‹ L'art à travers les moeursChapitre 97 sur 179 · GUERRIER DU XI^ SIÈCLE · texte numérisé non relu

GUERRIER DU XI^ SIÈCLE

Restiîué d'.iprès la tapisserie de Bayeux. (Miiséi d'artillerie.)

chemins publics ils attaquent les voyageurs inoffensifs, sans épargner les pèlerins ni les religieux Sur mer, ils font le métier de

pirates, et sans rien craindre, pas même la colère de Dieu, ils s'emparent des navires, les brûlent et noient dans les flots ceux qu"ils ont dépouillés' ».

Aucun obstacle n'est mis à leurs déprédations, aucune loi ne leur est connue. Les princes du sang sont les premiers à donner l'exemple. Eudes I", duc de Bourgogne, Burchard le Barbu, tige de la maison de Montmorency, Hugues de Pompone, seigneur de Crécy, les sires de la Roche-Guyon payent de leur personne et se conduisent en vrais bandits. Les rois eux-mêmes sont impuissants à maintenir l'ordre dans leurs domaines, et la lutte la plus acharnée et la plus déloyale est encore celle qui sévit entre les divers membres de la famille royale.

Hugues Capet a fait la guerre aux derniers successeurs de Charlemagne, il s'est emparé par audace de leur trône, par perfidie de leur personne; il les a fait mourir en prison. Pour le récompenser de leur avoir facilité l'accès du rang suprême, ses fils briguent l'honneur de lui infliger le même sort. Robert lève contre son père l'étendard de la révolte et, poussés par leur mère, les deux fils de Robert s'insurgent à leur tour. Henri, déjà couronné roi, met au pillage le domaine de la couronne et ravage ses propres États. Eudes, son cadet, l'attaque et ces frères ennemis donnent au monde féodal le répugnant spectacle de leur haine et de leurs divisions. Partout, au reste, il en est de même: Baudouin chasse son père du trône de Flandre et l'oblige à implorer la pitié et laide du duc de Normandie. On juge des efl'ets que devaient produire d'aussi détestables exemples.

La terreur religieuse, la superstition, la foi (cette foi dont on a fait un si grand honneur à tout le moyen âge), demeurent

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