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leurs frontons rappellent ritalle et la Grèce, Rome, Athènes ou Florence, l'Antiquité ou le xv^ siècle toscan, et non plus fart gothique avec ses logiques exigences.
Partout, en ces meubles délicieux, régnent la sveltesse, la distinction et la grâce, grâce délicate, un peu frêle, élégante surtout, et qui dans la sculpture est la marque de notre école, l'indice de notre tempérament à ses grandes époques, et que plus
FIG. 1~3. — VIRGINALE, INSTRUMENT DE MUSIQUE DU XYl^ SIÈCLE. Collection de M. Terme.
tard nous retrouverons sous Tébauchoir d'AUegrain, de Falconet et de Clodion, comme elle nous apparaît maintenant sous le ciseau de Jean Goujon et de Germain Pilon.
Nous avons dit que parfois le mobilier copie l'architecture. Beaucoup de meubles, en effet, prennent l'aspect de petits édifices. Des crédences, des cabinets développent de vraies façades de palais; mais, soit que l'artiste s'eflforce de copier, soit, au contraire, qu'il se montre créateur, le développement en largeur reprend le dessus et les lignes horizontales se manifestent partout avec une intensité telle, qu'en elles, on le sent, réside l'importance du petit monument. Les colonnes ne sont
plus pour rœil le principal de Tédifice, et la voûte qui les conjoint un moyen de les unir, une sorte de limite imposée à leur élan. Elles sont devenues simplement des masses portantes, qui n'ont de raison d'être et d'excuse que s'il règne sur elles une frise ou un entablement, c'est-à-dire une masse portée.
Malgré ce changement radical, on retrouve entre toutes les
FIG. 174. — TABLE RENAISSANCE. Collection Chabriêres-.\rlés.
proportions une telle harmonie, l'ornementation est si délicate, si gracieuse, elle accompagne si joliment les lignes principales, elle les complète si bien, sans jamais les charger, que, comme grâce et comme légèreté, le mobilier du xvi° siècle ne le cède en rien à celui du siècle précédent.
Ajoutons qu'il en est de même dans les autres branches des arts décoratifs, dans l'orfèvrerie, la bijouterie, la tapisserie, le tissage des étoffes. Partout il suffit à l'artiste de toucher le matériel qu'il emploie pour le transformer en un gracieux chef-
CH. QpUTZWlLLET!^ .».,
Fia. nS. — PLAFOND EN PIEERB SCULPTÉE (1518).
Ch.ipelle de la maison des Lalleraand, à Bourges.
d'œuvre. Aux époques antérieures, on cherchait dans l'ouvrage sa valeur intrinsèque. Désormais le poids de Tor, dans les pièces d'orfèvrerie, n'est plus que secondaire. Les pierreries elles-mêmes sont un accessoire. La ciselure, l'émaillage, la niellure enfantent
FI G. no. — AIGUIÈRE AVEC SON BASSIN EN AKGENT REPOUSSÉ ET DORÉ, XVIf^ SIÈCLE. Collectioa de M™* la comtesse d'Aspreraout-LynJen.
des merveilles plus précieuses que les rubis les plus rares, plus estimées que les diamants les plus volumineux. François I", inconstant et volage, réclame à M'"" de Châteaubriant les bijoux de grand prix, chargés d'emblèmes et de devises, dont l'a comblée son éphémère amour, et la comtesse, pour le punir, les lui rend fondus en lingots. Toute l'importance qu'on attachait
NOBLE DAME D'ORLÉAMS.
D'après Cesare Vecellio.
FKi. 178.