‹ L'art à travers les mœursChapitre 140 sur 171 · Baudrillart, Histoire du luxe · texte numérisé non relu

Baudrillart, Histoire du luxe

cèdent, tandis que les obélisques pesants et les trophées massifs, élevés aux quatre coins et reliés par des grilles dorées, entourent la cour d'apparat, vide, nue, déserte, qu’animent à peine quelques statues de marbre.

A l'intérieur de l’édifice, des galeries sans fin, des escaliers immenses, et qui semblent taillés pour une autre race, des salons qui se suivent en enfilade, tout cela décoré avec une prodigalité

Flü. 20 4. — COFFKE DE MAKI.\GE,' ÉPOQUE LOUIS XIV.

inconnue jusque-là. Il semble qu’un rayon de ce soleil, emblème choisi par le plus formidable orgueil de cet orgueilleux temps, se soit égaré dans ces salles resplendissantes et soit demeuré accroché aux saillies des chapiteaux , aux cannelures des colonnes et aux voussures du plafond. Tout brille, reluit, éclate dans cet entassement de marbres et d’or. Toute cette magnificence est si pressée, si tassée que les ornements s’écrasent. — b^xcés de splendeurs dont la prodigalité sans mesure froisse le goût, mais qui frappe, émeut et impose cependant par sa richesse, son ampleur et sa force.

FIG. 205. — FUSIL MONTÉ EN ARGENT CISELÉ ET DORÉ. Détails de la sous-garde et de la crosse.

(Collection de l'auteur.)

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Ce besoin de faste et de symétrie est tel, qu’il ne peut se contenir dans les limites d’un palais, quelque vaste du reste que celui-ci puisse être. Il déborde au dehors et l’architecte, ne pouvant égaler la nature, s’efforce de la réduire à la taille de ses oeuvres, la façonne et la condamne à n’être plus qu’un accès-

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