‹ L'art ancien à l'Exposition de 1878Chapitre 13 sur 161 · PERSONNAGE VETU DU COSTUME ROYAL · texte numérisé non relu

PERSONNAGE VETU DU COSTUME ROYAL

(Bronze de l,i collection Je M. Cirapanos.)

moins importante pour l'histoire de l'art est la petite aryballe sphérique qui m'appartient, et sur laquelle est représenté le combat d'Ajax et d'Hector. Les vases de Corinthe se reconnaissent à leurs parois très minces, à leur terre légère, blanche et d'un aspect poussiéreux; ceux de sa voisine Sicyone, d'une exécution également habile, sont au contraire d'une terre rouge dont le ton a été parfois rehaussé par une barbotine artificiellement colorée. Les poteries de Sicyone sont extrêmement rares, et la plus belle que j'ai vue est le scyphos de ma collection; des hommes

1. De VVitte, Rev. Arch. nouv. sér., VIII, p. 2-';. — Dumant, Ve'intures céramiques Je la Grèce propre, p. 6.

et des femmes debout et groupés deux à deux en occupent tout le pourtour. La fabrique de Béotie, aux formes lourdes et à la décoration malhabile, n'était également représentée que dans ma vitrine, par une chythra aux anses décorées de serpents en relief : elle provient de Tanagra et du même tombeau que Toenochoé de Gamédès, maintenant au Louvre.

Au VI' siècle, l'art, en possession de procédés techniques variés et commodes, s'est enfin émancipé de la direction étrangère pour se frayer à lui-même sa voie. La céramique n'a eu que peu à faire pour en arriver là : il lui a suffi d'alléger les formes, de confiner dans les parties les moins en vue du vase les motifs d'ornementation, palmettes et entrelacs, empruntés à l'Orient, et de rendre la place d'honneur à la figure humaine, bien autrement intéressante que des défilés d'animaux devenus purement conventionnels. Mais les galeries du Trocadéro ne permettaient point de bien juger de ses progrès : la poterie du vf siècle, à figures noires sur fond rouge, n'y était représentée que par un petit nombre de vases : les plus dignes d'être cités sont une amphore agonistique de la collection Dutuit, qui représente Athéna montant sur son char, et l'hydrie de la comtesse Dzialynska, sur laquelle est figurée Sappho.

Longtemps en retard sur la céramique, la statuaire marche maintenant du même pas; les Samiens Rhœcos, Théodore et Téleclès lui ont appris à couler à cire perdue des statues de grande dimension; le Chiote Glaucos lui a enseigné la soudure du fer; les Cretois Dipœnos, Scyllis, Aristoclès, les Chiotes Boupalos et Athénis, l'Éginète Smilis lui ont montré quelles ressources offraient à des mains habiles les marbres de Paros et l'ivoire allié au bois et à l'or. A la vérité, nous avons la mauvaise habitude de nous représenter comme à moitié barbares ces vieux artistes du vf siècle; et pourtant l'audace avec laquelle ils abordaient les sujets les plus difficiles : scènes de combats, chars avec leurs chevaux et leurs conducteurs, groupes à nombreuses figures, décorations en bronze ou en marbre de temples entiers, prouve qu'ils avaient confiance en leurs forces; l'admiration que témoignaient pour leurs œuvres les amateurs de l'époque romaine rend vraisemblable que cette confiance était justifiée; les marbres et les bronzes du vr siècle exposés au Trocadéro le démontrent de la manière la plus complète.

Trois de ces marbres proviennent d'Athènes. Le premier par la date

et le plus étrange par le style, est une tète d'homme trouvée Tannée dernière, et acquise par M. G. Rampin. La Galette l'eût volontiers reproduite, si son possesseur n'eût depuis longtemps réservé la primeur de cette publication à un recueil excellent et trop peu connu, \c<, Monuments

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