‹ L'art à Paris (volume 2)Chapitre 40 sur 51 · Dante, Le Paradis · texte numérisé non relu

Dante, Le Paradis

valeur que la corolle d’une rose. Voyez, par exemple , le Choix du modèle . Cette salle du palais Colonna, où le peintre a placé la scène, est toute onyx, opale et joyaux. Mais parmi ces étincelants accessoires, n’y en a-t-il pas plus d’un qui vous captive plus que Y accessoire vivant? Et ces professeurs, ou amateurs à votre gré, rangés en demi-cercle à titre de consultation, ne vous laissent-ils point cette impression au fond, que le peintre se soit beaucoup plus soucié d’assortir les satins et les brocarts de leurs habits que d’analyser leurs têtes et leurs cerveaux ?

« La lumière uuiverselle de l’air en campagne » — j’en reviens aux propres paroles de Léonard — paraît être devenue pour cette génération de peintres l’objectif unique vers lequel ils font converger toutes leurs facultés si puissantes. Et, certes, ils ont contribué à assurer un progrès technique considérable, en tâchant de faire disparaître cet abus fort répandu qui consiste à transporter à ciel ouvert les effets pris sous la lumière close de l’atelier, « a un lume particolare nella casa » , erreur que Léonard lui-même condamnait L Mais je pense qu’ils réduisent l’art à un rôle par trop borné, et qu’ils imposent des limites par trop étroites à l’ambition même de leurs nobles talents, en se contentant de cette seule victoire. Et ceci me semble devoir s’appliquer surtout aux compositions de figures, devant lesquelles un champ si vaste est

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