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L'art à Paris

La peinture ne commence d'une manière certaine pour l'histoire, qu'à dater du moyen âge. On a beau se creuser la tête pour deviner d'après les fragments recueillis par les érudits et d'après les amplifications des rhéteurs ce que la peinture des anciens a bien pu être : de débris authentiques il ne nous en reste pas assez pour reconstruire un monde disparu. Les polychromies de l'Orient et de l'ancienne Grèce — cela se voit assez par les monuments — ne dépassèrent pas le rôle d'auxiliaires de l'architecture et de la sculpture. Si d'ailleurs, d'après les produits de la céramique et d'après les peintures décoratives qui sont parvenues jusqu'à nous, il est permis de juger d'ouvrages plus importants, il ne paraît pas que, même aux meilleures

époques et aux mains des artistes les plus célèbres, la peinture ait dû s'écarter beaucoup, dans le monde gréco-romain, des doctrines et des habitudes de la plastique.

Léon Baptiste Alberti, écrivant, comme il dit, sans trop fatiguer sa minerve, di grossa minerva, et ce bon Dati, s'évertuant à parer d'un style plus fleuri les mêmes anecdotes ou à peu près, ont beau nous répéter, sur la foi de Plutarque et de Pline, que Cassandre, « devant la majesté royale du défunt Alexandre » ayant l'air de revenir à la vie dans un portrait, « se prit à trembler de tout son corps ; » ou bien qu'Alexandre-le-Grand lui-même ne put s'empêcher de pâlir et de trembler en face de certain tableau de maître, qui lui rappelait, par l'analogie du sujet, Clitus tué par lui dans un accès de colère x : ces miracles et d'autres de même valeur peuvent fort bien nous plaire dans leur ingénuité, nous pouvons y prendre goût comme à des hommages posthumes rendus par la tradition à la toute-puissance de l'art ; mais nous ne saurions pas aussi aisément les accepter à titre de critérium sérieux, pouvant nous aider à distinguer les tendances de la peinture ancienne d'avec celles de l'ancienne sculpture.

Xénophon, à la vérité, dans un de ses dialogues, nous montre combien elles devaient étroitement tenir l'une à l'autre : car il fait indirectement reprocher par Socrate à Parrhasius que l'ex-

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