‹ L'art à travers les moeursChapitre 15 sur 179 · Rama\-ana, 1. L · texte numérisé non relu

Rama\-ana, 1. L

En cela du reste elles ne faisaient que se conformer à des exemples augustes. L'usage des teintures est aussi vieux que k monde, et toute Tantiquité a été initiée aux prodiges de ces cosmétiques dangereux. Si nous en croyons Athénée, Sardanapale se peignait les cils et les sourcils. Philostrate accuse le beau Paris de s'être maquillé les paupières, et Elien, remontant jusqu'à travers les obscurités de la fable, nous rapporte qu'Atalante avait les cheveux naturellement rouges, et n'avait pas besoin de recourir aux onguents ni aux poudres, déjà inventés, paraît-il, pour jouer dignement son rôle de belle aux cheveux d'or'.

Les Hébreux vont plus loin encore. Ils assignent au fard ïine origine surnaturelle, presque divine. C'est à un ange nommé Asléel, écrit dom Calmet d'après le livre d'Hénoch, que les dames doivent l'art malsain de se peindre la figure. « Dès avant le déluge, ajoute M. O. Beauregard", cet ange du bon Dieu avait appris aux jeunes filles à préparer l'antimoine, dont l'emploi ingénieux fait les yeux plus grands et leur donne plus d'éclat. »

Aujourd'hui encore, sur toute la terre on sacrifie à ces mysîérieusespréparations. Les voyageurs nous dénoncent leur emploi jusque dans les pays les moins accessibles, et le marquis de Compiègne nous montre les femmes de l'Okôta « se maquillant avec du rouge, du bleu, du jaune et se donnant des petits airs hideux '. »

Je demande pardon d'insister aussi longuement sur cette prédisposition remarquable. Mais, au point de vue où nous nous plaçons, elle a une importance extraordinaire, non seulement parce qu'elle apparaît dès les premiers jovu"s de l'huma-

1. Voir AÛuiice, 1. III, c. vu ; Philostrate, les Hcroiqucs; Elien, Hisioriœ varia, L XIII, c. I.

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