FIG. 165 ET
PASNEAnX SCULPTÉS, XVI« SIÈCLE
Provenant d'un lutrin de l'église de Langeac.
Voyons maintenant comment il saura se tirer d'affaire. Considérons la Renaissance, résumée dans ses institutions et dans sa plastique, au moment où, maîtresse de ses destinées, elle apparaît à nos yeux charmés, parée de tous ses délicats attraits.
François I" est sur le trône. De tous les rois de France, le vainqueur de Marignan est le premier qui puisse se vanter d"être hors de page. Il est le premier que nous voyions entouré d'une cour au sens propre de ce mot.
Quand, en 1 5 1 5, il place sur son front la couronne de Louis XII, toute rébellion dangereuse a cessé. Le roi de France a réduit ses anciens rivaux à l'état de courtisans, c'est-à-dire à la plus étroite domesticité, et François d'Angoulème peut inaugurer sans crainte le grand luxe monarchique dont le règne de Louis XIV marquera l'apogée.
Sous l'effort de cette transformation sociale et politique, tout se modifie, tout change d'aspect. La maison, le château, perdent ce caractère d'inaccessibilité qui, pendant tout le moyen âge, a été leur marque distinctive. La large croisée à meneaux remplace l'étroite meurtrière et fait pénétrer la lumière dans le sombre
castel, pendant que l'étude des lettres lui ouvre les intelligences.
En même temps on renonce à ce développement singulier en hauteur, qui est comme l'estampille de l'époque précédente. Les lignes horizontales reprennent le dessus, s'étendent, se développent. Le plein-cintre romain remplace l'ogive mystique, tandis que l'esprit d'analyse, de recherche et de discussion balaye, de son soufïle puissant, les superstitieuses aspirations des siècles écoulés.
Désormais, le temps n'est plus où un gentilhomme italien pouvait dire de la Noblesse « qu'elle ne connaît d'autre mérite que celui des armes, qu'elle ne fait aucun cas du reste; de telle façon que non seulement elle n'estime pas les lettres, mais encore les abhorre, et tient les lettrés pour les plus vils hommes qui soient au monde. » Ce ne sont plus de pauvres hères, en effet, comme les ménestrels et les trouvères, des bohèmes comme Villon, des vilains comme Gringoire, qui sont chargés des doux soins de la poésie. Les nobles seigneurs et les belles dames, les gentilshommes et les princesses, enrichissent la littérature de leurs doux chants d'amour, et la qualité^e poète
FIG. 161 ET les.