SATYRE DANSANT (VU DE FACE
(Bronze archaïque de la collection de M. Carapanos.)
SATYRE DANSANT (vu DE PROFIL).
(Bronze archaïque de la collection de M. Carapanos. )
62 LWRT ANCIEN A L'EXPOSITION.
soignée pourtant, des guerriers des frontons d'Égine. La masse en est divisée par une raie tracée au milieu de la tète, et produit en retombant derrière les oreilles deux épaisseurs semblables à celles que Ton remarque dans les statues égyptiennes. Par devant, de petites mèches tressées sont rabattues sur le front et forment deux séries de boucles d'une parfaite symétrie. Une couronne de feuilles très découpées, feuilles d'ache ou persil sauvage, à ce qu'il semble, entoure la tète, et les restes d'un goujon enfer, implanté dans l'occiput, indiquent qu'il y avait là encore un ornement rapporté en métal, et dont la nature reste incertaine : peut-être était-ce la cigale d'or que les Athéniens d'avant Solon avaient coutume de fixer dans leurs cheveux. Les yeux sont gros, à fîeur de tête, et posés obliquement, les pommettes très fortes, le nez fin, la bouche petite et pincée, les lèvfes saillantes : l'ensemble rappelle plutôt les traits d'un chef abyssin que le type de la race grecque. Même en faisant la part des traditions archaïques, il est impossible de ne pas reconnaître dans cette figure étrange quelque chose de caractéristique et d'individuel : elle a tout l'air d'être un portrait, et le portrait d'un homme à la physionomie très accentuée. Aussi ne me semble-t-il pas probable qu'il faille y chercher l'image d'un dieu : parmi les dieux, d'ailleurs, on ne pourrait guère songer qu'à Dionysos, et je ne sache pas qu'il soit jamais représenté avec une couronne d'ache. Cette couronne avait un caractère de deuil; pour ce motif, on la donnait en prix aux jeux Néméens, célébrés en l'honneur d'Archèmore, et, à l'époque primitive, également aux jeux Isthmiques, où elle rappelait le triste sort de Mélicerte'. Aurions-nous là les restes de la statue de quelque vainqueur, soit au stade, soit à la course des chars, statue primitivement placée sur l'Acropole, et qui en aurait été précipitée comme tant d'autres marbres trouvés dans les fouilles de l'Asclépieion ?
Si l'attribution de la tête de M. Rampin reste incertaine, aucun doute n'est possible pour celle de ma collection : celle-ci, reproduite en tête de cet article, et trouvée au Céramique extérieur, appartenait bien à la statue d'un athlète; les oreilles collées contre le crâne, froissées et tuméfiées , en sont un signe certain ; ces tumeurs et ces déformations des cartilages étaient, en effet, des accidents ordinaires aux pugilistes et aux pancratiastes. Dans son hymne aux
I. Pind.ire, Islli., VIII, 63 et stholie. — Plutarquc, Quœcs.. conviv., V. 3. — Scholies de Nicandre, AUxipharm., 601. — Diphilos, Emporos, dans Athénée, VI, 228 B. — Pausanias, VIII, 48, 2. — Hésychius, ceXivo'j aiii^x'i-.^.
Dioscures, Théocrite montre Amycos « les oreilles écrasées par les durs coups de poings « :
et les sobriquets d'wToOla'îtaç et d"coTox.a-o(^ti;, fréquemment donnés aux
yvts i.^^i'iiT.