Sermone sulla Mitologia
s'unir ! — Mais les choses qui sont faites pour s'unir s'unissent rarement. »
Reconnaissez-vous, ami lecteur, ces dystiques? Ils n'ont point été traduits du grec, mais du chinois, par une main charmante l; en sorte que M. Machard, qui a prêté à Séléné une si gracieuse figure, peut vivre tranquille. Sao-Nan l'absout d'aussi bon cœur qu'Hésiode et que Virgile. Et la peinture peut à son aise et à son plein gré profiter de ces douces images, qui jaillissent toutes seules de la fantaisie universelle du genre humain.
S'il y a quelqu'un qui doive plutôt se complaire que se montrer ingrat à cette persistance de l'art français dans le culte de la forme et des réminiscences gréco-romaines, c'est justement le peuple qui se trouve placé, comme nous le sommes nous Italiens, on pourrait dire par privilège de fortune et de naissance, près des sources mêmes de la tradition.
1. Puisque nous avoir pris la liberté d'emprunter ce passage au Livre de Jade, dont l'aimable dame qui se cache sous le pseudonyme de Judith Walter a bien voulu enrichir les littératures occidentales, qu'il nous soit permis aussi d'arracher un feuillet à la traduction en vers italiens de ce même livre, que nous gardons encore inédite en portefeuille:
Verso il core del ciel notturno sale
La bianca luna, ed amorosamente
Si fida in grembo al suo sposo imuiortale.
Su Fonda il venticel passa rasente; Passa amoroso a fior dell'onda, e torna, E la ribacia, tutta amot fremente.
0 corne bella appar Natura e adorna Uuando appariglia cosa a cosa Amore !
Ma il meglio, ahimè ! la rea sorte frastorna,
Un cor di rado s'appariglia a un core.
Et nous devrions à coup sûr être les derniers, rien que par amour du sol natal et de la réputation de notre pays, à rabaisser ces études, qui seules ramènent encore vers Rome, vers Rome italienne, Dieu merci, et capitale de l'Italie entière, le courant de l'art des deux mondes. Je ne fais que rappeler un fait trop connu en constatant qu'en France, où, il y a deux siècles, la langue, la littérature, les modes italiennes primaient, elles ont cédé le pas, même parmi les plus hautes classes, soit à la culture nationale, soit à l'intérêt qu'inspirent des peuples plus puissants et plus laborieux que le nôtre. J'aime cependant à relever une circonstance, la seule qui puisse quelque peu atténuer la peine que nous fait éprouver cet abaissement de notre crédit. 11 y a encore en France une classe, dans laquelle la langue italienne est en général non pas seulement comprise mais parlée : il y a encore des hommes, et des hommes d'une haute intelligence, au front pensif, au regard profond, à la parole rapide, incisive, pétillante d'esprit, chez qui le front, la parole et le regard semblent tout à coup s'éclairer et briller d'un éclair d'amour, rien qu'en entendant prononcer ce grand nom de Rome. Ce sont les artistes. 11 faut les entendre parler de Ripetta et de Lungara et de Trastevere, des bùtteri, des compagnons de la Règle et des belles minenti1, des jours splendides et des joyeuses nuits, où nos fiers mais honnêtes faubouriens, se dépouillant peu à
1. Les Minenti sont les grisettes élégantes des faubourgs, les bùtteri, les pâtres armés de la campagne de Rome.
peu de leurs défiances, leur accordaient d 'en venir aux familiarités avec le civis romanus : il faut les entendre rappeler, démêler, traduire les plaisanteries romanesche; et je vous garantis que le cœur se dilate, en retrouvant une communauté inattendue, non pas d'idiome seulement, mais de souvenirs, d'amitiés, de bons et sincères attachements.
Or sus, chers amis et concitoyens d'au delà des Alpes ; démolissez, si vous en avez le courage, ce reste de Capitole ; mettez-vous aveuglément à la queue de cette foule — et Dieu sait si elle est nombreuse — où l'on prêche de cœur léger que tout classicisme est ridicule, que toute antiquaille est inutile, que toute romanité est épuisée et finie ; travaillez de vos propres mains à détourner du Tibre, du sacrum Tiberim, ces confluents que les cataclysmes infinis de l'histoire n'ont pas encore mis à sec, qu'ils laissent toujours descendre du haut des Alpes vers la cité éternelle : le beau service que vous aurez rendu au nom italien ! A cette heure, des institutions qui nous rendaient solidaires de la civilisation universelle, des titres qui en bien des cas nous valaient même la prééminence, la plus grande part a disparu, ou bien a été pervertie, ou bien encore nous est disputée. La hiérarchie ecclésiastique s'est tournée contre nous, et d'instrument de domination qu'elle était, elle est devenue souvent embûche et danger; la langue, et non pas l'italien seulement mais le latin aussi, va tous les jours perdant du terrain dans les Universités et dans les livres, comme elle l'a déjà entièrement
perdu dans la diplomatie : il n'y a pas jusqu'à la musique, ce dernier asile de notre renommée aux plus tristes jours, qui aujourd'hui, au lendemain de notre résurrection politique, et en grande partie par notre faute à nous, qui nous associons d'une manière pitoyable à ses détracteurs, il n'y a pas jusqu'à la musique, dis-je, qui ne soit détrônée, dénoncée comme ignare, comme fade, et, peu s'en faut, comme risible ; à qui l'on ne préfère je ne sais quelles nénies, descendues tout exprès des cieux ou remontées des abîmes1. Qu'est-ce, au nom de Dieu, qui nous reste ? Un peu de culte encore, que les arts plastiques rendent à nos souvenirs. Eh bien ! brandissons à deux mains le levier du sophisme et le pic du ridicule,, et appliquons-nous à cœur-joie à démolir encore ces reliques.
Un courant de traditions et d'études offrant l'avantage immense de rapprocher, d'entremêler, de rendre mutuellement sympathiques deux grandes et nobles races, trouverait dans ce seul fait la meilleure des apologies. Remarquez encore qu'un tel rapprochement se produit précisément dans l'âge et dans la profession les plus accessibles à tout sentiment généreux; qu'il se produit entre deux races liées, il est vrai, d'une étroite parenté, mais étant toujours et par cela même en danger, comme tous les parents le sont, de tomber dans quelque malentendu et dans quelque différend, et
1. Depuis que ces lignes ont été écrites, Paris a pris sur lui de confondre, par un triomphe éclatant, notre pessimisme. Encore une fois, grâces lui soient rendues !
vous aurez là plus qu'il n'en faut pour apprécier la bonté intrinsèque d'une tendance, faite pour aboutira de si heureux résultats. Mais il y a plus. C'est justement pour avoir conservé l'habitude, la fréquentation, la familiarité de l'antique, c'est pour n'avoir point renoncé à s'appliquer avec ardeur à l'étude essentielle de la forme humaine dans ses types les plus élevés, que les Français se trouvent généralement mieux préparés à l'épreuve du grand art. Or, si je vois là justement l'épreuve la plus haute et la plus digne, ce n'est nullement parce que les toiles ou les murailles, ou les figures y mesurent plus de toises ; c'est parce qu'il y entre davantage de cet élément subjectif fourni par notre conscience, de cet homo additus naturse dont parle Bacon, de cette poésie, en somme, qui, mêlée à la réalité des choses extérieures, constitue l'expression de l'art la plus complète. Je n'ignore pas que les nobles essais, en France moins infréquents qu'ailjeurs, que jadis on inscrivait sous la rubrique du grand art à titre d'honneur, ne sont maintenant désignés de la sorte par un nombreux public sans un léger sourire de moquerie ou de pitié. Mais je laisse la volupté amère de l'ironie à qui s'y plaît; et, pour ma part, je n'ai pas encore désappris à penser que le but le plus élevé de l'art — je dis le plus élevé et non pas le seul — consiste en effet à nous soustraire aux vulgarités de l'existence de tous les jours, à nous transporter dans un milieu plus respirable, où les fantômes de notre conscience, les fictions de la poé-
sie, les enseignements de l'histoire, et même les simples manifestations d'une beauté d'élite, nous aident à oublier pour quelques instants ce que la vie a de petit, d'abject et de misérable, et nous consolent de la fragilité des choses humaines en rendant à l'immortalité de la pensée le plus éloquent des témoignages., et en lui prêtant des formes sensibles.
Du discrédit où le grand art est tombé, la faute revient sans doute en grande partie à l'ineptie des écoles, qui ont pris l'enflure pour l'éloquence et la vastité des dimensions pour la grandeur des desseins. Mais, de même que l'ignorance affublée de la toge doctorale ne saurait fournir d'arguments contre le savoir véritable, de même, dans ce seul fait que la peinture a elle aussi ses rhéteurs, on ne saurait puiser de justes titres pour condamner les talents d'élite, qui, en possédant parfaitement d'abord la technique de leur art, savent tout aussi bien en être les philosophes, les historiens ou les poètes. Je comprends, a la vérité, qu'on se passe de certaines grappes immenses de figures, où l'on démêle sans doute les traces de fortes études, mais où le bon vouloir et même le talent, qui ne peut pas être toujours du génie, est écrasé par l'immensité du sujet, soit que ce sujet s'appelle la Chute des anges, comme dans le tableau de M. Horace Delacroix, ou, comme dans celui de M. Lafond, le Déluge. Je trouve que souvent aussi, comme dans les Eumënides agitant le sommeil d'Or este de M. Lematte, on ne parvient pas assez, même avec
les plus louables efforts, à secouer le joug des réminiscences académiques. Mais je voudrais après tout demander aux joyeux persifleurs de ce qu'ils appellent les grandes tartines, si par hasard certaine toile des Noces de Cana, à supposer qu'un certain Paul fût venu furtivement la peindre une seconde fois au Champ-de-Mars à la clarté des étoiles, ne les aurait point contentés; ou même seulement, pour ne pas empiéter sur les domaines du rêve, si cela les aurait dégoûtés de revoir làbas le poème admirable de M. Couture, les Romains de la décadence.
Il est vrai que malheureusement ces Romains n'y étaient pas, et n'y avaient pas beaucoup de proches. Cette lumière argentine et diffuse, qui dans la composition du regretté maître rappelle si bien la lumière véritable des objets placés au grand air, ou, ce qui revient à peu près au même, sous les grandes baies des constructions antiques, cette lumière, dis-je, n'éclaire pas souvent les compositions de l'école française ; et peu d'artistes parviennent à se tirer d'un dilemme qui les guette au passage sur la porte même de leurs ateliers. D'un côté trône l'ancienne convention, empruntée par Valentinau Caravage, d'après laquelle on surcharge les colonnes d'ombre et on noie le pourtour de la composition dans un bain de vapeurs noirâtres, pour donner plus de ressaut à ce qui reste; de l'autre côté, l'on voit poindre une convention modernisée pour ainsi dire, qui détache les masses claires sur les valeurs intenses, ouréci-
proquement, en sacrifiant à une certaine netteté calligraphique et fort agréée du public bourgeois cette fusion, ce mystère poétique, cette enveloppe, dont en réalité toute chose est constamment revêtue par l'air ambiant. Pour ce qui est du dessin, cependant, et du modelé des muscles, il faut avouer que l'on retrouve presque toujours partout la trace de bonnes et fortes études, et une connaissance approfondie de la structure et du jeu si compliqué de tous les emboîtements du corps humain.
M. Cabanel est un des maîtres les plus mûris dans la pratique de cette manière dont nous parlions tout à l'heure, si fourbie, si ajustée, si irréprochable, qu'on ne sait par où l'attaquer ; il n'en est pas moins en butte aux critiques et quelquefois aux attaques violentes de certains amateurs peu fournis de tolérance, qui lui font cruellement expier les admirations traditionnelles d'une autre partie assez considérable du public. A vrai dire, celui qui chercherait l'éclat de la couleur et le relief saillant de la réalité dans le Cycle historique de saint Louis, risquerait fort d'être frustré dans son attente; cependant, le sujet même, et c'est là ce qu'on aurait tort d'oublier, n'étant point la reproduction textuelle d'un épisode quelconque, mais la synthèse de toutes les institutions d'un royaume, explique assez l'intention de l'artiste, qui n'a pas été d'agir sur le spectateur par des trompe-l'œil, mais plutôt de repaître son esprit de hautes pensées et de grands souvenirs. D?ailleurs,
la destination même de cette immense toile, qui doit décorer les parois intérieures du Panthéon, est un titre légitime pour demander que l'œuvre soit^ugée plutôt d'après les principes de la peinture murale que d'après les impatiences de ceux qui mettent au-dessus de toute chose l'identité matérielle et l'évidence photographique. Les tons aussi, quelque peu amortis, et le groupement pondéré et eurythmique des figures ne sont point faits pour satisfaire la foule qui y chercherait la vie vivante et puissamment dramatique d'un Jugement de Dieu, les émotions de la cruelle épreuve du feu que la volonté du roi vient de suspendre ; mais ils ont d'excellentes raisons à invoquer, si l'on veut bien réfléchir que,, par effet d'une délibération longuement mûrie, la décoration du Panthéon devait d'abord être monochrome; et que, dans les peintures murales, une coloration trop accentuée et un clair-obscur trop saillant risquent toujours de compromettre l'unité et la gravité architectonique de l'édifice.
C'est pareillement aux traditions de la fresque, mais de la fresque penchant déjà vers l'amplification et le pompeux appareil de la fin du seizième siècle, que M. P. J. Blanc s'est conformé, dans une très grande toile ayant pour sujet Angélique au rocher; seulement la fantaisie ariostesque nous paraît s'accommoder moins de ce faire académique que la chronique et l'histoire. Moins encore est-on maintenant disposé à accepter dans les tableaux de chevalet ces ajustements savants et ces élégances II. 13
194 L'ART A PAHIS.
recherchées qui eurent jadis la faveur du public, et auxquels ne manqua pas même la saveur de la nouveauté tant que l'exactitude soigneuse et l'éclat superbe des costumes et des accessoires suffisaient à la curiosité non encore rassasiée des foules, et semblaient empreindre d'assez de caractère les scènes du moyen âge et de l'Orient. Aujourd'hui encore, personne ne s'avisera de contester le savoir et la correction à Y Absalon et à la Françoise de Rimini de M. Cabanel ; tout le monde sera forcé d'avouer que les extrémités et les raccourcis décèlent le maître ; mais tout le monde ne conviendra pas aussi aisément que le drame, tel qu'il l'entend, appartienne à la réalité plutôt qu'à la scène.
Nous en savons plusieurs, et des connaisseurs prétendant à la réputation de fins gourmets, qui se mettent en une belle colère même contre le pinceau si aimable, si fécond et si gracieux de M. Bouguereau, parce qu'il se passe des ressources de la touche, des empâtements, des rehauts, et des autres habiletés vénitiennes et flamandes, se contentant simplement d'une facture tout aussi égale et aussi polie que ses contours sont fortement et savamment arrêtés. Ces censeurs acrimonieux ne manquent pas d'insinuer que sous l'élégance, la suavité et la tendresse inépuisable de ses Charités et de ses Vierges, le caractère, la solidité et la profondeur font défaut. Un nombreux public, au contraire, et un public d'élite,, ne fréquentant pas trop les coulisses de l'art et ne comprenant mot à ses différends et à ses querelles, n'hésite pas à se prononcer dans le
sens opposé, et se déclare tout à fait charmé justement de ce qui met les autres en fureur. Je pense pour ma part que M. Bouguereau, aussi vaillante qu'excellente nature, si les artistes pouvaient encore, comme jadis en Grèce, s'entretenir tout bonnement dans la rue avec leurs censeurs et avec leurs admirateurs, répéterait volontiers aux uns et aux autres, mais sans l'ombre d'une pose tragique, ce que dit Junie à Néron dans les vers de Racine ; et qu'avec son bon et honnête sourire il ne manquerait pas d'ajouter : « Mes amis, puisque vous accordez si largement à plus d'un la liberté d'excéder dans la folie, accordez-moi de grâce la liberté d'excéder dans la sagesse. » Je voudrais voir qui oserait la lui refuser. Pour en avoir le droit, il faudrait le trouver en faute, ce qui n'est guère facile, dans ce qui constitue le fond de son talent : dans la noblesse de l'invention, dans la correction et la bonté du dessin, dans la grâce exquise du sentiment; et à ceux qui ragent contre un faire que je préférerais aussi un peu moins émaillé, je demanderais volontiers si l'on trouve aisément aujourd'hui quelqu'un sachant dessiner, pour ne citer qu'un exemple, un nu d'une plus élégante vérité que Yenfant mort dans son tableau de la Vierge consolatrice .
M. Perrault aussi, avec son Christ au tombeau et ses Jeunes filles à la fontaine, appartient à la famille des peintres gracieux et corrects, qui voient un peu la nature ad usum delphini. D'un autre côté, parmi ceux qui craignent de trop la polir et qui préfèrent
au beau le grandiose, môme les meilleurs n'évitent pas toujours une certaine enflure; et on ne saurait affirmer que les Évangélistes et le Moïse pointé par les Anges de M. Monchablon soient tout à fait à l'abri de cette critique ; ces conceptions sont caractérisées sans doute par une grande noblesse et une grande largeur de style ; mais elles nous faisaient penser malgré nous à des personnages aussi foncièrement français, que les excellents Apôtres de la Cène de M. Gebhardt sont allemands. A tous ces artistes du reste, soit de la manière gracieuse, soit de la manière solennelle, qui ne manquent pas d'avoir entre eux plus d'un point de contact, il faudrait opposer les autres à la tache violente et caravagesque ; mais, comme ceux-ci s'appliquent surtout aux sujets historiques, je veux finir -de mentionner d'abord les zélateurs intrépides du mythe.
Je rappellerai comme une belle audace pittoresque le grand tableau de M. Hippolyte Lévy, où avec une palette brillante ayant quelques rapports avec la gamme et le faire de Tiépolo, il a peint la Mort et le Sommeil enlevant le corps de Sarpédon par ordre de Jupiter. Seulement il a prêté, ce me semble, un peu trop de l'Assomption chrétienne au mythe homérique ; et en effet, chez Homère les deux génies jumeaux ne portent point le corps du fils à son divin père dans les cieux, mais ils le rendent aux Lyciens, afin qu'il reçoive ces derniers hommages des rites funéraires, de la sépulture et du monument, que les anciens, dans leurs
nobles fictions, proclamaient chers aux héros K M. H. Lévy ne s'était pas borné, du reste, à cette œuvre ; une Captivité de Babylone, une Prédication et un Martyre de Saint Denis, enfin une Hérodiade, dus aussi à son pinceau, captivaient les regards ; cette dernière surtout était digne d'être longuement savourée par les amateurs de la manière tiépolesque dont je viens de parler, tant la verve de la brosse et le brillant du coloris y rappelaient l'ingénieux Vénitien. M. Emile Lévy, lui, était tombé, pour son lot, sur un thème excellent, un cycle de peintures murales, commandées parla Ville de Paris pour une salle des mariages. Je crois qu'il a fort sagement agi en développant son sujet dans un style et avec un choix de types et de costumes ne se rapportant pas à une période bien définie, mais retraçant les joies domestiques d'une vie simple et laborieuse dans leurs caractères les plus généraux, et partant le plus en harmonie avec la destination de l'œuvre. On ne pourrait mieux l'illustrer, je crois, qu'en lui appliquant ces belles paroles de Cicérondansle premier livre des Offices: «Prima societas in ipso conjugio est; proxima in liberis: