‹ L'art à travers les mœursChapitre 130 sur 171 · FIG. 188. — LA FEMME ADULTÈRE · texte numérisé non relu

FIG. 188. — LA FEMME ADULTÈRE

Tapisserie française du xvii® siècle.

des privilèges aux fabriques des Gobelins et de la Savonnerie de Chaillot. L’industrie de la soie devient une des préoccupations dominantes du roi et de son conseil. On encourage la fabrica-

tion des armes de luxe, celle des carrosses, alors dans toute sa nouveauté, celle des cuirs dorés et étampés. Ainsi l’activité moderne embrasse toutes les branches et se montre partout. Voyons maintenant quels caractères revêtent ces beaux-arts qu^on encourage si fort.

Avec une stabilité plus grande, un équilibre social mieux assis, plus de sécurité dans les institutions, plus de régularité dans les mœurs, les formes ne pouvaient manquer de se montrer plus solides, plus carrées, plus robustes. L’élégance, la légèreté, la fragilité, si j’ose dire ainsi, des époques précédentes disparaissent rapidement.

L’ornementation nombreuse, variée, fleurie, fait place à une simplicité relative, et le besoin d’équilibre pesant et réfléchi se substitue à la fantaisie élégante et joyeuse.

L’architecture, devenue plus massive, ne renonce pas encore à ses hautes toitures, mais ce toit lui-même, lourd et sombre, dominant toute la construction, semble peser sur elle et la clouer au sol. Plus d’entablements gracieux pour dissimuler la hauteur de cette longue colline d’ardoises, plus de balustrades pour la masquer. La massiveté, la solidité des édifices sont en même temps rendues plus sensibles par les assises de briques et de pierres, retour vers la polychromie architecturale, qui rayent horizontalement la façade. D'un autre côté, la sobriété de l’ornementation et sa pesanteur ajoutent encore à l’aspect vaillant et robuste de la construction. Plus de frêles colonnettes ourlant les encognures, plus de consoles délicates, mais de solides pilastres qui ressemblent à un contre-fort. L’ogive, qui, tremblante, indécise, réservée, s’associait encore aux lignes fantaisistes de la Renaissance, est maintenant définitivement proscrite. Si quelques frises continuent de dérouler leurs fines sculptures, si des panneaux historiés intercalent entre les fenêtres leurs élégants bas-reliefs, si quelques niches continuent d’abriter des

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