ARCHITECTE
L’AliT A L’ECOLE
insupportables et pédants grands prix de Rome, a compris le caractère naïf, aimable, nullement doctrinal que doit présenter la maison des enfants ! Nous voici donc délivrés du fronton et de l’entablement classiques qui coûtent fort cher, ne signifient rien et dotent notre architecture scolaire de l'aspect gauche et emprunté que gardent les paysans sous la redingote endimanchée. Il est à souhaiter que l’école de Jussac qui, à un concours, n’aurait même pas obtenu une mention, serve de modèle et de type, et que l’intelligente initiative de M. Sautereau soit comprise et suivie.
Il faut que, dès l’entrée, l’école se montre accueillante et cordiale, car les jeunes imaginations subissent les impressions avec une inconcevable rapidité. Que les architectes, dans la circonstance, oublient leurs études antiques et leur science boursouflée; qu’ils nous fassent grâce des symboles mythologiques dont ils encombrent, bien illogiquement d’ailleurs, nos monuments. Pour une fois, nous mettrons de côté le casque de Minerve et la lyre d’Apollon qui exigent des explications compliquées et des rapprochements péniblement embrouillés pour des simples. Afin de se faire comprendre des petits, il est sage d’emprunter le langage des petits. L’école est leur maison, qu’ils s’y sentent à l’aise et chez eux. Pas de sculptures, pas de mouluration, pas de fatras prétentieux et intimidant. Par raison d’hygiène et d’économie, l’inutile corniche sera implacablement supprimée et remplacée par des arrondis que nous retrouverons à l'intersection de tous les murs, passés, sans exception, au ripolin.
Afin de résister aux chocs inévitables d’une foule turbulente arrivant et sortant aux mêmes heures, le vestibule sera revêtu, à hauteur d'homme, d’un soubassement de grès flammé que l’imprévu du feu pare des fulgurances les plus variées. Un ton jaune ou orange ensoleillera les murs décorés d’une frise haute exécutée au pochoir, avec la flore comme principe général d’ornementation. La nature est la source