‹ L'art à travers les mœursChapitre 106 sur 171 · FIG. 13*. — CALICE EN VERMEIL, FIN DU XV® SIÈCLE · texte numérisé non relu

FIG. 13*. — CALICE EN VERMEIL, FIN DU XV® SIÈCLE

(Collection de M, Odîot.)

valent les femmes hautement coiffées en criant : « heurte belin ! », c’est-à-dire, « bélier frappe de tes cornes », ou encore « au hennin, au hennin ! ». La crainte des peines éternelles

et surtout la peur d’un châtiment immédiat impressionnèrent ces pécheresses à la mode, au point qu'un certain nombre d’entre elles « se disposèrent à mettre jus leurs atours, et prirent aultres tels ou semblables que portoient femmes de

béguignage Mais à l’exemple du limaçon lequel, quand on

passe près de lui retrait ses cornes par dedans, et quand il n’oyt plus rien les reboute, ainsi firent icelles et en assez bref... reprirent petit à petit leur vieil estât, tel ou plus grand qu’elles n’avoient accoutumé de porter ‘ » .

Quant au développement des parties inférieures du costume, il suffit de rappeler que c’est au moyen âge que revient l’honneur des traînes énormes, des jupes démesurées, pesantes, incommodes, trop lourdes pour un seul corps et pompeusement portées par des damoiseaux, des suivantes ou de gentils pages, gratifiés du nom plus singulier qu’euphémique de « portequeue ».

Le second caractère qui nous a frappés dans l’architecture, c’est l’inaccessibilité. Entourée de gradins, préservée par une armée de contreforts, n’ayant guère plus de trois ou quatre portes relativement étroites, bardées de fer, hérissées de clous, la cathédrale, asile pour les bannis, forteresse au besoin pour le clergé, est, comme le manoir, d’un accès difficile. On n’y peut pénétrer que lentement, peu à peu, et, malgré ses verrières immenses, on sent que le colosse est assez robuste pour soutenir un siège et braver un assaut.

Dans le château, cette qualité est encore plus apparente. De tous les côtés il est inabordable. Soit que ses longues tours aveugles se dressent sur un rocher à pic, soit qu’une large rivière ou un fossé profond ceigne ses murs épais ouvrant à peine sur la campagne une timide fenêtre, il est isolé, et paraît

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