FIG. 9, 10 ET 11. — ARMES ET BIJOLX
Celt diiioîs, broche du Mecklembourg et bracele suisse, d'après sir John Lubbock.
des points aux Européens les plus coquets et les plus soigneux de leur personne. Leur coiffure est d'une complication difficile à décrire'. Aux îles Tonga, Gambier, Sandwich, dans la
FIG. 1-2. — SAUVAGE DES ILES RADAK (POLYNÉSIE). Voyage filtjrcsque autour du momie, p.lr Choris. Paris, 1822.
Nouvelle-Zélande, le tatouage remplace les vêtements et couvre
/iind^- W. Eeckhoff, Friesche Oudhcden [Archieven, Kcrken, etc.)/ Lettera del signor D. A. V'isconti sopra akuiii vasi sepolcrali ; les travaux du docteur Broca, etc. ; la conférence faite par M. Léouzon le Duc, sur les Femmes en Scandinavie et Finlande. Paris, 1875 ; la brochure de M. Bourlon citée par ï Explorateur (19 janvier 1875], etc., etc. I. Williams, Fiji and the Fijians, vol. I, p. 158.
i6 L'ART A TRAVERS LES MŒURS.
le corps d'arabesques élégantes et symétriques, véritables œuvres d'art variant de tribu à tribu, de famille à famille, où les couleurs ont un langage et les dessins une signification'. Et qu'on ne croie pas que ces combinaisons agréables à l'œil, qui satisfont aux règles de l'ornementation, à la pondération, à la symétrie, à l'alternance, sont le résultat d'un hasard heureux. Suivant la remarque pleine d'humour d'un sévère économiste, ces ornements et les dessins qui composent ce tatouage sont jugés, chez les sauvages actuels, tout aussi sévèrement que chez nous la coupe d'un habit ou la valeur d'un tableau".
A mesure que la civilisation grandit, ce goût de l'ornementation s'élève et s'épure. En même temps, il s'étend, se développe, se généralise et passe du producteur à ses créations. L'homme, en effet, se montre moins préoccupé d'orner sa personne et plus désireu.x d'embellir ce qui doit frapper ses regards. Mais aucune race n'échappe à ce besoin singulier, aucune nation, aucune tribu ne peut se dérober à son empire.
Même chez les peuples pasteurs qui, par leur vie nomade et leur absence d'industrie, semblent devoir ne guère ressentir ces préoccupations, l'amour de la parure se manifeste. Éliézer se rendant à la rencontre de Rébecca a bien soin de se munir d'une fibule en or et de deux bracelets. Thamar, avant de s'abandonner à Juda, exige, comme gage, son bracelet et son anneau; et Gedéon réclams, pour récompense de ses victoires, les pendants d'oreille des Madianites'.
Le temps n'est pas éloigné, du reste, où Isaïe va se donner le plaisir de nous détailler les parures des filles de Sion. Dans
1. Voir Burton, Abcokultt, vol. I, p. 104; John Baikie, Exploring voyage, p. 450; John Lubbock^ Origines de la civilisation, p. 57; le marquis de Compiègne^ Afrique èquaioriale, etc., etc.