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Les Beaux-Arts en Europe

'2. Trattato délia pittura.

femme couchée du même auteur, ainsi que \&fem?nc au divan de M. Henner, l'auraient pu tout aussi Lien et au même titre, si un air de visage plus éloigné de toute vulgarité eût permis à la rêverie de franchir le temps et l'espace, et d'aller se perdre en des régions poétisées par le prestige de l'éloignement. Où trouver une nudité plus chaste, en effet, que YHamadrijade de M. Hébert, le peintre de la mélancolie suave et rêveuse, l'interprète unique de ce que Heine a appelé la maladie sublime du peuple italien? Nul mieux que lui ne devine qu'au fond de l'âme de toute paysanne du Latium quelque chose remue encore, qui ressemble à un obscur souvenir d'une vie antérieure, à la conscience confuse d'une noblesse consacrée par des siècles d'histoire illustre. Voilà pourquoi l'on trouve, non pas aux nymphes seulement, mais jusqu'aux femmes du peuple de M. Hébert, je ne sais quelle naïve, hautaine et olympique parenté. C'est à ces mêmes causes que la fable grecque, n'en déplaise aux mythophobes irréconciliables, possède encore des charmes que les arts plastiques ne sauraient entièrement répudier, sans renoncer hors de propos à une belle et riche portion de leur patrimoine. Monti, le dernier des classiques, ne pouvait mieux dire, lorsqu'il a célébré cette hypotypôse perpétuelle, celte jeunesse d'imagination à impérissable sourire, mettant au sein de la matière, au sein de la terre et des cieux, un esprit, une pensée, une flammé divine, qui était l'âme du monde :

onde per tutta

La céleste materia e la terrestre Uno spirto, una mente, una divina Fiamma scorrea, che l'aima era del mondo l.

Certes, la fable a des inventions qui ont vieilli. Je ne répondrais pas que Latone outragée par les paijsans puisse beaucoup nous émouvoir, et que M. Guay n'eût pu nous toucher davantage en nous montrant, puisque le sentiment devait être enjeu, une pauvre mère de nos jours. Mais je ne saurais non plus admettre que la beauté préférée à la sagesse et à la grandeur, ou que le limon vivifié par l'amour ne soient pas des sujets pittoresques, par cela seul que dans le langage de la fable cela s'appelle le Jugement de Paris ou Galathée ; et je ne donne nullement tort à M. Perrot de les avoir traduits par ses beaux nus. Quant à moi j'aurais été désolé si les sorcières velues du Nord, le pilose maliarde del Norte, pour parler comme notre ardent philhellène de tout à l'heure, avaient mis en fuite la gentille Écho de M. Ranvier, et la Nuit vaporeuse de M. Lefebvre, et les Nymphes de M. Blanchard, et cette candide Séléné, dont l'ascension au beau milieu du ciel azuré a ému d'autres poètes que les grecs :

« La lune monte vers le cœur du ciel nocturne, et s'y repose amoureusement — Sur le lac lentement remué, la brise du soir passe, passe, repasse, en baisant l'eau heureuse — Oh ! quel accord serein résulte de l'union des choses qui sont faites pour

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