‹ L'art à travers les moeursChapitre 54 sur 179 · ARQUEBUSE DU TSAR ALEXIS · texte numérisé non relu

ARQUEBUSE DU TSAR ALEXIS

sente d'impossibilités pour être menée à bonne fin, plus elle le captive.

Le sentiment de la force, qui lui impose, a une influence évidente sur ses productions artistiques. Il se laisse séduire par « ce style d'apparat qui frappe à première vue, et captive l'œil sans satisfaire le jugement \ » Il est dominé par ce besoin de faire grand, qui devient excessif dès qu'on en a goûté ■. En outre, il n'a pas renoncé à son goût pour la parure, à ses besoins décoratifs. Sur ses armes, sur ses harnais, sur ses habits, il plaque des ornements superbes, il brode des entrelacs magnifiques. Son architecture se couvre d'une luxuriante végétation, d'une ornementation tourmentée et pleine de richesse. La figure humaine n'y joue toutefois qu'un rôle accessoire, secondaire, insignifiant. Et c'est un fait excessivement remarquable que moins cette figure est correcte, plus l'ornementation est riche, gracieuse, prodigue de ses motifs, inventive et féconde.

Dans ces périodes de transition, l'artiste, peintre, sculpiteur, graveur, ciseleur ou brodeur, arrive à exceller dans la production de l'ornement inventé, c'est-à-dire créé par lui, imaginé, qu'il n'a jamais vu. Il combine, avec une étonnante profusion, une suprême élégance et une magnificence inouïe, une décoration gracieuse, svelte, délicate, forte avec cela, et parfois s'arrête brusquement à la forme humaine, n'osant

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