LA STATUE DE LOUIS XIII
statues^ si quelques figures gracieuses s’insinuent sous un fronton écrasé, ce n'est plus là qu’une exception. Dans tous les cas, ces ornements deviennent un pur et simple accessoire ; les lignes qui s’allongent et s'étendejit parallèles au sol absorbent l’attention et s'imposent aux
veux.
Xon seulement on est partout revenu au plein-cintre romain, mais la voûte écrasée et l'arc surbaissé, qui, dans certains édifices de ce temps, portent le premier étage, semblent vouloir se cramponner au sol et se rapprocher de la terre ; tandis que la construction en est rustique, les colonnes annelées et les pilastres vermicellés viennent ajouter encore à l’allure forte, solide, épaisse, du monument.
L'ameublement se conforme aux mêmes préoccupations et se met d'accord avec l’architecture. La table et le lit, le fauteuil et l’armoire, la crédence, le bahut se font plus trapus, plus carrés et plus lourds. La chaire ne dresse plus en l’air son interminable dosseret, le fauteuil réduit son dossier, les dressoirs cessent d’échafauder une forêt de frêles colonnettes chargées de soutenir trois ou quatre étages de faïences italiennes ou de vaisselles d’argent. Semblables à ces balustrades
PIO. 189. — ARCHITECTURE DU XVll® SIÈCLE. Porte de l’orphelinat de Groningue.
à mollet qui font leur première apparition, les pieds de la table et des sièges s’engorgent et se gonflent. La crédence et le lit s’épaississent des lourds ornements qu’il leur faut supporter.
La sculpture et la peinture subissent les mêmes inspirations. En même temps que la forme s’alourdit, le goût d’apparat s’augmente. Deux voies s’ouvrent : l’une sérieuse, austère, qui nous laisse entrevoir à travers les toiles relativement sobres de Simon Vouet la grandeur classique de Poussin et de Le Sueur ; l’autre qui, s’inspirant des magnificences de Rubens et des décorateurs