‹ L'art à travers les moeursChapitre 158 sur 179 · SO · texte numérisé non relu

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dominance des petits appartements, bien distribués, et des réduits commodes, discrets, intimes, substitués aux pièces d'apparat, fastueuses et trop vastes, mieux disposées pour la montre que pour l'habitation.

A l'époque précédente, les aises de la vie étaient encore sacrifiées au besoin de briller, et l'orgueil rendait le corps martyr des apparences. Grâce à l'influence nouvelle, la préoccupation du bien-être marche de front avec l'amour du clinquant. A la majesté incommode succède une coquetterie douillette, une sorte d'immodestie parée, fardée, où l'abandon se mêle à la recherche, et le luxe le plus raffiné à une simplicité apparente.

Dans l'appartement ainsi compris, les pièces jusque-là j'ugées accessoires prennent une importance extrême, inattendue, décisive. La chambre à coucher devient une manière de temple intime, et le boudoir remplace la galerie. Aux grandes cheminées ornées de bas-reliefs succèdent de petites cheminées ornées de glaces. Les plafonds peuplés de héros et de demi-dieux font place à des Empyrées qu'animent Vénus et sa cour. Les portes se cintrent, les trumeaux se meublent de nymphes et d'oiseaux, les murs se couvrent de menuiseries coquettes, élégantes et variées, où les fleurs s'entrelacent, où les guirlandes se joignent et se croisent, et les angles se dissimulent sous des feuillages, des grillages, des treillages, que surmontent de vastes conques dorées. Partout les contours semblent se dérober, la ligne droite est proscrite, et les formes, perdant leur fixité sereine, tournent au joli, au mignon, au champêtre, au gracieux.

Si les murs éblouissent les yeux par l'abus des dorures, les meubles ne sont guère moins voyants, brillants et papillotants. Le bois disparaît sous l'or et le satin. Le lampas et le damas se parent des couleurs les plus tendres. Les tapisseries ne représentent plus des actions héroïques, des scènes de chasse ou de guerre, ni de pieux sujets. Les « combats des vices et des

vertus )j, (( la continence de Scipion » et « Thistoire d'Alexandre », si chers aux époques antérieures, font place aux danses joyeuses et aux festins champêtres. On ne voit partout que bergers et bergères, tambours, fifres et pipeaux.

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