CONSÉQUENCES ESPÉRÉES
L’Art à l’École, c’est dans un avenir prochain la compréhension par tous de la beauté ambiante, sites et paysages, faune et flore locales, monuments créés par le génie humain ; c’est la parure élégante et discrète de la maison familiale; la grâce de
nos femmes et de nos filles rehaussée sans faste par l’accord des formes et des couleurs ; c’est aussi la fin de l’exode des richesses artistiques arrachées à nos provinces parla cupidité des antiquaires, le snobisme des collectionneurs et l’avidité des villes tentaculaires dont les musées trop encombrés cessent d’être éducatifs. Enfin, c’est, avec la décentralisation et la renaissance de nos industries d’art, la prédominance assurée du goût français.
Georges Moreau.
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Avant de terminer ces considérations générales sur le budget des Beaux-Arts, nous voudrions vous demander si l’ensemble des crédits que nous vous proposons, ou du moins une partie, profiteront à la classe la plus nombreuse, s’ils éléveront la démocratie a la hauteur de l’art. Nulle question plus élevée ne peut retenir votre attention. Le droit à la beauté, aux jouissances intimes et profondes que donne l’éducation artistique devrait être le partage de tous... ç.
L. Buyat, député, Rapport sur le budget des Beaux-Arts, 4908.
Cette œuvre mérite l’appui de chacun. Moyennant quinze ou vingt francs, on peut doter la classe d’une, commune. Les personnes ayant une villégiature habituelle en un même lieu, celles qui résident en province, accompliraient un acte de haute bienfaisance morale si elles aidaient pécuniairement à la formation de ces petits musées scolaires. Une société de baigneurs dans les villes d’eaux et au bord de la mer, une bande de touristes dans les pays de montagnes, un groupe de chasseurs se doivent d’enricliir ainsi quelque peu les intelligences enfantines du pays où ils se reposent et s’amusent. L’aumône servira mieux que celle donnée au fainéant de la route.
Gustave Geffroy.
Paris. — lmp. Laroussk, 17, rue Montparnasse.