‹ L'Art a l'Exposition universelle de 1900Chapitre 54 sur 101 · V. l'uni. — Aii.imi: Kodin · texte numérisé non relu

V. l'uni. — Aii.imi: Kodin

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La gloire de M. Roty, c'es.1 avant tout, par-dessus tout, d'avoir à jamais

démontré par des chefs-d'œuvre qu'en dépit des apparences et malgré les préjugés, l'ail de la médaille est beaucoup plus voisin de la peinture que de la sculpture. Cette affinité, — si longtemps méconnue et enfin affirmée, — voilà le point de dépari

de toutes les trouvailles de M. liolv.

On ne pcul nier san> doute que certains progrès de fabrication aient beaucoup contribué à donner à nos médailles un aspect nouveau, plus familier et plus libre. Quand le graveur exécutai) lui-même son coin, il

ne pouvait songer à multiplier les v. Pkteh. — Pierre Puvis de Chavannes

détails comme le lui permet aujourd'hui la réduction à la machine. Mais il n'en es! pas moins certain

LA GR-AVURE EN MEDAILLES

qu'avec son tempérament et son goût de peintre, M. Roty a vraiment créé la « médaille pittoresque ».

M. Ponscarme, nous l'avons remarqué, avait préparé la voie : il avait supprimé le listel, inventé îles dispositions et îles caractères nouveaux pour les légendes, adouci la saillie de la gravure, donné une patine semblable au champ el aux reliefs. La médaille était donc à jamais libérée de bien des conventions de forme, quand M. Roty s'en empara pour y faire tenir les rêves et les émotions que suggérait à son abondante imagination le spectacle de la vie. Il poussa l'innovation plus loin que ne l'avait fait M. Ponscarme. 11 varia encore davantage l'apparence de la médaille ou de la plaquette; il distribua les légendes avec plus de liberté parmi les décorations et les fleurs. Dédaigneux des symétries de jadis, il fit de son art quelque chose de souple, de vivant, d'infiniment divers.

En effet il ne s'est pas contenté d'être le témoin éloquent des grands événements de la vie publique, de raconter les deuils 'Funérailles deCarnot ou les espoirs (revers de Patria non immemor) de la nation française. Il a voulu aussi commémorer les événements et les joies de la vie privée (médaille de baptême : Maternité ; médaille de mariage ; plaquette à ses amis : In labore quies . lia, par des allégories charmantes, célébré îles anniversaires [La jeunesse française présentant ses hommages à Chevreul), des industries (Le cinquantenaire de la maison Christofle), des prisons (plaquette de Ylnaaguration des prisons de Fresncs), des remèdes plaquette du vin Mariani), etc.

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l/AKT A L'EXPOSITION DE 1000

Il a enfin voulu que la médaille répondît désormais à l'admirable définition que Taine a donnée de louf art, qu'elle fût, à la l'ois « supérieure et populaire ». Exprimer par quelques reliefs sur une rondelle ou sur un petit rectangle de métal des choses aussi diverses que seuls les peintres semblaient jusqu'ici capables d'évoquer, c'étail une entreprise pleine de dangers. M. Roly l'a exécutée avec un bonheur prodigieux, parce que son talent avait des

Michel Cazin. — L'ohphelin

VI DES AIITS

ressources infinies, parce qu'une forte éducation classique le mettait en garde contre les témérités trop scabreuses, parce que son goût était d'une finesse incroyable, et surtout pane que, même dans ses recherches les plus hardies, il demeurait fidèle aux vertus théologales du médailleur : la clarté, la précision et la simplicité. Et c'est ainsi qu'il a pu. sur d'étroites plaquettes, par la seule inégalité de quelques saillies à peine accusées, évoquer Versailles ou Athènes, donner l'impression d'un jardin, d'une cour de ferme, d'un port, des quais de la Seine, etc.. Avant lui, qui donc eût jugé possible un pareil tour

de lorec ->.

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Et eel artiste si parfaitement maître de son métier, doué d'une imagination si délicate et si élégante, possède en même temps une sensibilité profonde. On ne peut pas se soustraire au charme tendre et mélancolique de sa Maternité, ni à la tristesse poignante de ces Femmes voilées qui portent Le cercueil du Président Carnot.

Autour de MM. Ghaplain et llolv s'esl formée en

A. IJ'tibel — IIkncii Saintin

A. Charpbktikr. — M1'" Chaupentiek

France une très remarquable école de médailleurs. Ses œuvres sont exposées dans les cadres de la Décennale.

Il faut mettre à part Daniel Dupuis qui est mort prématurément l'an dernier. 11 a'avail ni la grâce prudhonienne de M. Roty, ni la vigueur pénétrante de M. Chaplain : mais il avait une élégance facile et des trouvailles parfois charmantes dans le choix des détails ou dans la pose des figures.

C'était un improvisateur de grand talent... Mais les lecteurs de la Revue m'en voudraient d'insister sur Daniel Dupuis. après l'article si cha-

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