LE XVIE SIÈCLE (PREMIÈRE MOITIÉ
VE c la chute des Valois la Renaissance prend fin. Sous le’ règne de ce Domitien, dévot et superstitieux, qui porta dans l’histoire le nom de Henri III et le titre singulier de « roi de France et de Pologne » , la dynastie, si glorieuse en son principe, si pleine de promesses, qu’avait inaugurée Fran-
FIG.184. — É.MAUXDELÉONARDLIMOSIN . „
AumuséedeCluny. d Augoulcme S est effon-
drée dans le sang et dans la boue.
Cette monarchie, point de Jonction entre deux civilisations diffé-
rentes, entre deux sociétés diversement inspirées, l’une naissante, l’autre à son déclin, n’a pas attendu la fin du siècle pour donner à l’humanité le triste spectacle d’une sénilité précoce, d’une vieillesse enfantine et corrompue. Les passions les plus repoussantes, les caprices les plus affligeants, ont signalé cette
décrépitude rapide. L’amour des petits chiens damerets, des bilboquets et des oiseaux, a remplacé celui des nobles aventures et des belles actions. Le goût chez les hommes de mille parures féminines, les bracelets, les éventails, les boucles d’oreilles et les colliers de perles, ont révélé au monde surpris une dépravation heureusement bien rare dans nos annales.
Agrippa d’Aubigné a stigmatisé, du reste, en ses vers ardents, ce mo narque avili, semblable à ces princes de sérail par lesquels ont fini toutes les dynasties orientales ;
Avoir ras le menton, garder la face pâle,
Le geste efféminé, l’œil d’un Sardanapale,
Si bien qu’un jour des Rois ce douteux animal Sans cervelle, sans front, parut tel à son bal :