‹ L'art à Paris (volume 2)Chapitre 8 sur 51 · Voir le poème Ahasvérus in Rom · texte numérisé non relu

Voir le poème Ahasvérus in Rom

LA PEINTURE

Rome. Pour ce qui est de M. Kaulbach et de M. Piloty, ils en ont fait le thème de compositions trop compliquées, pour obtenir tout l’effet désirable. Le Néron de M. Kaulbach, dont j’ai eu ailleurs l’occasion de parler l, est plutôt une synthèse philosophique qu’une scène pittoresque ; et les censeurs de cet idéalisme excessif, pourraient, moins respectueux que je ne le suis, appliquer au maître allemand le mot piquant d’un critique de ses compatriotes, M. Gottschall : « Certes, il faut que toute histoire ait une morale, comme tout homme bien élevé a un mouchoir ; mais il ne faut pas que ni mouchoir ni morale traînent hors des poches. » Dans le tableau de M. Pilo ty, Néron couronné de roses, sort de la turre Mæcenatiana pour jouir du spectacle de Rome brûlée et à demi détruite; mais des chrétiens brûlés avec elle, ou mourants parmi les débris, c’est à peine s’il daigne s’apercevoir.

Saisir dans toute son atrocité le supplice des victimes, au point même où il est offert comme jouet à cette peste de Cour, pour me servir des paroles de Racine — et pourquoi ne dirais-je pas aussi à cette peste de plèbe? — qu’étaient les affranchis, les mimes, les bouffons, les bourreaux, les sauteuses et les courtisanes du parricide ; dissimuler cependant autant que faire se pouvait l’horreur du fait dans le tragique des apprêts ; développer au contraire sur la plus large étendue possible ces saturnales d’une luxure fatiguée avant d’être rassasiée, lassaia , nec dwn satiata , d’une intempé-

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