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COSTUME DE FEMME, XVI' SIÈCLE

(D’après Holbein). tlculler à l’art qui

COSTUME DE MARCHAND, XVI« SIÈCLE, (D’après Goltzius.)

se lève; désormais on admirera les formes pour elles-mêmes et non pour l’expression à laquelle elles concourent.

On va les étudier, les analyser et l’on trouvera dans leur contemplation un plaisir supérieur. On parlera d’un beau cou, d’un nez bien attaché, d’un arrière-bras , d’une belle poitrine, comme on parlait, auparavant, de quelque joyau précieux. <( Sache, dit Cellini, que lorsque le corps se penche, les cinq fausses côtes forment une foule de reliefs et de creux qui sont parmi les beautés du corps humain » ; et cette complaisante admiration se comprend et s’explique.

Le mouvement, cette dominante préoccupation des arts encore jeunes, n’est plus indispensable à l’artiste pour exprimer la colère, les joies, l’amour, l’effroi. Par la contraction d’un muscle, par la saillie d’un os, par un pli du visage, il arrive au même but d’une façon plus durable et plus saisissante.

Dès lors, au lieu d’habiller Vénus, on déshabille les saintes. On revient aux traditions grecques qui, au dire de Pline, étaient de ne rien voiler [grœca res est nil pelare). Dans la période précédente, l’individualisme humain s’était manifesté dans l’exécution; maintenant c’est lui qui va fournir le sujet. La représentation humaine n’était qu’un moyen; désormais elle devient le but, et le point important, dans les arts du dessin, sera de bien faire un homme et une femme nus. Le reste ne vient qu’ensuite et paraît secondaire.

On comprend quel abîme une pareille évolution de l’entendement artistique allait faire franchir aux artistes qui vivaient en ce temps de parturition.

L’art gothique — ou pour mieux parler. Part français, comme l’appelaient si bien les architectes de la Renaissance —

I. En parlant des voûtes ogivales à nombreuses nervures, Philibert Delorme écrivait : Aujourd’huy ceux qui ont quelque connoissance de la vraye architecture

Au-dessus de la porte d’entrée du château de Blois.

l'art ogival français avait demandé ses plus puissants effets au nombre et à la richesse. L’art nouveau, au contraire, se manifeste par un dédain absolu de « l’innombrable ». Au lieu d’éblouir par la somptuosité, il cherche à émouvoir par la simplicité; au lieu de prendre pour type l’épanouissement de l’arbre chargé de son feuillage, il se contentera de faire saillir du tronc une admirable statue. Cessant de se complaire dans des rêves gracieux, éthérés, de s’attarder dans la contemplation troublante d’un idéal qui leur échappe, de s’égarer dans les efflorescences magnifiques d’un art à son déclin, ses interprètes portent leurs yeux émus dans le passé et remontent au delà des siècles. Là, exhumant de ses débris l’Antiquité si longtemps méconnue, si barbarement traitée, ils ouvrent leurs yeux ravis à une lumière nouvelle et, comme Baldazare Castiglione ils sentent, à la vue des ruines qui couvrent la campagne romaine, des larmes douloureuses et fécondes inonder leur visage.

Superbi colli, e voi, sacre ruine,

Che’l nome sol di Roma ancor tenete ;

Ahi, che reliquie miserande avete Di tant’anime eccelse e pellegrine !

Colossi, archi, teatri, opre Divine,

Trionfal pompe gloriose e liete.

In poco cener pur converse siete...

ne suivent plus ceste façon de voûte, appelléc etitre les ouvriers la mode frajiçoise, laquelle véritablement je ne veu.x despriser, ains plus tost confesser qu’on y a faict et pratiqué de fort bons traicts et difficiles. » Architecture, fol. 107, r. On voit par cette simple citation combien ce titre de gothique, sur lequel on a tant discuté depuis un siècle pour rattacher l’architecture ogivale à l’Allemagne, est incorrect et peu justifié. Il est même à remarquer que ce qualificatif n’a été mis en usage que lorsque l’architecture à laquelle il s’applique fut tombée en complet discrédit; et le mot gothique, sous la plume de tous les écrivains du xvii' et du xviii' siècle, est et demeure un terme de mépris.

I. Lcttere, édit. Serassi, cité par E. Müntz, Vie de Raphaël.

« Superbes collines, et vous, ruines sacrées, qui seules gardez encore le nom de Rome, hélas ! quels tristes restes ne conservez-vous pas de tant d’esprits rares et sublimes !

« Colosses, arcs, théâtres, œuvres divines, pompes triomphales, glorieuses et riantes, en un peu de cendre vous voilà convertis »

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