S. A. R. le Prince G Salut au printemps
monts verdoient,... les pommiers en fleur exhalent leur parfum.... l — Le fiancé est un alerte garçon; nous lui souhaitons des champs et des prés, des chevaux et des charrues et des forêts magnifiques! La fiancée, elle, est jolie et douce. Nous lui souhaitons des boeufs et des porcs, et des garçons nombreux, grands et robustes 2 »
Mais le sourire se rencontre rarement dans les chants populaires de la Suède, l'accent qui y domine est mâle, rêveur, belliqueux ; et, à son tour, le tableau qui excellait dans l'exposition suédoise était un tableau sérieux, solennel, national. A travers les sommets neigeux et nus qui séparent comme de sombres géants la Norwége de la Suède, M. Cederstrôm nous montrait les officiers de Charles XII, portant sur une litière le cadavre de leur roi, le crâne ouvert par la balle d'un traître. Peinture solide, sincère, sans vulgarité et sans rhétorique, telle vraiment qu'elle convenait à un tel peuple et à un tel roi. N'entendiez-vous point là comme un écho de la vieille marche Dalécar-
lienne ? « Des hommes intrépides, il y en a
encore dans la vieille Suède Encore des voix
des temps reculés y retentissent par monts et par vaux, — tantôt sauvages comme une tempête sur mer, — tantôt douces comme une larme sur un tombeau. — Écoutez, amis, le chant centenaire. — Ecoutez, aimez, apprenez. »