Trattato délia pittura
féminines, qu’elles tous font penser à Yewige iveibliches de Goethe ; aux grâces d’Hélène et aux embûches félines du Sphinx.
Une bizarrerie éloquente du hasard avait mis la salle espagnole à deux pas de la salle autrichienne ; elle l’avait placée tout en face de ce Gharles- Quint de M. Makart, qui, dans toute la splendeur de son faste, paraissait chevaucher en vain, à la tête de son impérial cortège, vers les portes d’un royaume ne lui appartenant plus, et s’épuiser en efforts inutiles pour sortir de la pénombre au grand jour. En effet, quelque magnifique qu’elle soit, la peinture de M. Makart a jailli tout entière de la tradition et de la doctrine; elle s’aide de valeurs très-intenses sur les premiers plans, de tons roussis et fauves, de copieux frottis de bitume, de tous les expédients enfin qui assurent, par le sacrifice des lumières éparses, une harmonie savamment pondérée et préétablie. 1/aspect de la salle espagnole était, par contre, presque aussi clair, dans son ensemble, que le sont les objets à ciel ouvert ; on y respirait comme une brise matinale, comme un souffle de printemps, comme une atmosphère à grands courants libres; on aurait dit qu’à peine réveillée d’un long et pénible cauchemar, la jeune Espagne venait de se frotter les yeux, de refouler dans les ombres profondes de l’oubli les fantômes encapuchonnés de la Sainte- Hermandad, et de courir au jardin, y prendre avec délices un bain de rosée. C’était absolument comme si onia voyait folâtrer au premier sourire
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de l’aube, s'enivrant de lumière et de parfums parmi les orangers en fleur et les blancs magnolias, et revenant, pareille à une belle relapse andalouse, à ses premières amours mauresques, aux joyeux: embrassements de ce monde riant, échappé tout à l’heure à ses proscripteurs. N’étaitce pas l’Espagne meme, en effet, que cette charmante Zaïda de M. Casado, fleur vivante parmi les fleurs, qui, du fond de son nid de plumes, de tapis et de pierreries, nous regardait de ses grands yeux noirs, pleins d'amour? Désormais, Y ange déchu n’est pas ce qui l’effraie. On dirait même que c’est là un thème sur lequel elle aime à revenir. M. Bellver en avait fait un groupe, M. Pescador en a fait à son tour un tableau. Et puisque Lucifer s’est fait chasser du ciel et que le ciel est perdu, eli bien ! vive désormais en ce bas-monde la lumière, la joie et la liberté ! Le chœur de don Juan paraît retentir ici de tous côtés; le ressort trop longtemps comprimé se détend et part comme un trait.
Je ne prétends guère affirmer que rien ne reste, en Espagne, de la peinture sévère et sombre à la manière d’autrefois, ni que ce qui en reste ne soit pas digne de mention et d’éloge. De même qu’on voit au matin les vapeurs de la nuit planer encore suspendues en bandes longues et former un pavillon de pourpre au soleil qui se lève, de même les restes de l’ancienne tradition planent encore, nuages sombres, sur la peinture espagnole ; mais déjà les bords en sont frangés de lumière, déjà ils se dorent d’un reflet d’aurore. Au Champ-de-Mars, II. 17
M. Dominguez par une Mort de Sénèque , et M. Rosales par un Serment de Brutus (martelé d’une brosse si rapide qu’on le dirait plutôt ébauché qu'achevé, et qui a dû être en effet interrompu par la mort du regretté maître) rappelaient les vigueurs et les ténèbres de la vieille école ; mais la pensée des temps nouveaux n’en éclatait pas moins dans le choix même du sujet. On comptait aussi, parmi les jeunes, deux artistes d’un talent hors ligne, à qui il avait pris fantaisie de nous raconter les funérailles d’un saint et d’un roi; mais dans leurs grandes toiles, sans contredit des plus considérables et des plus dignes de remarque, il était impossible de ne pas être frappé tout d’abord de l’énorme distance entre l’interprétation nouvelle qu’ils avaient adoptée et celle qui leur aurait été imposée de gré ou de force, il y a cent ans. C'était la critique de l’histoire supplantantla liturgie ; entre les deux, il y avait place pour une Révolution.
Dans le tableau de M. Ferrant, l’un des deux peintres auxquels je viens de faire allusion, nous assistons, en effet, aux obsèques de saint Sébastien , de ce capitaine du Prétoire, que, d’après les traditions de l’Eglise, on nous a accoutumés à voir transpercé par les flèches des soldats mauritaniens. On sait qu’il ne survécut à ce premier martyre que pour défier encore, avec le zèle ardent d’un héros de la foi, la colère de l'Empereur, et pour aller mourir sous les verges du bourreau. C’est du cloaque du Cirque que de pieuses femmes enlèvent son corps, pour lui rendre les derniers de-
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voirs; la sccne est solennelle, triste et noble ; mais l’exégèse est tout à fait moderne. Sans prétendre entrer dans les intentions de l’artiste, il est permis de dire que ce n’est pas une légende des hagiographes, mais un épisode d’histoire laïque qu’il nous donne; et que le sentiment qui respire dans son œuvre est ce même sentiment humain qu’exhalent les pages admirables, si éloquentes et si vraies, si philosophiques et si suaves, du plus récent historien du christianisme.
M. Pradilla à son tour paraît avoir été dirigé, sciemment ou non, peu importe, par une intuition toute critique et toute moderne de l’histoire, dans la composition de sa grande scène funèbre, où les dehors pompeux de la royauté et le rituel liturgique, loin de former l'objectif final, ne sont destinés qu’à faire ressortir l’élément humain, intime, physiologique du drame. Au fait, un drame plus complexe et plus profond ne pourrait pas aisément s’exhumer de toute l’histoire espagnole. Etrange sort que celui de cette monarchie tragique et superbe ! A peine sortie de l’alliance de deux ambitions fortunées, auxquelles Gonsalve fait cadeau d’un royaume et Christophe Colomb d’un monde, elle retombe aussitôt, comme épuisée par l’effort, aux mains d’une folle et d’un débauché ; de ce Philippe d’Autriche, qui meurt à vingt-huit ans des suites de son libertinage, et de cette Jeanne, qui, tout aussi éprise de lui qu’il est ennuyé d’elle, se cramponne à sa bière comme une touffe de lierre à une ruine. Misérable mariage de deux
infirmités, d’où vient de sortir le rejeton royal qui est destiné à dominer sur les deux hémisphères, et à finir ses jours sous le froc des moines de Yuste, lipémaniaque comme sa mère. Je suis loin d’aftirmer que tout ceci se lise à livre ouvert dans le tableau de M. Pradilla; mais on peut le deviner ; tout cela tient en manière d’épitome dans la scène même qu’il nous met sous les yeux ; scène si profondément triste, et cependant si exempte de toute déclamation de rhéteur.
Cette étape d’un convoi à ciel ouvert, du convoi que la folle, la loca> comme on l’appelle déjà, entraîne à sa suite, somptueuse et lamentable odyssée, à travers son propre royaume ; cette bière posée à terre, à laquelle le faste héraldique des blasons paraît disputer jusqu’à la paix des trépassés ; ces torches qui brûlent à Tentour; cette raide et pâle figure de femme, au visage défait et aux yeux secs, qui s’est plantée là tout auprès, comme la statue de la douleur; cet horizon gris, cette végétation rabougrie, cette bise de décembre , qui engourdit les membres et serre le cœur ; ces prières psalmodiées à voix basse par les moines, avec le murmure égal, monotone, inconscient, du moulin à prières ; ces caméristes accroupies parterre, qui ont froid avant tout, et qui dégourdissent leurs mains à un grand feu de sarments ; ces groupes épars, muets, sourcilleux, de grandes et de hidalgos; — tout cela ne vous donne pas seulement une impression profonde, mais aussi une grande envie de vous recueillir et de rêver. Et les qualités plus proprement techniques,
une composition naturelle, un coloris robuste et fin, un dessin sûr, une rare largeur de pinceau, concourent à faire de cette toile quelque chose de plus qu’un beau tableau et qu’une promesse splendide. Elle est la preuve irrécusable d’une direction d’ctudes excellente, d’une greffe heureuse de la pensée moderne sur la bonne souche des anciens maîtres.
Lorsque les artistes espagnols se retournent pour interroger le passé, ils cherchent volontiers dans l’histoire de leur pays des prétextes à de vigoureux effets pittoresques ; et rien n’v prête plus que les brillants et caractéristiques costumes du quinzième et du seizième siècle. Mais à l’effet ils allient volontiers une idée ; et l’on est heureux d'en rencontrer quelqu’un qui se prend à raconter les résistances audacieuses des bourgeoisies au bon plaisir des princes, comme l’a fait M. Sala avec son Guillen de Vinatea, un défenseur opiniâtre de ces fueros , qui peuvent n’être plus désormais qu’un embarras, mais qui n’en furent pas moins jadis, dans les conditions du pays et de l’époque, un asile précieux de libertés locales. S’il faut tout dire cependant, c’est, plutôt vers l’anecdote et vers Y humour que les artistes modernes se sentent entraînés, en Espagne comme ailleurs ; et ils sont on ne peut plus habiles à en déterrer l’occasion jusqu’au fond des siècles les plus reculés. Personne n’y a mieux réussi que ce pauvre Zamacoïs, enlevé à l’art si prématurément. 11 avait trouvé le moyen de s’égayer même aux dépens de la plus sombre des monarchies ; et avec
ses Fous du roi , soit qu’il les fît s’accroupir comme des gnomes au milieu des splendeurs du palais, soit qu’il envoyât des courtisans plus vils qu’eux se prosterner sur leur passage, il a dit là d’une manière admirable l’éternel couplet que la satire a décoché de tout temps au despotisme.
Rien ne coûte moins d’efforts que de suivre pas à pas cette inclination critique, joyeuse, riante, à demi épicurienne et à demi gouailleuse, où, bien mieux que le Cid Campeador , se sentirait à l’aise el Burlador de Sevilla. D’où commencerait-on, dans la patrie de Cervantes, à berner son prochain , si ce n’est de quelque épisode de Don Quijote ? M. Moreno s’était chargé de nous en mettre en scène un des plus plaisants dans ces gorges brûlantes de la Sierra , où tant d’ eoctranas cosas y raras aventuras arrivèrent au bon chevalier de la Manche ; et l’accent gai, le rire joyeux de la comédie, qui remplit jusqu’aux échos de cette rocheuse et aride Estramadure, paraît descendre avec nous et nous accompagner, de région en région et de siècle en siècle. Aux époquesténébreuses, aux scènes tragiques qui n'abondent que trop dans l'histoire d’Espagne, la peinture espagnole moderne ne s’arrête guère. La période où elle se complaît est la fin du dix-huitième siècle : cette période où le beau monde madrilène, ayant mis bas le masque d’hypocrisie que le règne austère et dévot de Charles III lui avait imposé, se livre à la galanterie avec une licence dont l’exemple descend d’en haut ; cette période où le roi s’oublie dans ses chasses
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sans (in, et c’est Manuel Godoy, le favori de la reine, qui donne le ton aux élégances de la Cour ; et les belles duchesses d’Alba et de Benavente disputent à Marie-Louise le sceptre de la mode, des intrigues et des plaisirs.
C’est là tout un monde d’habits brodés, de perruques à marteaux, de très-innocentes petites épées à la garde d’acier, de dames gracieusement empêtrées dans leurs gaines de satin et de dentelles ; et la note locale est donnée par les pittoresques cuadrillas des corridas de toros , par les espadas , par les banderilleros, parles picadores aux fières allures, aux vestes surchargées de rubans et de paillettes, à la monterilla de velours noir, plantée de travers sur de grandes masses de cheveux bruns, aux hanches puissantes et ceintes de la faja de soie du plus beau cinabre. Cependant, les peintres n’ont garde de nous troubler par les scènes sanglantes du cirque ; ils préfèrent nous montrer, ainsi que M. Casado le fait dans son tableau, le matador après la victoire, faisant hommage de sa bonne lame à la dame de ses pensées, qui, pendant le combat, lui a jeté dans les arènes cette fraîche rose, qu’il presse d’un air si chevaleresque sur son cœur. Même les bons religieux trouvent moyen, cela se voit, de s’accommoder aux douceurs de la vie. Un bon homme de curé à l’immense feutre traditionnel, se laisse fort aisément présenter par M. Gonzales, avec tout le reste du cortège, à une aimaible jeune dame en couches ; et un moine jovial, un fraile de la souche de Folengo ou de Rabelais,
à qui M. Casanova a versé un chocolat délicieux, s’en pâme d’aise, s’étant laissé persuader sans peine par la dialectique du père Hurtado que el chocolaté no quebraiita el ayuno de la Iglesia — liquidnm non rumpit je junium — sous condition, cela va sans dire, et le révérend Père a pris sagement la précaution de l’ajouter, qu’il ne soit pas adultéré par des fèves, des garbanzos ou autres impurs légumes. Il n’y a pas jusqu’à ce pacifique santero, quêtantdans le délicieux petit tableau de M. Gimenes y Aranda parmi les boutiquiers et les chalands du marché de Séville, qui ne fasse plus ample moisson de plaisanteries que de sous, et qui ne s’en trouve pas plus mal.
Une toile assez bizarre de M. Santa Cruz nous fait assister, il est vrai, à une Veillée de mort dans une maison noble; mais la singulière veillée que c’est là ! Les serviteurs en profitent, philosophiquement pour jouer aux cartes, et pour fumer la cigarette, laissant dire l’adage qui prétend que le tabac, les cartes et le reste (tabaco, toros , naipes y vino ) mènent à la perdition. Il y a aussi quelque part (c’est M. Martinez del Rincon qui s’en mêle) unExorcisme ; mais c’est bien là, si je ne me trompe, le dernier des exorcismes et le plus innocent de tous. Que Son Excellence le marquis père, qui semble se désoler si fort de l’état de sa belle enfant endemoniada , veuille bien se rassurer ; la petite n’attend qu’un comte d’Almaviva quelconque, pour être guérie en un clin d’œil. Le médecin de Molière n’hésilerait pas un instant à le lui déclarer : « voilà pourquoi votre fille est muette ».
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Toute cette aimable gaieté, toute cette avenante jeunesse de la moderne école espagnole se résume dans un triumvirat d’artistes, on ne saurait plus joyeux, si malheureusement l’un des trois, qui en était l’étoile, n’eût tout à coup disparu il y a trois ans, au plus fort de son éclat. Qui ne connaît Fortuny? Il a exercé, même chez nous en Italie, un prestige auquel plus d’un maître a cédé pendant quelque temps, et qui parmi les jeunes laisse toujours apercevoir, par une très-vive phosphorescence , les traces de son passage. « Forluny — disait celui-là même qui fut le plus bel espoir de l’école française, M. Régnault, — Fortuny m’ôte le sommeil. » Et en effet son talent pittoresque est vraiment si nouveau, si mobile, si iridescent, il s’assimile tellement toutes les audaces, toutes les surprises et tous les jeux de la lumière, il possède à un degré si élevé le courage de l’évidence et de l’identité, il sait jouir avec une sagacité si épicurienne du spectacle infini du monde, en lui empruntant tout ce qui peut satisfaire les sens — murs incandescents de soleil, potagers grouillants de vie végétative, armes damasquinées, faïences, nacres, et avec cela des Bédouins, des Kabyles, des Berbères, et de jolies petites dames et d’humoristiques maquettes de bibliothécaires, de professeurs et d’académiciens, tous pêle-mêle avec le reste — qu’il n’y a spectateur à la rétine un peu sensible qui ne soit ravi par son charme, et ne soit disposé à le proclamer, sur la première impression de cette grande volupté toute nouvelle, délicieux, unique,
incomparable. Depuis la Fantasia arabe et la Porte de justice de f Alh ambra jusqu’au Mariaye à la VF caria , au Jardin des poètes et au Choix du modèle , Orient et Occident lui font hommage à Terni de toutes les richesses du prisme, de toutes les joies de Tarc-en-ciel. Une chair blonde de femme sur un beau gris de sable, une casaque rouge pâle sur un rouge plus ardent, lui suffisent pour trouver des accords, pour s'en faire et pour en faire à tout le monde une jouissance exquise. Depuis le jour où il prit fantaisie à Rembrandt de peindre un bœuf éventré, depuis surtout que Decamps en eut donné à grignoter les os au chien de son Boucher arabe, plus d’un peintre s’était risqué dans les abattoirs, mais pour n’y recueillir le plus souvent que du dégoût: Fortuny seul se promène avec assurance au milieu même des boucheries algériennes, et il en sort avec une brillante fanfare de couleur.
Cependant, essayez donc de décrire, si vous vous en sentez la force, rien qu’un de ses tableaux. La Vicaria seule peut-être — et c’était justement le seul tableau qui manquât au Champ-de-Mars — la Vicaria seule vous donne, en même temps que la joie des yeux, une intuition claire du lieu, de l’époque, des caractères ; il y a aussi une action simple, intelligible, correcte. Les scènes arabes, qui appartiennent à la première manière, si elles ne parlent pas avec une action, parlent au moins avec une impression franche, celle de la figure humaine prise sur le vif, dans toute sa sincérité, dans toute sa fierté sauvage. Mais, à me-
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sure que vous avancez au milieu des prodiges du caléidoscope fortunyen, à mesure que vous vous laissez entraîner comme l’artiste par les tentations infinies qui assiègent son pinceau et dont pas une ne reste inassouvie, vous voyez la virtuosité prendre de plus en plus le pas sur la conception, traiter de plus en plus cavalièrement et d’un air plus dédaigneux le sujet, et finir par se prendre soi-même pour thème unique, par se mirer, se pavaner, briller et jouir de soi-même. C’est de la sorte, selon Lucrèce, que jouissent les Dieux; et c'est à peu près de la sorte que les théologiens du moyen âge ont cru entrevoir l’Intelligence suprême tournoyant sur elle-même ,
Girando sè sopra sua uiiitate 1 .
Mais est-il loisible à l’art de se mettre au niveau de l’absolu, et de se passer de tout autre but? Je ne le crois pas. Et il me semble que, par bonheur, la raison esthétique se rencontre ici avec la raison morale: car, non seulement il reste quelque chose d’insatisfait au fond de l’âme lorsque la virtuosité de l’artiste ne vous donne que le plaisir exquis des sens ; mais les sens eux-mêmes sont à la longue excédés, fatigués, épuisés par un scintillement perpétuel, ne pardonnant à rien, ne vous épargnant aucun détail, aucune finesse. Vous vous sentez noyer, à la fin, dans une mer de sensations agréables, où l’une cependant efface l’autre, où un visage de femme finit par n’avoir pas plus de