MONUMENT H'X MORTS
niscence des monuments de la chapelle des Médicis el l'ambition d'atteindre au grand style par la noblesse des formes et l'ampleur des mouvements. Une des quatre ligures, peut-être la moins célèbre, celle de la Prière, s'inspire d'un tout autre idéal. Elle est plus simple, plus fine; l'expression en est plus naturelle, l'émotion plus intime et, par suite, plus touchante ; c'est la première apparition de ce type féminin, propre à M. Paul Dubois, qui lui servira plus lard, dans sa statue de Jeanne d'Arc, à exprimer l'extase mystique et la foi ingénue. Devant cette exquise ligure, il est impossible de ne point évoquer le souvenir des maîtres du xve siècle italien; la parenté est évidente entre celte œuvre d'art et leurs créations, d'une élégance si sobre, si souple, si aisée ; elle n'est pas moins sensible dans l'Eve naissante, dans le Narcisse,
le Saint Jean, le Chanteur florentin. .Mais le culte «le l'artiste moderne pour les chefs-d'œuvre des Ghiberti, des Mino de Fiesole el dos Donalello ne l'a jamais entraîné jusqu'au pastiche : ce qu'il a retenu suvtout des leçons do oos maîtres, c'est le conseil que donnent tous leurs ouvrages d'interroger sans cesse el directemenl la nature : un peut juger par tous ses portraits, par les admirables bustes de Baudry, de Bonnat, de Legouvé, de Pasteur, combien, dans le talent si sûr de M. Paul Dubois, il entre de conscience, île franchise el de sincérité.
C'est aussi vers Florence que se tournèrent aux temps de leurs débuts, les regards de Falguière el de M. Mercié. Le premier, qui devait, plus lard. s'attacher presque exclusivement à exprimer la vie, la vie charnelle, souvenl presque animale, parut d'abord, au salon de IHIiT. avec son Tarcisius martyr chrétien, el celle émouvante sculpture, que conserve le musée du Luxembourg, cette sculpture douloureuse, émaciée, ascétique, ne laissail [mini prévoir le sensuel autour des l>i>mr^. de la Danseuse, de la Nymphe chasseresse el de la Lutte de Bacchantes. Deux ans après, il exposail son- Vainqueur au combat de coqs, où toutes ses qualités propres se pressentaient déjà, mais qui semblait encore un souvenir de l'antique entrevu à travers une version italienne. On no retrouve, au Grand Palais, qu'une faible partie de l'œuvre -i abondanl de Falguière; quelques-uns de ses meilleur- ouvrages manquenf même à colle exposition, notamment le Saint Vincent <!'■ Vaut, l'une des gloires du Panthéon el le chef-d'œuvre, peut-être, de l'artiste. Sa statue la [dus populaire, la Diane, n'y est représentée que par un plaire, el ce moulage, s'il traduit fidèlement la beauté du mouvement el la trouvaille du geste, laisse trop voir la vulgarité de la forme, que ne vivifient plus, comme dans le marbre original, le modelé savoureux, frémissant, el le « rendu » incomparable de la chair. Mais deux di's ouvrages exposés aux Champs-Elysées suffiraient à eux -ouïs, -il en élail besoin, à défendre la mémoire de Falguière : le Lu Rochejacquelein, -i élégant, si nerveux, -i français, el la statue monumentale de Mgr Lavigerie qu'auraienl signée, tant elle est large de style, étoffée, entraînante, les plus grands sculpteurs de noire xvn' siècle.
Le Gloria Victis, le David, le Quand même -oui trop connus, trop définitivement consacrés par l'admiration uni\ erselle pour que nous non- a lia ni ions à l'étude de ces œuvres qui représentent, à la « centennale », M. Antonin Mercié. Un eût souhaité de revoir ici. à côté de ces chefs-d'œuvre, quelques-
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