I. E X P 0 S l TIO N li E T ROS PEC T I V E
Coupe en faïence, mut. de Henri II fcolleclion de M. Cu. Mannheïm).
de céramiste : c'est un vase tabulaire, émaillé en jaune et décoré d'une suite d'ar-
catures creusées dans la panse et abritant des saints en demi-relief. Toute une suite
de pots du musée d'Agen et du musée de Reims présentent un vif intérêt par leur étroite analogie, assurément inconsciente , avec des poteries orientales qui furent fabriquées dans tout le bassin extrême de la Méditerranée, en Syrie et dans les îles ; c'est la même terre friable, peu cuite, décorée de motifs très peu précis, dérivés de la (leur, et de tonalités claires, vertes el bleues.
Avec le x\T siècle, nous pouvons rencontrer des analogies très voulues et des influences communes, comme dans ces fragments de plats du musée de Narbonne, à. reflets métalliques, souvenirs des hispano- moresques,
qui, par le décor, ne rappellent nullement la céramique espagnole. Toute uni' suite
de plats très remarquables des musées de Troyes, d'Agen et de Bourges, offre un
procédé de décoration nettement emprunté à l'Italie du xv' siècle, celui de
l'engobe coloré et gravé ; la terre d'un
rouge foncé étant recouverte d'une matière terreuse claire, il est facile, avec tin
grattoir ou un burin, de l'enlever et de
faire réapparaître, selon le dessin que
l'on trace, la couche du fond ; le dessin
se montre ainsi nettement écrit en rouge. Avec le xvtc siècle quelques ateliers
commencent à se différencier un peu
plus les uns des autres, ainsi qu'on peut
s'en convaincre en examinant les poteries
vernissées vertes et ajourées du musée
de Saintes, ou les gourdes d'un si bel
émail, d'un bleu profond, et d'une forme
si robuste, où se modèlent en ferme
relief des ornements, des éeussons. des
armoiries, par lesquelles se distinguèrent
les ateliers du Beauvaisis : signalons les pièces prêtées par M. Raymond Kœehlin,
M. Cit. André elle musée Dubouché, de Limoges.
Plat en faïence de Mme*, xvi" siècle
(collection do M. Sali mil').
L'Exposition rétrospective a pu
grouper six spécimens de celle série si rare el si cotée, dite des Faïences de Henri II, dont on ne connaît qu'une cinquantaine de morceaux existants.
C'est donc un appréciable résultat. ■ L'uned'ellesest sansconteste unedes plus élégantes qu'on connaisse : c'est l'aiguière de la collection Alphonse de Rothschild, dont l'anse est faite d'une souple sirène, et dont la panse, de ton ivoire si fin, s'agrémente d'un mince quadrillé el de masques adroitement rapportés. La coupe de la collection Mannheim est d'une belle architecture, le drageoir de M. le baron Gustave de Rothschild, les salières des collections Alfred André et Oppenheim sont des objets exquis.
La fabrique de Nimes est d'une rareté plus grande- encore el en présenter deux
Plat en faïence de Rouen fond noir, xur siéixe (collection de M. Papillon).
échantillons est chose des plus surprenantes. La gourde de M. le baron Gustave de Rothschild est un objet admirable, d'un émail profond el gras, d'uni' puissante couleur bleue ; le décor de grotesques et d'armoiries rappelle absolument le génie italien ; une inscription et une date « Constanter et Sempre, 1581 » lui donnent un intérêt tout particulier. Une assiette appartenant à M. Salling, de Londres, à médaillons verts et à armoiries, vient nous apporter un élément de curiosité nouveau.
La vitrine consacrée à Bernard Palissy est, comme il convient, riche en admirables épreuves. Presque toutes ont été prêtées à l'Exposition par M. le baron Alphonse de Rothschild, le plat à reptiles à fond blanc crémeux, pièce unique, le plat du Déluge, celui de la Tempérance, el la buire; d'autres appartiennent à M. le baron Gustave de Rothschild, le plat de Briot, épreuve d'une netteté el d'une couleur extraordinaires, le plat île la belle Jardinière, el ce beau
AlGl'lÈHE CASQUE EN FAÏENCE l>F. RoUEN XVII" SIÈCLE
(collection iIl- M. Perrol ■
ANNONCIA'I K)N