Honorée d'une souscription de la S. AT. A. É
Soit par Y estampille spéciale ci-contre. Un ou deux astérisques joints à l’estampille indiqueraient en outre la qualité esthétique attribuée à l’œuvre.
Enfin, pour augmenter les ressources de la Société, il y aura lieu d’examiner si les œuvres approuvées et recommandées ne devront point être frappées d’un droit d’estampille. Ce serait là un moyen précieux d’assurer l’équilibre du budget de la Société et de lui constituer des réserves pour la réalisation de ses projets.
Le Comité.
Opinions.
L’Art pow tora.
’art seul donne du prix à la vie. L’art pour tous, c’est
pour tous la vie précieuse et digne d’être vécue. Oui, l’art
^ doit être pour tous parce qu’il est de tous, et que tous le créent, l’artisan autant que l’artiste. Artiste, artisan sont égaux devant la beauté : ensemble ils l’ont réalisée ; les beaux-arts et les arts industriels ne se séparent pas. Ils sont l’art, l’art source de toutes les joies, fleur de toutes les vertus, la seule raison d’être que, pour ma part, j’aie jamais pu découvrir à la vie humaine.
Le vice fondamental dont nous souffrons est dans la séparation trop profonde des ouvriers d’art et des artistes. C’est à combler ce trou qu’on s’emploie. Chacun préconise son remède. L’un prêche le rétablissement des corporations anéanties par la Révolution. L’autre réclame les secours de l’État. D’autres plus libéraux et plus hardis, s’adressant à l’initiative privée et individuelle, cherchent à créer un irrésistible courant d’opinion et à propager les idées d’art jusque dans les masses profondes de la nation. Quel que soit le chemin suivi, le but est le même, et de tant d’efforts combinés il faut espérer que sortira un jour le résultat attendu : un pays où l’art ferait partie de l’éducation de tous, des plus humbles comme des plus fortunés, où le Beau serait une des formes naturelles du génie populaire, où l’enfant apprendrait à goûter les œuvres d’art, comme il apprend à lire et à écrire.
On se plaint que les heures soient trop souvent remplies par des distractions et des joies d’un ordre tout matériel, où les mœurs se corrompent et l’esprit s’avilit. En serait-il de même si les classes populaires étaient mises en état de goûter les satisfactions d’ordre supérieur que procurent les belles choses, si elles étaient instruites, fût-ce même dans une faible mesure, à se plaire dans cette sorte de divine et salutaire ivresse que procurent, par l’ouïe ou par la vue, les proportions et les harmonies ?
Anatole France, Allocution.
Ed. Pottier, membre de l’Institut.
Félix Ravaisson.
INIéeigsssiifté de Société.
Une idée vieille au moins d’un demi-siècle, et qui, depuis sa naissance, n’avait guère grandi. Une belle et bonne idée, pourtant : faire aimer à l’enfant la nature et l’art, rendre l’école plus attrayante, aider à la formation du goût, et par là développer l’éducation morale et sociale de la jeunesse!
Victor Margueritte.
Faire l'école souriante au dehors comme au dedans, n’y apporter aucune contrainte, laisser aux enfants le champ ouvert, en un mot, créer un milieu favorable au libre développement de leurs jeunes personnalités, ce sont là des principes déjà connus ef qui sont vrais surtout quand il s’agit de l’éducation artistique.
Paul Beurdeley.
Elle a depuis longtemps été l’objet, cette œuvre d’éducation populaire, de nombreuses méditations et de tentatives honorables, qui, toutes, ont plus ou moins échoué. Mais jamais les circonstances n’avaient été, semble-t-il, aussi favorables que maintenant, pour bien des raisons. Il paraît certain que, si le succès est possible, la nouvelle Société de l’Art à l’École réussira.
Steeg, député, Rapport sur le budget de V Instruction publique , 1908.
Pour l’instant, il s’agit surtout de la formation du goût, d’environner les jeunes esprits de lignes et de couleurs simples, de rappels de la nature, qui les habitueraient h penser beau , qui leur inculqueraient V horreur du laid. Il ne s’agit pas de déterminer des vocations, nous ne voulons pas créer des artistes — il n’y en a que de trop — des professionnels et des amateurs aussi gêneurs que pédants, nous souhaitons uniquement de façonner l’homme dès le jeune âge à la compréhension de l’art.
Pour se manifester, notre groupement attend que l’idée se soit répandue sous sa vraie forme et que l’opinion, préparée, s’ouvre à elle comme le sol fertile à la bêche du bon jardinier. Partout les travaux se préparent, la province entière est en fermentation, les livres sur la culture de l’esthétique naissent à chaque pas. Citerai-je cent missives qui me renseignent sur ce mouvement unique? On veut savoir ce qu’il faut faire, recevoir une direction, agir sans hésitation...
Léon Biotor
OPINIONS
Gtatlhjre e§5héfliic||iuie.
SUS A LA laideur! — CHOIX DES ŒUVRES D’ART
... A l’école, enfin, il conviendrait qu’on préparât de bonne heure les enfants du peuple à la culture esthétique dont on les laisse actuellement dépourvus. En place des chromolithographies fades ou niaises qui ornent (?) les murs, ne pourrait-on envoyer quelques belles reproductions des événements fameux de notre histoire, d’après les œuvres des maîtres?
Ch.-M. Couyba, Rapport sur le budget des Beaux-Arts , '1907.
Serait-il impossible de substituer aux grossières enluminures, aux images niaises, aux bons points et aux accessits en papier gaufré, une ou plusieurs séries de récompenses consistant en bonnes gravures de grandeur différente, depuis celle qui servirait de récompense hebdomadaire ou mensuelle jusqu’à la grande feuille reproduisant, par exemple, un des chefs-d’œuvre de la chalcographie du Louvre, qui serait donnée en prix et qui, soigneusement conservée par la famille, introduirait dans les plus humbles demeures comme un reflet des musées? Notre histoire, en particulier, ne pourrait-elle pas être presque tout entière illustrée de la sorte ; cette diffusion par l’imagerie populaire des plus grands souvenirs de notre vie publique ne tentera-t-elle pas des artistes distingués ?
F. Buisson, Rapport au ministre , 1880.
Mon maître?... C’est l’horreur de certaines choses !