FI G. 1S2. — LE JUGEMENT DE PARIS
D'après Raphaël. Émail du xvic siè;le. (Musée de Cluiiy.)
D-.,prè5 le dessin d'H^ncintbe La,:glois.
LE XVIP- SIÈCLE (PREMIÈRE .MOITIÉJ.
VEc la chute des Valois la Renaissance prend fin. Sous le règne de ce Domitien, dévot et superstitieux, qui porta dans l'histoire le
J|:Êli I H ^^ Pologne » , la dynastie, si glorieuse ^^iMJiUJ' ^^^ en son principe, si pleine de promesses, qu'avait inaugurée François d'Angoulême s'est eïfondrée dans le sang et dans la boue Cette monarchie, point de jonction entre deux civilisations difTé-
Au musée de Cluny.
rentes, entre deux sociétés diversement inspirées, lune naissante,'rautre à son déclin, n'a pas attendu la fin du siècle pour donner à Thumanité le triste spectacle d'une sénilité précoce, d'une vieillesse enfantine et corrompue. Les passions les plus repoussantes, les caprices les plus affligeants, ont signalé cette
décrépitude rapide. L'amour des petits chiens damerets, des bilboquets et des oiseaux, a remplacé celui des nobles aventures et des belles actions. Le goût chez les hommes de mille parures féminines, les bracelets, les éventails, les boucles d'oreilles et les colliers de perles, ont révélé au monde surpris une dépravation heureusement bien rare dans nos annales.
Agrippa d'Aubigné
a stigmatisé, du reste, en
ses vers ardents, ce mo ■
— narque avili, semblable
à ces princes de sérail
HENRI IV, VEKS 1600.
par lesquels ont fini toutes les dynasties orientales :
Avoir ras le menton, garder la face pâle, Le geste efféminé, l'œil d'un Sardanapale, Si bien qu'un jour des Rois ce douteux animal Sans cervelle, sans front, parut tel à son bal :
Son visage de rouge et de blanc empastd
Son chef tout empoudré nous montrèrent l'idée,
En la place d'un roi, d'une guenon fardée.
Avec son successeur, les choses fort heureusement changent brusquement d'allure et de caractère. La période qui s'ouvre commence franchement les temps modernes. Le demi-siècle qui s'étend de 1590 à 1640 est la véritable entrée en matière des idées nouvelles et des nouvelles mœurs.
Les anciennes classesprivilégiées, décomposées sous l'action de leurs besoins surexcités, de l'ostentation et de plaisirs abusifs, écrasés par la lourde tutelle de la royauté, vont faire place à d'autres classes plus énergiques, plus vigoureuses. Partout, les barrières qui enserraient les divers « états » et les parquaient dans une condition définie, s'ébranlent ou s'abaissent. Partout les ambitions se font jour et le besoin de s'élever se propage : « l'artisan imite le marchand, le marchand tranche du gentilhomme et le gentil-