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PLAT DE ROUEN \ DECOR BLEU SDR FOKD D*OCRE

(Collection de M. Gaston Le Breton.)

fournie par le Musée céramique de Rouen. C'est le saladier signé : Brument, 16 gg.

Le décor polychrome de ce saladier est la caractéristique du genre •si décoratif qu'imaginèrent les faïenciers rouennais. Ce décor, qui généralement est bleu sur émail blanc, réunit aussi parfois le jaune, le vert et le rouge, comme dans la pièce « Brument » par exemple. A partir de cette époque, la fabrique de Rouen, avant d'entrer en pleine possession d'elle-même, imite tantôt le décor nivernais, tantôt le décor bleu de style

chinois des fabriques hollandaises, pour arriver par le style rayonnant à l'apogée de sa fabrication, à cette belle période qui s'écoule de 1710 à 1730.

Le temps et l'espace nous manquent pour décrire toutes ces belles pièces, tous ces plats magnifiques, exposés par le Musée céramique de Rouen, aux décors tantôt en camaïeu bleu, tantôt en bleu rehaussé de rouge et de jaune, dont le dessin est si habile et l'émail si parfait : assiettes, grands plats, encriers, plateaux et sucriers (comme le bijou exposé par M. E. Milet). Les artistes rouennais produisent sans trêve et, il semble, toujours avec plus d'art et de perfection.

Le décor rayonnant n'est point toujours uniforme : tantôt il adopte le camaïeu bleu, tantôt le bleu rehaussé de rouge et de jaune, tantôt enfin, sur un fond d'ocre orangé, des nielles qui paraissent noires, mais qui en réalité sont de couleur bleue.

Nous rattachons à la fin de cette belle époque le grand plat appartenant à M. Gaston Le Breton, et que nous donnons ici, plat à décor bleu sur fond ocre dont le milieu est orné d'un médaillon représentant des Amours peints en bleu.

Il en est de même pour le grand plat de la collecfion Maillet du BouUay. Pour ce plat « violet » le décor est inverse, les nielles étant jaune d'ocre sur fond bleu profond. Nous reproduisons cette pièce unique et tout à fait extraordinaire.

Les deux sphères exposées par le Musée céramique de Rouen sont deux pièces tout à fait exceptionnelles comme fabrication. Elles proviennent de la faïencerie de M'"" Lecocq de Villeray, qui existait autrefois au faubourg Saint-Sever. Elles portent la signature de Pierre Chapelle, qui lésa décorées, et la date de 1725. Un plat quadrillé aux armes des Montmorency-Luxembourg est signé : M. Guilibaitt. C'est un des plus beaux spécimens de ce que l'on est convenu d'appeler l'imitation chinoise.

Nous voyons ensuite les artistes normands suivre le courant de la mode, s'inspirant tantôt de Nevers pour des pièces exceptionnelles à figures, comme celles exposées par M. Baudry; tantôt de Delft, comme dans le plateau appartenant à M. Dupont-Auberville. Ce plateau, imitation d'émail chinois à fond noir avec ornements en relief et polychromes, mérite, nous le croyons, une attention toute spéciale par sa rareté.

Puis viennent les scènes galantes ou champêtres, les bergers à la Florian, les décors à trophées, à carquois, à la corne, qui inclinent vers

LA CÉRAiMIQUE FRANÇAISE AU TROCADÉRO. 471

la décadence marquée, mais qui cependant attestent encore un art élevé. Le Musée céramique de Rouen, MM. de Liesville, Dupont-Auberville, Gaston Le Breton et Le François nous offrent dans leurs collections si complètes de nombreux spécimens de ces pièces, qui mènent la fabrique de Rouen jusqu'à la Révolution, dont les emblèmes égalitaires semblent peu toucher les artistes rouennais, qui disparaissent et laissent tomber

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