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LA DANSE DES MORTS

Peinture murale du XV* siècle à La Chaise-Dieu (Auvergne),

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fier de son isolement. Il ne veut pas frayer avec les humbles demeures accroupies à distance, basses, rampantes, craintives, qu’il domine et protège tout à la fois. Enfin il n’est pas jusqu’aux logis des particuliers, qui ne participent à ce besoin d'inaccessibilité. Dès qu’une commune s’émancipe, les habitants élèvent « autour de leurs maisons, chacun selon sa richesse, des murailles crénelées, ce qui est la marque et la garantie de la liberté ^ ».

Cette même particularité, nous la retrouverons dans le tableau et dans la statue, qui jusqu’à la fin du moyen âge se voient protégés, celle-ci par la niche, le dais, le pinacle, ou la saillie brodée, celui-là par de solides volets, chargés de les défendre l’un et l’autre contre les injures du temps, et surtout contre les outrages des hommes. Elle apparaît aussi dans l’étrange contresens de ces esprits assez peu soucieux de la décence pour admettre (si nous en croyons le continuateur de Guillaume de Nangis ) les personnages nus dans les processions sacrées, et qui ne conçurent jamais la Vérité, Vénus ou les Grâces , que couvertes d’oripeaux et très abondamment vêtues.

Dans le costume, il n’est guère utile de signaler ce besoin de se rendre inaccessible. Il apparaît là avec des caractères singulièrement évidents. Dès io5o, le chevalier se trouve entièrement bardé de métal et justifie l’épithète de fervestu, que lui donnent les chansons de gestes. L’ajustement de la femme est, sous ce rapport, moins frappant peut-être que ces armures étroites, ces cuirasses impénétrables, ces casques, ces salades, ces hauberts qui laissent à peine respirer le héros qui les porte. Mais la même préoccupation se retrouve dans ces housses pesantes, dans les corsages armaturés, dans ces lourdes robes

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