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L'Art a l'Exposition universelle de 1900

L'Exposition vient de fermer ses portes : les chefs-d'œuvre auxquels une prolongation de quelques jours nous a permis de donner un dernier regard vont être à jamais dispersés, et de la réunion de tant de merveilles entassées sur les deux rives de la Seine il ne restera plus qu'un souvenir.

C'est ce souvenir que nous avons essayé de fixer en groupant dans un ordre méthodique les divers comptes rendus publiés depuis le mois d'avril par la Rente de l'art ancien et moderne. Aussi bien le succès chaque jour croissant de ces études nous imposait-il le devoir d'en dégager toute la portée : à celle collaboration d'une élite d'écrivains et d'une élite de graveurs, il fallait, pour lui donner sa valeur d'ensemble, la forme synthétique et durable du livre.

Les divisions s'indiquaient d'elles-mêmes.

C'était d'abord cette admirable exposition rétrospective de l'art français qui aurait suffi à elle seule pour assurer l'intérêt de nombreux volumes.

Après le Petit Palais, le Grand Palais, consacré à l'ait contemporain, architecture, peinture, sculpture, gravure en médailles et en pierres fines, burin, eau-forte, lithographie et estampes de tout ordre.

Ici, plusieurs écneils étaient à redouter.

On risquait, dès le début, sous prétexte de parler d'architecture, de se perdre dans la revue d'innombrables constructions, pour la plupart hâtivement édifiées ; il a paru plus simple et surtout plus sur de se borner à l'examen des grandes lignes de l'Exposition. Pour cela, l'ancien rapporteur du jury

charge déjuger le concours des palais des Champs-Elysées avait à la l'ois toute compétence et toute autorité; nos lecteurs lui sauront gré de s'être maintenu clans les questions générales et d'avoir évité de se perdre dans une banale distribution de prix et d'accessits.

De même en ce qui concerne les autres arts ; il a semblé que le recul manquait encore à la critique pour prétendre formuler sur nos contemporains des arrêts définitifs, et qu'il était préférable, à tous égards, de se borner à esquisser à grands traits les principales évolutions de l'art du siècle.

Pour la peinture, notamment, où les exposants étaient légion, ce système avait un autre avantage : il permettait d'aller chercher au pavillon de l'Allemagne les maîtres de notre brillante école du xvuie siècle et d'établir le lien entre eux et leurs successeurs.

Notre troisième partie devait tout naturellement être réservée aux multiples manifestations de l'art décoratif, si brillamment représenté au Champ de Mars et à l'Esplanade des Invalides.

La lâche, ici. était particulièrement difficile. Dans des entreprises où sont engagés d'importants intérêts matériels, où l'art ne peut avoir sa place qu'à condition de tenir compte des nécessités du commerce et des besoins de l'industrie, la ligne de démarcation est souvent délicate à préciser.

Nous n'insisterons pas ; la haute compétence, l'autorité incontestée de chacun de nos collaborateurs nous donnaient toute garantie ; avec eux, aucune confusion ne pouvait être à redouter.

L'espace seulement leur manquait pour tout dire, et il leur a fallu laisser de côté bien des efforts, qui eussent mérité d'être signalés. Du moins pour chaque nature d'industrie, a-t-on cherché à rappeler les principes, à s'appuyer sur les traditions de bon sens et de logique sans lesquelles il n'est pas de progrès sérieux, pas d'innovations durables. Les titres de nos divers chapitres sont caractéristiques à cet égard : ils se suivent méthodiquement et s'appellent la Terre, le Bois, le Métal, les Tissas

En somme, notre volume unique ne peut avoir la prétention de donner dans chacune de ses parties ce que contiendront, pour les divers sujets, des publications spéciales. Nous avons conscience, du moins, de n'avoir rien omis de vraiment essentiel et nous espérons qu'en ce qui concerne l'art et ses applications, cette œuvre collective d'écrivains et d'artistes éminents demeurera comme un souvenir durable et aussi complet que possible de la grande manifestation internationale de 1900.

l'RKMIKHE PARTIE

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