ou département.
Art. 16. — Pour fonder une section en conformité de l’article 5 des statuts, il suffira de réunir dix membres. Ce groupement nommera aussitôt son bureau et demandera sa reconnaissance au Conseil d’administration de la Société.
Art. 17. — Les sections s’administrent elles-mêmes et perçoivent leurs cotisations. Sur cette perception totale, 10 pour 100 sont attribués pour frais généraux à la caisse centrale de la Société.
Art. 18. — Les fournitures faites sur demandes au Conseil d’administration sont remboursées. chaque année par la caisse de la section.
Art. 19. — Les sections, tout en conservant une complète liberté d’initiative et d’action, doivent se conformer aux statuts de la Société et au Règlement intérieur.
Art. 20. — Pour garder l'unité de la Société, toute décision relative à des questions artistiques ne peut être prise qu’en accord avec le Conseil d’administration.
Art. 21. — Une fois par an un compte rendu financier, et au moins deux fois par an un compte rendu moral de la section, devront être envoyés au Conseil d’administration.
Art. 22. — Les communications des sections au Conseil d’administration sont assurées par le secrétaire général de la Société.
Art. 23. — Les membres des bureaux des sections, de passage à Paris, peuvent assister aux séances du Conseil d’administration.
Art. 24. — Les membres de la Société se réservent bon accueil de section à section et correspondent entre eux.
Art. 25. — Les visites de classes sont autorisées sur l’assentiment des recteurs, inspecteurs, directeurs et instituteurs. Elles ont pour . seul motif l'ornementation des locaux, l’imagerie, l’éducation du goût par le décor, l'initiation de l’enfant à la beauté des lignes, des couleurs, des formes, des mouvements et des sons.
Art. 26. — Une carte numérotée, signée par le président de la Société et par le président de la section, est délivrée à tous les membres de la Société. ’ V : ;
Art. 27. — Sur la présentation de leur carte, les sociétaires et adhérents sont admis aux congrès, expositions, et à toutes les manifestations de la Société Nationale de l’Art à l’École.
Art. 28. — L’ Assemblée générale annuelle pourra distribuer des récompenses, des dons ou des subventions à ceux des instituteurs, professeurs de l’enseignement public ou libre qui se seront distingués par leurs efforts ou leurs travaux.
Art. 29. — Il ne sera attribué de récompenses ou d’imageries qu’aux membres delà Société.
Indications
La section se trace un programme d’action qu’elle soumet au Conseil général de la Société.
La section se réunit chaque fois qu’on construit, agrandit ou. modifie des batiments à usage scolaire, discute, s’il y a lieu, la disposition rationnelle et l’aspect esthétique de ces locaux, présente des avis motivés à la municipalité, aux architectes, à ceux qui participent à l'édification de ces locaux.
Elle intervient de la meme façon en ce qui concerne la décoration intérieure et extérieure des locaux : cour, jardin vert, fenêtres fleuries, peinture claire des murailles, frises, pochoirs, estampes décoratives,
STATUTS
ornementation florale intérieure, transformation ou amélioration pour un aspect plus riant ; soins à apporter dans le choix de la petite imagerie scolaire, bons points, témoignages de satisfaction, cahiers.
Elle délègue, avec l’autorisation des autorités pédagogiques, certains de ses membres à la visite d’écoles où son action lui paraît devoir s’exercer.
La section constitue, autant que possible, un « groupe » autour de chaque école, comprenant le directeur et les instituteurs, avec mission de :
Dégager les murs, serrer dans un placard les tableaux pédagogiques, anti-alcooliques ou économiques, qui seront exposés seulement durant la leçon et le temps nécessaire à l’impression morale.
Choisir la meilleure place pour l’exposition momentanée de ces pancartes, y poser dans ce but un ou deux clous de bronze, sinon une jolie tablette de bois.
Choisir deux ou quatre emplacements pour les images d’art ; changer périodiquement ces images dans les cadres, les alterner de classe en classe, les varier. Si l'image est moindre que le cadre, l'entourer de papier ; si elle est plus grande, la rogner à la plus vaste dimension usitée dans l’école.
Se prêter des images d’école à école.
Etudier la peinture en clair des murailles, jaune, bleu, rose, vert d’eau, avec si possible fileta, pochoirs floraux ou frises de papier. On peut passer les murs à l’huile ou les tendre de papier de fond uni, blanc, gris ou rosâtre, à décorer soi-même par une frise au pochoir allongée sous le plafond. Pochoir pour un ton : ajourer au canif une feuille de fer-blanc ou de carton résistant, en enlevant un dessin de fleurs ou feuilles ; le fixer au mur par des épingles, badigeonner avec un pochon ou tampon avec le ton épais, presque sec, étalé sur un morceau de vitre en guise de palette. Pour plusieurs tons, faire autant de pochoirs, les repérer pour les superposer, recommencer pour chacun après séchage. Chercher l’harmonie des tons et du fond. Peut être fait à plat sur des bandes à coller ensuite.
Calculer la pose de planchettes au bord intérieur des fenêtres, sans gêner l’ouverture, y poser des fleurs.
Le Conseil d’administration de la Société pourra fournir, sur demande : cadres spéciaux, imageries désignées par la Commission artistique, planchettes porte-fleurs, échantillons de peintures murales, de pochoirs, de frises en papier avec indication des prix particuliers obtenus en faveur de l’œuvre. Cette liste est absolument confidentielles t réservée aux sections de la Société.
Société Nationale de l'Art à l’École
Secrétariat général : quai de Béthune, 26, a Paris (ive)