‹ L'art à Paris (volume 2)Chapitre 21 sur 51 · conoscendo loro essere più atti di tutti gli altri po · texte numérisé non relu

conoscendo loro essere più atti di tutti gli altri po

tentati a metterla in uso. »

Galileo, Lettere.

LA PEINTURE

une composition du maître que je viens de nommer tout à l’heure, assez connue grâce aux estampes, rend fort bien par son faire vigoureusement et dédaigneusement brossé, ces luttes magnanimes de tous les jours. Les cieux gris, les nuages bas, les parcs aux troupeaux de M. Mauve, gisant au milieu des neiges, les rues, les barrières tristement silencieuses, qui, dans les toiles de M. Klinkenberg, se reflètent immobiles et semblables à des ouvrages de marqueterie dans les eaux, répondent à la même inspiration. La tristesse des gens laborieux n’est point, du reste, sans consolations; et lorsque le rideau des nuages, s’enroulant comme la toile d’un décor, découvre tout au fond un lambeau de ciel pâle, les villes reprennent, comme la vieille Leyde dans le tableau de M. Backuyzen, quelque chose de cette douce quiétude que l’homonyme célèbre du peintre contemporain savait répandre dans ses œuvres; il y a encore quelque chose de l’ancien charme dans la membrure puissante des grands arbres, et dans les grandes feuillées, sous lesquelles M. Roelofs nous convie à goûter un peu de repos ; dans les grandes étendues des polders , que développe à nos yeux M. Stortenbecker ; dans ces plaines immenses n'ayant pour tout plan que quelques moulins, pour toute population que quelques grands bœufs errants et rêveurs.

La vie domestique s’est, elle aussi, quelque peu assombrie, si je ne me trompe; à bien chercher, cependant, l’intimité casanière n'a jamais cessé II. 8

l’art a paris.

d’être cordiale, et elle console de beaucoup d’afflictions. Les ripailles , et les ribotes d'ivrognes à la Ostade sont clairsemées à l’heure qu’il est, et nous ne regrettons guère de n’en trouver plus qu’un écho chez M. Ten-Kate; mais ces chambres proprettes et lustrées, aux vaisselles reluisantes, aux tapis bigarrés, aux petits et précieux miroirs de Venise encadrés d’ébène, avec lesquelles nous avons depuis si longtemps lié connaissance, voient toujours les bonnes mamans s’extasier devant leurs marmots, et les bourgeois obèses couver la volupté des lentes digestions au milieu de la fumée des pipes, entre les miaulements de quelque clarinette et les ronflements apaisés d’une paire de violes d’amour et de contrebasses.

Tout cela sent un peu, si l’on veut, la réminiscence de cantilènes usées, de variations épuisées; il y aurait injustice cependant à nier que la finesse de l’observation ne s’exerce aussi sur un monde plus exactement contemporain et plus vivant. Et, pour trouver ce monde-là, il faut descendre, il faut se mêler aux classes populaires. C’est au milieu de celles-ci qu’on parvient à saisir un pittoresque moins fruste. Quelqu’un qui sait évidemment le saisir est M. Bishop, lorsqu’il nous montre dans la boutique du fabricant de patins ces belles Frisonnes, si bien peintes déjà parla plume de M. De Amicis, « grandes détaillé, larges d’épaules, blondes, blanches, droites comme d’anciennes prêtresses.... » toutes à casque d’or ou à casque d’argent... « ce qui donne à leurs vi-

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sages des reflets blancs et azurés d’une délicatesse inexprimable1. » C’est aussi au beau milieu du peuple que M. Mélis a vu ce dimanche honnêtement sanctifié s’il en fut, auquel il nous fait assister; une paisible lecture de la Bible faite par le vieux grand-père avec une édification inénarrable, tandis que grand-maman sommeille, que les enfants font par terre la dînette, et qu’une jeune, allègre et robuste ménagère se retourne pour veiller sur toute la nichée, sans préjudice du marmot pendu à son cou, qui ne perd point de temps et fait preuve d’un vaillant appétit : deux vertus qui vont en faire, en temps et lieu, la fleur des Hollandais.

On serait ici tenté de répéter, d’après les prédications de la démocratie franciscaine, que l’intensité de la lumière intérieure croît à mesure que l’on renonce à tout bien extérieur. Le plus touchant en effet, et le plus puissant des peintres hollandais n’est autre que celui qui descend le plus bas, celui qui se mêle aux plus pauvres. Rude et sombre tel qu’il est, M. lsraëls me paraît être le seul entre tous qui puisse se dire de la famille de Rembrandt. Il peint des plages tristes, avec quelque vieille barque de pêcheurs échouée à sec, et une masse de pauvres à l’entour demandant l’aumône, et les pauvres pêcheurs faisant l’aumône de bon cœur à ce prochain plus pauvre qu’eux. Il peint aussi des intérieurs de vieilles masures sombres, rien qu’avec quelques tisons agonisant parmi les

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