‹ L'art à travers les moeursChapitre 95 sur 179 · FIO. 1U · texte numérisé non relu

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royal, avaient suivi la même voie. En vain, sous Louis le Débon • naire, Ebbon, archevêque de Reims, s'était-il plu à rassembler d'habiles ouvriers et des artistes qu'il combla de bienfaits ' ; en vain Charles le Chauve avait-il décidé la formation d'une école de sculpteurs et d'orfèvres dans l'abbaye même de Saint-Denis-, tout était resté inefficace, l'anéantissement avait été absolu.

Mais, dans l'entre-temps, un fait considérable s'était accompli. L'hérédité des Comtés, signée par Charles le Chauve l'année même de sa mort (877), avait transformé ce monde mal défini, sans principes fixes, sans lien social, plein de révoltes à sa base et de défaillances à son sommet. Jusque-là magistrats amovibles, les Comtes devinrent, par l'hérédité dans leurs charges qui leur était concédéa, des souverains en miniature. Chacun désormais régna despotiquement sur les pays soumis à son administration. Un nouvel état social fut la conséquence de cette révolution d'en haut. La Féodalité était créée.

11 est à remarquer, toutefois, que cette révolution fut bien accueillie dans son principe. Comme le constate Michelet ; « Les peuples n'avaient plus que haine et mépris pour un roi qui ne savait plus les défendre; ils se serrent autour des seigneurs et des comtes. » Il ne faut donc pas être surpris que la féodalité, à son aurore, ait été populaire. On retrouve, du reste, des traces de cette popularité dans les souvenirs confus de la nation, et aussi dans ces chansons de gestes, où Gérard de Roussillon, Renaud, les fils Aymon, insurgés contre les derniers rois carolingiens, occupent une place si brillante; mais cet enthousiasme ne devait pas être de longue durée.

L'ordre de choses nouveau s'incarne promptement dans un personnage important, le Seignein'j qui partout se pose en sou-

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