RELIEFS MODELÉS DANS LA PATE
iiianufaclun1 de MM. Fisher e( Mie?, à Pirkenhammer, Bohème),
de reliefs modelés librement et à main lovée, qui conservent ainsi toute la saveur du travail de l'artiste.
Il serait injuste de ne pas citer dans la Hongrie la manufacture deHérend.
Fondée en 1839, elle faisait autrefois ces imitations absolument parfaites des porcelainede Chine, de Sèvres et de Saxe que Brongniart mentionne avec éloge dans son Traité des Arts céramiques et qu'admiraient si fortement Thiers et Ilumboldt. Le directeur actuel de cette fabrique, RI. Fisher, qui est même son principal artiste et praticien, a exposé des vases en pâte colorée.
décorés de branches et de feuilles en relief blanc ou en couleur, d'une très bonne fabrication et d'un goût parfait.
Russie. — L'exposition de la manufacture impériale de Saint- Pétersbourg ne comprend que quelques pièces de grand feu, qui prouvent qui1 1rs anciens procédés de peinture, les imitalions des vases de Sèvres à cartels de figures pendant si longtemps m faveur en Russie, son!
bien près d'être abandonné'-. La plupart de ces pièces nous montrent l'influence de la porcelaine de Copenhague pour laquelle, on le sait, le Tzar a uni' prédilection assez prononcée; c'est la même matière irréprochable, le même émail -i pur el si limpide, les mêmes colorations douces et harmonieuses. I ne autre imitation, mais moins heureuse, est celle de- pâtes blanches d'application sur fond coloré. Le seul spécimen que nous montre l'exposition actuelle, un vase en pâle bleu foncé, décoré sur sa face antérieure
V w: AI \ GEAIS, DÉCORATION" AI" GRAND VF.V fnrs COUVERTE manufacture <!r MM. Ki-I.er cl Mio;,à Pirkenhaminer, Bohême .
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d'une ligure de femme et, sur l'épaulement et à la base, d'ornements de rocailles en relief découpé, ne nous paraît pas très réussi, le camaïeu obtenu par la transparence trop accentuée du bleu du fond sur la pâte blanche produisant un effet absolument faux.
Quant à l'importante manufacture Kousnetzoff, de Moscou, ses directeurs ne semblent pas se préoccuper beaucoup de l'application des procédés nouveaux; leur exposition de porcelaines ne nous montre guère, comme par le passé, que des services à thé aux formes géométriques, à décor polychrome etor, imité des dessins des broderies et des émaux byzantins, ou, encore des copies presque
Les CH.VTS, l)K :iiii VI' URAND PEU surs COUVERTE (manufacture royale de Copenhague).
Vase en por '.ki. vin;:, pond
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Copenhague .
[idoles des porcelaines françaises du temps de Louis- Philippe.
Danemark, Suède. — Il est bien difficile de dire sur la « porcelaine de I !openhague » quelque chose de nouveau. Depuis son apparition en ÎKN'.I, toutes les revues d'art, tous les journaux du monde entier en ont l'ail l'éloge et ont exalté, comme elle mérite
porte, en tout cas. si pas toul à fait juste, el
de l'être, cette porcelaine si pure, si fine et d'un art si particulier et si captivant. Cette année, devant les vitrines où la foule se presse, charmée comme il y a dix ans, quelques esprits moroses ou envieux ne manquent pas dédire avec un air de dédain : <> En résumé, c'est toujours la même note! » Qu'im-
la note est jolie ! Mais, en réalité, la remarque n'est a production de Copenhague, si clic ne s'est pas sensiblement modifiée, s'est un peu augmentée. Sans parler des couvertes colorées et craquelées sur fonds unis qui donnent des résultais si nouveaux et si inattendus, la décoration proprement dite a fait de sensibles progrès: les artistes, plus maîtres de leur palette qui elle-même s'est enrichie, plus familiarisés avec l'emploi des couleurs, ont pu donner plus de développement à leurs compositions, ont trouvé pour les exécuter des ressources et des facilités qui leur manquaient autrefois, et ont ainsi obtenu des effets d'une délicatesse et d'un charme inexprimables ou d'une poésie pénétrante.
Nous avons protesté en commençant celle étude contre l'assimilation que l'on avait voulu établir entre la porcelaine de Copenhague et le mouvement de rénovation qui s'est produit dans la décoration de la porcelaine française. mais ce qu'il est impossible de nier, c'est l'influence que cette porcelaine a exercée sur les fabriques des pays du Nord.
\ Copenhague même, la manufacture de MM. Binget GrOndhahl, fondée en 1853, a subi celle influence; en parlant ainsi, nous ne voulons pas dire qu'elle ait cherché à imiter la fabrique royale, bien loin de là. Elle ne l'a pas copiée, mais (die a créé, avec cette même matière si pure el si fine qui semble due à la qualité toute spéciale des l'eldspalbs du Nord, un genre à côté. Aucune
.] IRUINIÈKE EN PORCELAINE manufacture de MM. Bing ri Grôudhalil, à Copenhague
LA ÏKIUiK
comparaison cependant ne saurait être établie, on thèse générale, entre les produits îles deux manufactures; autant les premiers sont d'un art aimable et gracieux, autant les autres sont généralement d'un style sévère, parfois même brutal, mais non sans caractère et sans grandeur. La place nous manque pour les étudier ici connue ils le mériteraient et nous devons laisser à la gravure le soin de montrer la différence qui existe entre ces deux manifesta lions d'art, malgré leur commune origine.
Les porcelaines de Rorstrand (Stockholm) se rapprochent davantage de celles île l'ancienne manufacture de Copenhague par la simplicité et le
charme de leur décoration, la délicatesse de leurs reliefs modelés dans la pâte même et les Ions lins, notamment les roses gris et les mauves pales de leur coloration.
Hollande. — Il nous reste à mentionner les porcelaines, paraissant pour la première fois dans une exposition, de la manufacture de Rozenburg, à La Haye, déjà connue par ses faïences. D'une composition toute Vase, dbcob sols couverte spéciale, mais cependant à base de kaolin, ces porce- <— **" * ,l°""lk"- laines, d'une minceur et d'une légèreté incroyables.
a La Haye). c* J
ont un caractère de décoration assez étrange qui rappelle par certains côtés l'art japonais et dont l'exécution, d'une facture par-
Croissance {porcelaine de MM, Bing et GrSndhaliï, à Copenhague).
:iis L'AUT A L'EXPOSITION DE 1900
ticulièi'e, tic manque ni de charme ni d'originalité. Il est à regretter toutefois que certains vases et. surtout, les « bouchons » qui leur servent dé couvercles affectent parfois des formes aussi bizarres.
Italie. -- Ici, comme à Meissen, nous ne pouvons que regretter l'absence do toute personnalité et de toute tentative pour faire «lu nouveau et sortir
Pl.VT, nÉr.OR suis COUVERT manufacture de Rozonburg, à La Havo.
îles sentiers depuis si longtemps battus. Certes, il es! bon de respecter et d'admirer les œuvres que nous onl laissées nos devanciers, mais cela ne devrail pas aller, comme l'ont fait les directeurs de la manufacture de Florence, jusqu'à refaire, en se servant des anciens moules dont ils se sont rendus acquéreurs, les porcelaines — qui n'ont cependant rien de remarquable, - des anciens ateliers de Capo-di-Monte. Ce sont des choses qui prêtent trop au (i truquage » cl qu il faul laisser aux fabricants de « vieux-neuf ».
LA TERlîE