CHEVALIER DE SAINT-LOUIS
D'après une ancienne estampe.
le touche, l'enveloppe ou le pare, tout est empreint de grandeur; non pas de cette grandeur véritable, suprême exaltation de nos sentiments les plus nobles, mais de cette grandeur prétentieuse, hautaine, outrecuidante, qui s'imagine follement que l'homme s'élève par son orgueil et se hausse dans l'estime du monde, par le mépris qu'il affecte de tout ce qui n'est pas lui.
FIG. 199. — .MÉDAILLE D'oR GRAND MODULE
Par Jean Varia (1665). (Bibliothèque nationale.)
A juger superficiellement le prestigieu.x appareil dont s'entoure la monarchie parvenue à son apogée de puissance et de force, il semble, en effet, qu'on soit en face de quelque chose de disproportionné, de colossal, de gigantesque; mais, dès qu'on pénètre le secret de cette troublante grandeur, on demeure confondu de la futilité qui préside à tant d'éclat, de la subtilité d'imagination mise en œuvre pour créer tant de besoins supposés, et pour faire converger tant d'efforts à la satisfaction de préoccupations frivoles.
Un détail du costume suffit pour peindre toute cette curieuse époque : la perruque , et ce détail est typique.
L'homme qui, non satisfait de la chevelure que la nature lui a départie, en veut une autre dix fois, vingt fois plus considérable ; l'homme qui, pour se rendre plus imposant, consent à se faire raser la tête et à s'affubler d'une toison artificielle, mélange monumental de cheveux, de laine et de soie, dont le poids s'élève jusqu'à deux livres et le prix jusqu'à mille écus, cet homme-là ne saurait, en effet, penser, agir et vivre comme ceux qui se contentent de leur parure naturelle.
Aussi voyez quel faste , inconnu jusque-là, éclate dans ces fêtes brillantes dont Versailles, Marly, Compiègne, Saint- Germain, Fontainebleau, Chambord furent tour à tour les superbes théâtres!
Par leur splendeur, elles dépassent les plus prodigieuses solennités de l'Italie et les magnificences de l'ancienne cour de Bourgogne. Voltaire, parlant du voyage que le grand roi fit en 1670 à Lille et à Dunkerque, va plus loin et s'écrie : « La pompe et la grandeur des anciens rois de l'Asie n'approchaient pas de l'éclat de ce voyage. »
L'union de l'art dramatique aux plaisirs fait de toute cette épopée mo-
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