‹ L'Art a l'Exposition universelle de 1900Chapitre 14 sur 101 · ARMES · texte numérisé non relu

ARMES

L'exposition rétrospective ne pouvait prétendre à former une série complète pour les armes. Le champ était trop vaste, et le musée d'artillerie trop voisin ; on ne pouvait que réunir quelques pièces caractéristiques.

Si j'en excepte le casque de Vczeronce à la bibliothèque de Grenoble, qui est du xic siècle, la série d'épées du musée de Saint .-Orner nous présente pour le xin° siècle une variété remarquable de ces armes. Elles ont toutes été trouvées dans des gués, et sont rongées de rouille. Elles sont longues, à deux tranchants pour frapper de taille, et excellemment trempées. La garde est une simple croisette droite ou infléchie. La fusée, forte à sa partie inférieure, s'effile un peu vers le pommeau en forme de demi-disque ou de bouton. C'est l'épée chevaleresque.

Des le xv° siècle le luxe des armes devient effréné ; deux couteaux de chasse avec leurs gaines de cuir aux armes de la maison de Bourgogne sont des objets parfaits; le chapeau de fer du musée d'Abbeville est d'une belle rudesse.

Mais c'est avec le xvi° siècle que l'armure et l'épée atteignent leur summum de perfection, le quillon droit disparaît, il se recourbe et s'élargit. Nous citerons deux épées, des musées de Dijon et du Mans, les dagues des collections Thevalt et Ch. André, les armures du musée de Cahors à damasquines d'or sur un fond verni noir, le casque du musée de Chartres, si simple, encore muni d'une grille, avec son armet décoré en repoussé d'un oiseau de proie plein de caractère. Celui de la collection Thevalt est orné de scènes de combats : l'acier bruni est revêtu de fines ciselures d'or. C'est aussi le principe décoratif de la superbe armure de Henri II, de la collection Sigismond Bardac, dont les larges rinceaux se déroulent en reliefs accusés. Il faut mettre tout à fait hors de pair une splendide armure qui du château de Lude est entrée au musée de Draguignan. Elle présente des bandes noires et or alternées, gravées très délicatement. Elle a dû appartenir à François II, ainsi qu'en témoignent les monogrammes F.-M.-I. cantonnés de quatre S, chiffre de François II et de Marie Stuart.

Page 1