‹ L'Art a l'Exposition universelle de 1900Chapitre 55 sur 101 · L. Deschamps. — PORTRAITS DE VIEILLARDS · texte numérisé non relu

L. Deschamps. — PORTRAITS DE VIEILLARDS

sur, mais un peu timide, de M. Bottée, la vigueur expressive de M. Patey, les probes effigies de M. Peler, les médailles émouvantes de M. Michel Cazin, les recherches, un peu trop imprécises, mais souvent si heureuses, de M. Alexandre Charpentier : et je serais injuste si je ne citais pas au moins les noms de MM.

Lechevrel. M. Bourgeois, Borrel, Dcvenct, Nocq, Marioton, Coudray, Yencesse, Gilbault, etc.

Après avoir examiné toutes ces médailles et toutes ces plaquettes, on voit que l'impulsion don-

leureux et si complet que lui a consacré naguère M. de Foville.

Je ne puis passer en revue toute l'armée de nos médailleurs. L'illustration d'ailleurs est là pour vous renseigner sur quelques-unes de leurs œuvres.

Je me contenterai de signaler, en passant, les portraits si fins et si précis de M. Mouchon, les compositions ingénieuses de M. II. Dubois, l'élégance parfois mièvre de M. Vernon, le goût

F. Gilbault, — V \\. \i>

LA GRAVURE EN MEDAILLES

née par MM. Roty et Chaplain n'est pas près de se ralentir. Mais on voit aussi qu'un double danger menace en ce moment les médailleurs français.

En ce qui concerne les portraits, nous n'avons rien à craindre ; la tradition, la grande tradition se perpétue ; vous n'avez d'ailleurs qu'à vous reporter aux gravures qui sont ici publiées. Vous reconnaîtrez que, notamment le Rodin et le Puvis de Chavanncs de M. Peter, les Vieillards de M. Deschamps, le petit Jean de M. Nocq, le Sain tin de M. Borrel, Mes parents de M. Patey, sont d'excellents portraits. Mais les compositions imaginées par les graveurs en médailles sont souvent inquiétantes.

Laissons de côté les artistes qui se contentent d'imiter M. Roty et de reproduire presque servilement soit ses dispositions décoratives, soit le type même de ses figures.

Ceux qui cherchent à se composer une originalité sont seuls à nous intéresser. Or, chez ces derniers, il y a une tendance fâcheuse à tomber dans des minuties indignes de la médaille. Ils gravent de grands paysages sans avoir soin de les réduire aux lignes essentielles, et le champ de leurs plaquettes ne présente plus que des guillochages compliqués et confus. Ils oublient aussi que leur art est avant tout un art de synthèse et ils s'amusent à graver de véritables tableaux de genre où chaque accessoire arrête l'œil par des linesses d'exécution, mais dont l'ensemble demeure sans signification précise.

D'autres tombent dans le défaut opposé. Ils conservent à leurs médailles ou à leurs plaquettes un décevant aspect d'ébauche. Ils retournent au médaillon ou au bas-relief, avec ce quelque chose de fruste et d'inachevé qui plaît tant

M. B'Jl'RGEOIS.

J. Behtiiieu

L'ART A L'EXPOSITION DE l'JOO

à l'œil des sculpteurs d'aujourd'hui. Celte sorte d'impressionnisme convient mal à la médaille, œuvre de patiente réflexion et de décision précise.

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