I. Emeric David, la Sculpture française
La décoration intérieure se montre en parfaite harmonie avec celle de la façade. C’est la même architecture, mais appropriée aux besoins de la vie intime. Là encore, la colonne engagée, la frise, le pilastre, impriment à l’ensemble un air de noblesse et de délicate grandeur, alors que les guirlandes qui ornent les
panneaux, les vases qui surmontent le miroir ou la porte, lui communiquent une légèreté et une grâce toutes particulières.
Mais c’est surtout dans le mobilier que ce double esprit se manifeste avec éloquence. Non seulement il est svelte et gracieux, mais les lignes sévères de l’architecture s’y retrouvent, et, comme elle, il découle de l’austérité antique pliée à nos besoins.
Riesener refait droits les pieds que Le Brun avait pliés, et que la rocaille avait contournés et tordus. Aux consoles chancelantes, aux commodes gondolées, il rend à la fois l’aplomb et la sveltesse. Sous son crayon, les formes deviennent verticales et carrées, mais
Ancienne coUeaion Double. roideS lli lOUl'deS. Ulie
ornementation fine, élégante et qui, bien que variée, exclut toute surcharge, en brode les lignes principales, sans en atténuer la grâce. Des bronzes d’une délicatesse incomparable, des groupes charmants enlacés pour soutenir les lumières du candélabre ou le cadran de la pendule, des guirlandes de fleurs, des acanthes s’enchevêtrant pour décorer de mignonnes consoles, achèvent de donner son caractère à ce mobilier exquis, dans lequel la Noblesse française, alors à son déclin, semble avoir voulu