I - i"?v ïr -^«s
3Hr ^
Il pTp^j
ïSfei
îmm
r- "? Ve'
"'■ y--Ss%$ïr.'''
^r/hr-V"*
b'ffc+iz" ■•a
'■ " '*+•?. fr>'y^:
^'fP/
rv^
Wj.ï£
Relu i:;; ni: Mekciei) srn ■■ Paysages parisiens » (doublure).
d'une exécution plus ou moins estimable et d'une conception plus ou moins pure — vers le décor « parlant ». c'ést-à-dire approprié au sujet du livre. Vitrine des excès de la reliure parlante et symbolique; illustrations enfantines en maroquin, anecdotes racontées sur la couverture du livre, reliurestableaux. Vitrine des cuirs incisés et dés cuir- ciselés. Enfin vitrine d'Henri
.Marins Michel, du Marins de jadis, jeune relieur inquiet s'eflbreant de renouveler le décor par la flore ornementale, et, influencé par le xvic et par Rossigneux, arrivant à des compositions de plus en plus remarquables qui, à l'Exposition de 188'.*, le niellent (en mémo temps que Cuzin) à la médaille d'honneur. Et ici. il n'y avait plus qu'à enchaîner avec l'exposition décennale... Oui. Mais faites donc du xixc siècle avec des amateurs rétrospectifs qui n'y croient point, et n'ont qu'une seule idée : remontrer une fois de plus et hors de propos le xvi'\ remontrer Le Gascon, remontrer Padeloup !
Quand on en vint à répartir les espaces à attribuer, pour la reliure, aux différents siècles, un bibliophile <> très pur » s'écria d'un ton de dédain : Pour le dix-neuvième siècle, soixante centimètres c'est assez.
Aussitôt l'on dérailla dans la mégalomanie des projets. Comme le grenadier Flambeau de l'Aiglon, on lil «du luxe». La rétrospective se sépara de la décennale ; la tricentennale de la reliure se mit sous un même bail avec la quadricentennale du livre et de la vignette, la bicentennale de l'affiche, la centennale bis de la lithographie, etc. El les beaux plans sur le papier, se réduisirent, en fait, étonnamment. Se procurer l'équivalent de la galerie mazarine ! chimère. Avec un zèle absolu, des organisateurs dévoués draguèrent les fonds appauvris : ils ne purent ramener ni les grands « seizièmes ». ni les grands Le Gascon, ni les mosaïques de Padeloup à trente mille francs la pièce, d'abord parce que les collectionneurs deviennent récalcitrants au prêt, et surtout parce que — axiome — : depuis l'exposition de 1889. la difficulté de réunir une exposition rétrospective quelconque a décuplé. C'est la lin !
Et l'exposition rétrospective de la reliure, bien qu'estimable et contenant quelques curiosités, ne fui, ni assez éclatante pour arrêter le regard des foules, ni assez originale pour émouvoir les bibliophiles. Venons à la décennale.
On dit couramment que pour la gloire de la reliure, il suffit d'avoir un relieur à la fois. Présentement nous en avons dix, et ils ne suffisent pas. Et toujours, dans leurs ateliers, sont en confection des reliures de mille, deux mille francs et plus. El toujours sur des livres contemporains. C'est le retour au vrai principe : le livre d'un temps dans la reliure de son temps (La reliure à décor copié de l'ancien ne l'ut, en somme, qu'un long accident, nécessaire dans notre xixc siècle de la curiosité el du collectionnisme rétrospectif). Et invariablement sur des livres contemporains illustrés.
I,A RELlUKIî
Depuis ISS'.), l'activité de la reliure d'arl a quintuplé. Voilà le l'ail décisif.
L'Exposition de 1900 met au comble de la gloire Marins Michel. Sa vitrine est une réunion de morceaux les [dus précieux, Le Passant , La Vie rustique, Mireille, Les Nuit*, Les Ballades de I Mon, Pari* qui consomme, Paysages parisiens, Pastels, etc., montrés en partie déjà à ces Salons du (Jhamp-de-Mars qui furenl si bienfaisants aux objets d'art. Toul a été dit alors sur l'harmonieux contraste des tons de maroquin amoureusement choisis, toujours dans la noie un peu grave. Tout a été dit sur l'élégance des décors admirablement proportionnés, établis sur des données géométriques certaines, el empruntés à la ilore ornementale, qui va de la rose el de l'œillet au chèvrefeuille el à l'orchidée ; d'un art absolument nouveau, sans être de « l'Art Nouveau » ou du « modem style » dont Marins, en pur Français qu'il est, a horreur; d'un art jamais maladif surtout, et absolument sain. On a dit de Marins qu'il était le relieur le plus intéressant que nous ayons eu depuis la Renaissance. Grand prix pour la seconde l'ois, il vient d'être l'ait chevalier de la Lésion d'honneur, tardivement, car dans la reliure d'art une croix est autrement difficile à emporter que dans le biscuit mi le cirage. Décoré à temps, il eut été officier aujourd'hui, connue Lalique. FI il eùl dégagé, pour la croix de chevalier. Mercier.
Marins représente un art personnel. Mais il y a en France une reliure traditionnelle, à filets, à fers, à dorures brillantes, à mosaïque finement sertie. Cette reliure est aujourd'hui représentée par un homme d'en goût élégant et sûr, et d'une habileté de main prestigieuse : Mercier, qui a
fÎKi.ii iif. i.f. Mercier sua « Un Cœrn simple » [doublure .
:,ik, [/ART A L'EXPOSITION DE 1900
obtenu son grand prix. En fait, il est le successeur lointain des Eve et de Le Gascon, et le successeur immédiat de Cuzin. qui remplaça Trautz, lequel succéda à Banzonnet, qui succéda à Purgold. Les reliures de Mercier sur Le Chevalier de Maison-Rouge, Pastels. Le Roi Candauie, Les Contes Rémois, Les Nuits à Paris, Lorenzaccio, Cœur sim/ile, La I te des Boulevards t etc., sont des joyaux scintillants, des objets précieux à toucher, et que le bibliophile s'enorgueillit de posséder et se délecte à regarder et à manier. Les Valois, jadis, les eussent recherchés, [mur alterner dans leurs bibliothèques avec les grands morceaux de Marius. Aujourd'hui les Valois s'appellent Lacroix-Laval, Girard, Villebeuf, de Marsay. ['radeau, Bcrderel, Villa, Spenser, Bordes, Vauthier, de Montgermont, Barthou, Claude-Lafonlàine. etc., etc. Une sorte de ( irolier à cent tôles.
Derrière Marins et Mercier, ces deux grands protagonistes, Pelrus Buban (médaille d'or est tenu en haute estime. Idées un peu moins spontanées, travail fin et serré : il vient d'exécuter, pour le Musée des Arts décoratifs, un 1res beau buvardà Heurs jaunes sur fond vert. I n petit volume de sa vitrine renouvelle très heureusement le décor à répétition, par l'emploi du myosotis. — Canapé, en 1res grand progrès, envoie de remarquables reliures sur Nausikaa, Usée, Antar, Hérodias et la Prière sur l'Acropole ; par les litres des livres on devine la fantaisie et la variété des décors. - Chambollc, Magnin de Lyon . David. Bretault, sont des relieurs tout prêts à rendre à la bibliophilie de précieux services. - Le sympathique président de la chambre syndicale. Léon Grue], fait des infidélités à sos livres d'Heures cl évolue vers la reliure des livres de bibliophilie; exemple : un 1res heureux décor sur Fleurs de Cyclamen. Voici donc un atelier célèbre à la disposition des bibliophiles : ressource infiniment précieuse. Gruel expose aussi toute une série de cuirs incisés, très fins Mais des cuirs incisés, des cuirs ciselés, nous n'avons pas à parler. Ce n'est pas de la reliure, c'est de l'objet indépendant encastré dans la reliure. Dè? lors relevant d'une critique spéciale .
On pourrait citer encore d'autres noms. Cuzin lils. qui n'expose pas. Elc.
Un relieur a refusé de figurera l'Universelle, pour ouvrir chez lui. dans son magasin du boulevard Malesherbes, une 1res remarquable exposition de plus de cent reliures. Devons-nous omettre Meunier, parce que l'Exposition universelle étant une bataille, il n'a pas marché au canon? Mais il répond : « Le diplôme de grand prix seul vaut, et je n'étais pas en mesure de
LA UELIl'HF,
l'obtenir ». Humilité non sans orgueil. El il ajoute : « Pourquoi voulez-vous que je donne sept cent cinquante francs par mètre pour exposer des reliures dans des vitrines perdues au milieu de la classe des livres brochés, tuées par ce milieu glacial de blanc et noir qui éloigne le visiteur? Les jours où il y a quatre cent mille personnes à l'Exposition, on en trouve deux devant la reliure, et encore ce sont des relieurs ! »
Reliure de Iïi m w saïque a répétition .
La vérité est que la reliure d'art, qui a été cruellement isolée et délaissée dans l'Exposition (si encore on en avait formé, dans le salon de repos de la classe, un seul fond flamboyant !) a droit désormais de constituer sinon une classe, du moins une section spéciale. Elle a droit d'être exposée, comme au Champ de Mars, dans le chaud milieu des objets d'art. Ou tout au moins avec l'orfèvrerie...
Non, gardons-nous d'omettre Meunier, relieur de grand avenir et de remarquable présent, d'une fécondité d'idées extrême ; et qui s'explique
parce l'ait, caractéristique de notre temps, qu'aujourd'hui un décor ne sert presque jamais qu'une fuis, el que sur chaque volume le bibliophile exige un décor inédit ! Sur les cent reliures exposées par Meunier, un bon tiers sont de valeur, surtoui les plus tranquilles d'idées : les décors extérieurs symétriques et les doublures traitées en mosaïque à répétition. Car aujourd'hui on veut aussi tout en mosaïque. Il y a. chez les bibliophiles, une sorte de frénésie bibliopégique qu'aucun temps n'avait encore connue.
En résumé :
Au xvi" les entrelacs-arabesques îles grands artistes inconnus. A la fin du xvie les compartiments des Eve, plus ou moins remplis les fanfares . Au xvne les subtils pointillés de Le Gascon. Au xvinf' les mosaïques de Padeloup et de Monnier, a répétition, ou inspirées de la faïence de Rouen; les riches dentelles Pompadour inspirées delà serrurerie: les admirables plaques Louis XV. Au xix' le matériel de fers de l'Empire el de la Restauration : les filets xix . la série des dorures extraordinaires, puis les recherches fiévreuses de nouveau. Au commencement du xx . le style établi, dans sa prodigieuse variété, de la reliure à flore ornementale.
II ex ni BERALDI.
Reliure i>e Meckjek